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 k) Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; (Partie 1)

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hull19
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Lieu RP : Arles

MessageSujet: k) Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; (Partie 1)   Sam 18 Fév 2017 - 21:16

Citation :
Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; Partie 1

Ami Séminariste, je vous invite à lire ce document. Il s’agit d’un recueil résumé du Livre 1 de notre Dogme. Il reprend les grandes thématiques du livre 1 mais il vous est conseillé de tout de même lire l’intégralité de ce livre dans un futur proche. Vous y trouverez les Hagiographies des Archanges et les Démonographies des Princes-Démons.

Citation :
Hagiographie de Saint Michel Archange de la Justice et Démonographie de Satan Prince-Démon de l’Envie.

Les premières années de Michel et Satan

Il était une fois, jadis, lorsqu’Oanylone recelait une vie agréable et paisible, Gaël Sybarite tomba éperdument amoureux d’Aurore. Gaël entreprit de lui faire une cour assidue et la belle Aurore n’y fut pas insensible. Après quelques temps, elle accepta avec plaisir d’offrir sa main à Gaël. Les années passèrent et le couple ne parvenait pas à avoir un descendant. Aurore se sentait coupable de ne pouvoir donner à son mari un fils qu’il attendait tant. Elle alla voir les meilleurs médicastres d’Oanylone … sans succès. Alors Aurore pria de toute son âme, de tout son être. Son désir, dû faire son œuvre, puisque de cette heureuse union naquit un enfant d’une beauté manifeste. A la vue de ce bébé qui jamais n’était rassasié du sein de sa mère, Gaël décida alors de lui donner le nom de Satan. Aurore et Gaël oublièrent bien vite ces années de tourments et profitèrent de Satan, l’enfant-roi désiré depuis si longtemps.

Les premières années de leur vie à trois furent bénies. Mais un tel bonheur ne semblait pouvoir durer éternellement. Ainsi, lorsque Satan atteignit ses douze printemps, Aurore tomba malade et mourut. Gaël, fou d’amour et de tristesse, s’enfuit de la ville et se jeta du haut des falaises d’Oanylone. Satan se retrouva alors seul, abandonné par des parents aimants et pourtant, il s’en rendait compte aujourd’hui, absents lorsqu’il avait besoin d’eux. Il restait dans cette vaste demeure, héritage empoisonné d’une famille détruite. Il devait retrouver le faste de son enfance, coûte que coûte. Le jeune adulte se mit en tête d’amasser tout ce qui se trouvait à Oanylone et qui avait un tant soit peu de valeur aux dépends de tout ses semblables. Il s’acharna contre eux et les appauvrissait sans remords aucun et n’était jamais rassasié. Rien de ce qu’il acquérait ne trouvait grâce à ses yeux. Rien de ce que lui offrait la Vie n’arrivait à combler le vide béant qui animait le jeune homme au regard ombrageux.

Ses sombres pensées et ses peines infinies attirèrent la Créature Sans Nom. Voyant en lui un hôte prédestiné à porter en lui un des péchés du monde, elle finit d’accabler le jeune cœur de Satan d’amertume et de regret, pour ne laisser en lui qu’une envie insatiable et intarissable.

Le malheur des hommes le réjouissait, à chaque jour et à chaque heure, il désirait causer encore plus de tristesse, encore plus de désespoir, encore plus de rancœur. Car ses sentiments s’étaient mués en haine envers l’humanité, envers ceux qui pouvaient encore prétendre au bonheur. Cela était sa nourriture vitale, sa revanche sur la vie, sa vie en elle-même.

Michel était né dans la ville d’Oanylone, il était le cinquième de dix enfants de Diane et Robin, un couple de chasseur vivant pour servir un plus riche qu’eux. Leur maître n’avait pas d’autres but que d’acquérir plus de richesses et de terres qu’il ne pouvait en utiliser et était connu sous le nom de Maître Satan Sybarite, il avait proclamé posséder les terres jusqu'à deux kilomètres autour de la ville, et tout ceux qui y chassaient ou qui cultivaient la terre devaient lui en reverser la moitié.

Michel grandit donc parmi les pauvres en apprenant l’art de la chasse. Il apprit également à lire les étoiles pour trouver sa route. Vivre avec ses neufs frères et sœurs lui inculqua le partage et l’amour des autres.

A l’âge de treize ans Michel avait déjà la carrure et la force d’un adulte, aîné des garçons de la famille, c’était souvent lui qui défendait ses frères et sœurs en s’interposant face à ceux qui leurs voulaient des misères. Et bien qu’il n’ait jamais blessé personne, il était craint et respecté par ceux des faubourgs.

Très vite on lui demandât d’arbitrer les conflits car on disait de lui qu’il pouvait lire dans le cœur des gens. Quand il n’y avait pas de preuve pour départager deux personnes, il déposait sa lance sur la tête d’un des deux, et, si la lance restait en équilibre, c’est que la personne disait la vérité, dans le cas contraire il mentait. Très vite le seul fait d’annoncer qu’on le ferait venir, le coupable renonçait, et les choses se réglaient d’elle même.

Son père mourut le jour de ses 20 ans, faisant de lui le patriarche. C’est à cette période qu’il reçut la visite de son ami Timothé qui venait lui demander la permission d’épouser Emmelia, sa sœur cadette. A Oanylone, les prêtres avaient abandonné le peuple pour ne s'occuper qu'exclusivement des notables et des plus riches. Michel se chargea donc d’organiser les fiançailles, et tout le monde fut bien venu.

L’Innocence et la Haine.

Un jour d’hiver, Satan vit une petite cabane cachée. Furieux de voir que certains se dissimulaient et ne payaient pas les dettes qu’ils lui devaient, il ouvrit à grands fracas la porte. Face à lui, apparut une jeune fille d’une grâce divine. Il sût de suite qu’elle devait lui appartenir, comme toutes les belles choses de ce monde. Il l’exhorta alors à le suivre pour qu’elle vienne en son domaine afin qu’il puisse l’épouser. Malheureusement pour lui, cette jeune femme, avait voué son existence au Très Haut et refusa d’épouser le beau et ténébreux Satan. Il entreprit alors de la séduire comme jadis son père Gaël le fit pour sa mère Aurore. Mais Aliénor, chaque jour, refusa ses avances et ainsi chaque jour, Satan revint chez lui ivre de rage et chaque jour il faisait exécuter l’un de ses esclaves.

Au soir du quatre vingt dix neuvième jour, il ordonna à ses suppôts de s’en saisir et de la torturer avant de la brûler vive. Les cris d’Aliénor emplirent le domaine et la pauvre brûla pendant des heures. A la nuit tombée, sur le cadavre de la vierge encore fumant, Satan récupéra une cornaline couleur sang qu’elle portait au cou et qui devait être son seul et unique trésor. Accrochant le pendentif sur lui, il arborait ainsi fièrement la victoire qu’il avait eue contre la jeune fille.

Deux jours après cette mésaventure, Simplicius, un des lieutenants de maître Sybarite, était présent et tombât sous le charme de la sœur de Michel. Il revint le lendemain avec ses gardes et exigea qu’Emmelia les suivent pour entrer au service de Satan, mais Michel s’interposa et mit à mal la garde et finalement Simplicius fut à sa merci… Au lieu de le tuer, il prit sa dague et la lui lança en disant : "Si ton œil droit t’attire vers ce qui ne t’es pas destiné, arrache le et brûle le, car mieux vaut qu’une partie de toi périsse, plutôt que d’attirer vers toi la colère de Dieu."

Le lieutenant ne demanda pas son reste mais revint le lendemain avec la bénédiction de Satan et arrêta Michel et Timothé qui furent enfermés. Puis, Satan ordonna à ses suppôts de faire venir, chaque jour, une femme de la ville, pour qu’elle se donne à lui et à ses envies. Toutes celles qui refuseraient mourraient. Cela ne suffisait pourtant pas à faire son bonheur, et il voulait encore davantage … Rien ne pouvait assouvir Satan et son corps se marquait chaque fois un peu plus des atrocités qu’il faisait endurer aux autres. A ce moment, Satan n’eut plus rien d’humain et son apparence bestiale effrayait quiconque croisait son chemin.

La destruction d’Oanylone

Le premier jour de captivité de Michel fut aussi le premier des sept jours qui entraînèrent la destruction d’Oanylone. La foudre s’abattit sur le mur de la prison permettant à Michel et son ami de fuir le chaos, et de rejoindre les leurs. Michel regroupa autant de monde qu’il put, en leur disant que la punition du Créateur allait être terrible, mais que les justes pourraient vivre une nouvelle vie loin de la cité maudite. Comme Timothé était pêcheur, il proposa de rejoindre le port pour fuir par le lac. Michel aida ceux qui méritaient de par leur foi en dieu d’embarquer sur l’esquif. Comme il restait des places, il demanda à son ami de laisser monter des enfants qui s’étaient réfugiés près d’eux. Des pleutres voulant fuir la ville, plus par peur que pour suivre la volonté de Dieu, tentèrent de prendre l’esquif d’assaut, mais Michel s’interposant, permit à son clan et aux enfants de quitter la ville sans encombres.

Une fois ses Amis en sûreté il resta seul car il restait des gens à sauver et deux esquifs, il envoyait ceux qu’il jugeait digne sur la première barque et ceux qui fuyaient par peur ou pour sauver leurs richesses sur la seconde. Voyant les 2 navires remplis, il refusa de monter, disant que Dieu avait une mission pour lui et qu’il sentait qu’il devait rester pour sauver d’autres amis. Arrivé à la sortie de la ville le premier navire se dirigea sans encombre vers le large, alors que le deuxième plus lourd à cause de l’or emporté fut bloqué par les hauts-fonds. Il disparu avec la ville.

Satan, prêcha lui de toute sa haine. Son énergie décuplée par le soutien de la Bestia Innominata le guida pour insuffler à chacun le Désir que tout homme se devait d’avoir. Il les exhortait à désirer toujours plus, à devenir un désir à part entière, comme une fin en soi. Le Prince Sybarite était si convaincu des propos qu’il avançait, qu’il persuada bien des âmes. L’Envie devenait le fiel suintant de toutes parts.

Certains survivants, loin de la ville, racontèrent qu’à ce moment là, alors que la pluie tombait malgré un ciel sans nuage, un arc en ciel venant directement du soleil tomba sur la ville, Michel choisi par Dieu fut ainsi emporté par une nuée céleste, et devint l’un des sept archanges.

Satan demeure pour l’éternité avec ses péchés…

Satan fut envoyé sur la Lune et fut puni à une éternité de souffrances sous le titre de Prince Démon, son corps, déjà meurtri à l’extrême, se transforma jusqu’à refléter la noirceur de son âme. Sa chevelure, qui faisait jadis sa fierté, s’allongea et imprégna son corps pour former dans son dos deux grandes ailes chitineuses semblables à celles d’une chauve-souris. Les larmes de ses beaux yeux, qui coulaient par rage et désir irraisonnés, se confondirent alors avec la pierre d’Aliénor et finirent par colorer peu à peu son corps. Sa peau prit alors une couleur améthyste. La pierre d’aliénor s’incrusta en sa chair et ainsy enchastrée, luy rappelle pour l’éternité son amour perdu. Il s’entoura, dans ses tourments sans fin, d’or, d’argent et de bijoux, de mets parmi les plus exquis, d’hommes et de femmes dont les corps rivalisaient en beauté. Il laissait chacun d’entre eux dévorer du regard ses trésors et ses merveilles jusqu’à ce qu’ils se dévorent intérieurement eux-mêmes.

En effet, dans sa cruauté la plus totale, il décida que quiconque toucherait à ce qu’il entreposait subirait une affreuse douleur. Ainsi, conservait-il son butin. Ainsi pouvait-il voir son propre désir dans les yeux des autres. Et il se complaisait à observer la souffrance qui le rongeait lui-même.

Citation :
Hagiographie de Sainte Raphaëlle Archange de la Conviction et Démonographie d’Asmodée Prince-Démon de la luxure.

Asmodée, l’enfant précoce

Il y a de cela bien longtemps naquit un enfant, Asmodée. Grande fut la surprise de ses parents lorsqu’ils constatèrent sur son corps une étrange malformation. Comme ils n’avaient pas inventé l’eau chaude, ils décidèrent d’aller voir le vieux Gédéon, rebouteux de son état. Ce dernier avait gardé sa foi en Dieu intacte. Il prit le petit des bras de sa mère et le posa sur une table afin de l’examiner. Le nourrisson n’avait pas un sexe mais deux ! Il était à la fois féminin et masculin. Il se tourna alors vers les parents.

"Vous avez mis au monde un être hors du commun. Cela dépasse mes compétences. Je ne sais si c’est un message qui vous est envoyé par le Très Haut ou si …"

Il n’avait pu finir sa phrase.

"Vous ne devez plus revenir ici avec cet enfant. Je vous conseille de vous tourner vers Dieu et de prier encore et encore. Quand à … lui, aimez-le du mieux que vous pourrez et détournez-le du Mal."

C’est dans la crainte et l’inquiétude que l’enfant grandit. Dès qu’il put marcher, les ennuis commencèrent pour le père et la mère. Asmodée était fasciné de voir les animaux s’accoupler. Cela le mettait chaque fois dans le plus grand des émois. Il poussait des petits cris qui semblaient accompagner les bêtes dans leur reproduction. Il battait des mains à chaque manifestation virile du bouc ou du taureau. Son père avait beau le gronder, le menacer, le frapper, rien n’y faisait.

A cinq ans, il tenta certaines « expériences » sur les animaux. Il connaissait désormais fort bien les mœurs des espèces qui vivaient autour de lui. Il décida alors de modifier l’ordre naturel des choses, plaçant le chien sur la truie ou le chat sur le canard.

Les Doutes de Raphaëlle

Une vieille femme marchait depuis que le soleil était couché. Elle avait beaucoup de mal à se mouvoir. Depuis trois mois elle sentait ses forces s’amenuiser et pourtant elle marchait toujours car sa vie en dépendait. Si elle mourait c'en était fini. Oh, ses parents lui auraient dit qu’après la mort elle vivrait. Que Dieu était là pour la sauver. Mais c’était impossible, si Dieu il y avait eu, elle n’aurait pas eu toutes ces misères et la vie n’existerait pas. Pourquoi se séparer pour revenir à Lui après la mort. Elle commençait maintenant à paniquer. Ça n’était plus possible, d’un trait, elle se retourna et face à ce qu’elle croyait vide elle hurla.

"Si tu existes, montre-toi. Ne te cache pas, si tu es incapable d’aimer ceux que tu as créés, si tu es incapable de tenir tes engagements ou si tu fais souffrir ce monde à tes propres plaisirs. Montre-toi !"

Le plus étonnant, elle qui ne croyait en rien était persuadée qu’elle allait avoir une réponse. Quoi que peut-être au fond de son cœur, une partie retirée lui criait la vérité.

Révélations

- Une douce lumière jaillit et une voix se fit entendre, elle venait de partout et de nulle part à la fois, elle était rassurante et semblait venir du fond des âges.

"Raphaëlle, Raphaëlle, Pourquoi cries-tu ? Tes cris sèment l’écho dans les montagnes et troublent le cours des fleuves. Ils pétrifient de peur les petits de ce monde et font se battre les plus sages."

La vieille femme ne sut quoi répondre. Entendre la voie de Dieu était déjà chose extraordinaire mais que celui-ci l’appelle par son nom était bien davantage. On ne l’avait jamais appelée par son nom, jamais depuis que son père était parti. Raphaëlle dont le cœur commençait à s’ouvrir à nouveau doutait encore. Son âme n’étant pas prête à recevoir un amour simple, il lui était impossible de recevoir l’amour le plus fort qui puisse exister ; mais la toute-puissance de Dieu et la connaissance qu’il avait de sa fille commençait son œuvre.

"- Comment oses-tu m’appeler par mon nom, Toi, Dieu à la pensée bienheureuse et à la main malfaisante ?
- Un père n’appelle-t-il pas ses enfants par leur prénom ?
- Si, mais un père se préoccupe de ses enfants, il les chérit et les aime.
- N’est-ce pas ce que je fais ?"

En disant ces mots Dieu montra la Terre.

"Raphaëlle, voici le tracé de ta vie. Ces traces ce sont tes pas.
- Si ces traces sont mes pas, à qui appartiennent les traces qui marchent à côté ?
- Ce sont les miennes, Raphaëlle, je marche à tes côtés depuis que tu es venue au monde.
- Et dans les moments les plus difficiles, il n’y a que deux pas, pourquoi n’étais-tu pas là lorsque j’avais besoin de toi ?
- J’étais là, et si tu ne vois que deux traces c’est parce que je t’ai portée, mon enfant."

Le cœur de pierre, si difficile à convaincre devint à ce moment-là cœur de chair. Raphaëlle comprit devant qui elle était, devant son père et, tombant à genoux, elle lui demanda pardon.

"- Garde tes larmes Raphaëlle, le temps est à la joie, tu croyais mal mais au moins tu restais fidèle à tes pensées. Maintenant que tu as vu, ta conviction te sauvera et montrera à bien d’autres la route que j’ai tracée pour eux.
- Père, pourquoi ne t’es-tu jamais montré, pourquoi tu ne m’as jamais dis que tu étais là ?
- Je te l’ai dit, mon enfant, mais tes oreilles ne voulaient pas entendre, je me suis montré à toi mais tes yeux ne voulaient pas voir, je t’ai pris la main mais tu ne me l’as pas tenue alors je me suis révélé à ton cœur et tu as cru. Je t’ai laissée choisir car tu étais libre, tu ne voulais pas me recevoir, je ne me suis pas imposé. Tu m’as cherché et je me suis révélé. Beaucoup de questions se bousculent encore en toi mais sois patiente, j’y répondrai au creux de ton cœur le moment venu. Va, car maintenant tu sais que je suis avec toi jusqu’à la fin des temps, Si tu tombes, je te relèverai."

A l’âge de dix ans, Asmodée fut attiré par des sons inhabituels, il décida de s’approcher. Et là, il découvrit un homme et une femme, entièrement nus, les corps enlacés débordant de sensualité et adoptant les postures animales qui lui étaient si familières. Il ne se montra pas mais observa le plus longtemps qu’il put, sentant dans les bas-fonds de son corps des émotions insolites. Le lendemain matin fut pour lui comme une seconde naissance. Il regardait désormais les filles et les garçons de son âge d’une toute autre façon. Sa constitution génitale faisait qu’il se sentait attiré autant par un sexe que par l’autre. Il aborda tous les garçons et toutes les filles de son village.

Sa méthode était pour le moins peu orthodoxe. L’approche était souvent brutale, s’apparentant à un violent plaquage de soule. Le ou la partenaire puis finissait par s’arracher à l’étreinte. Le scénario se reproduisit toute une semaine durant. A la fin, de nombreux habitants du village, excédés par cette conduite intolérable, prirent d’assaut la ferme familiale et manquèrent de peu le petit Asmodée terrorisé qui s’enfuit sans demander son reste.

Les Questions

Raphaëlle avait quitté Oanylone quelques jours auparavant et la personne qu’elle cherchait habitait loin, il était l’un des seuls à avoir quitté la cité losque celle-ci vivait encore loin des tourments. Tout en marchant, elle ne cessait de repenser à sa rencontre avec Dieu. Pourquoi la misère ? Pourquoi le malheur ? Et pourquoi mourir avant de le retrouver ? La réponse à sa dernière question lui vint comme une vérité indiscutable : Dieu a laissé les hommes sur la Terre afin qu’ils aient la liberté totale. Ils avaient le choix entre suivre sa route ou de partir là où il n’y en avait pas, là ou même la plus grande route ne se voyait plus. Là où Dieu était absent ou plutôt là où on refusait de le voir car Dieu était partout. Dieu bien qu’omnipotent laissait aux hommes le libre-arbitre. Mais alors si Dieu laisse à chacun le libre-arbitre de sa propre vie pourquoi se joue-t-il parfois au détriment de la liberté ou du bonheur d’autrui ? Pourquoi la liberté de l’un empiète-t-elle sur la liberté des autres ?

Elle finit par trouver le taudis qui servait de maison à celui qu’elle cherchait. Elle entra par ce qui semblait être une porte et ne vit personne, il n’y avait rien, simplement un parchemin.

"Lorsque tu nais, tu ne choisis pas ton frère. Quel qu’il soit tu dois apprendre à vivre avec. Si ton frère resplendit de l’amour de Dieu, alors cet amour ne pourra que te rejoindre. Si en revanche ton frère se détourne de l’amour divin, c’est à toi de le lui faire voir au prix de ta vie. Mais, à quoi bon donner sa vie pour quelqu’un qui ne veut pas voir ? Si tu réussis, tu lui donnes une chance de rejoindre Dieu et les anges après sa mort et pour cela tu les rejoindras toi aussi. Si tu échoues, c’est toi qui les rejoindras. Cependant, il est dit aussi, ne t’attarde pas sur ton frère si ses yeux ne peuvent voir, pense et œuvre pour le plus grand nombre car ceux pour qui tu auras œuvré, eux aussi pourront œuvrer pour d’autres. Alors, mieux vaut-il donner sa vie pour tenter d’en sauver un qui ne veut pas être sauvé ou donner sa vie pour sauver une multitude dont l’envie de voir est ardente ?"

Raphaëlle lut et comprit autre chose. Chaque homme avait été placé dans une situation particulière qui pouvait évoluer, non pas seulement en raison des désirs de Dieu ou du mal inspiré par la créature sans nom, mais en fonction de la manière dont chaque frère et chaque sœur utilisait son libre-arbitre et sa liberté. Les agissements de chacun, s’ils ne payaient pas sur cette Terre paieraient lorsque Dieu viendrait les chercher.

Asmodée à Oanylone

C’est dans ce contexte qu’arriva le petit Asmodée, encore tout retourné de ce qu’il venait de vivre. Ses pas le menèrent par hasard dans un quartier de la ville où des femmes de petites vertus vendaient leur charme à des hommes de passage. Il remarqua l’une d’entre elles, rousse, plus forte que la moyenne et à la poitrine généreuse. Il s’approcha et tendit la main comme pour attraper un fruit défendu. Celui-ci l’était bien puisqu’une magistrale tape de la main vint lui rappeler son âge et sa situation.

"Dis donc l’morpion, tu t’crois tout permis ? Et d’où qui vient c’morveux ? Couvert de crasse comm’ça j’te donne une semaine avant d’crever le nez dans l’ruisseau. Et mais, c’est qu’sous ta noirceur t’es plutôt sacrément mignon. Si t’étais un poil plus vieux on t’donnerait le bon D… "
Elle ne put achever sa phrase. Tel un serpent sur sa proie, Asmodée venait de poser ses lèvres sur les siennes, faisant reculer de surprise la femme.

"Décidément tu m’plais ! Viens donc avec moi à l’intérieur, j’ai envie de t’montrer deux ou trois choses, histoire de t’apprendre la vie."

La forte femme le happa littéralement sur sa couche. Un cri retentit alors. Elle n’avait pu retenir sa surprise devant l’anomalie sexuelle dont était pourvu Asmodée.

"Met avis que t’a un bel avenir tout tracé, toi !"

Et ce jour-là, il fut déniaisé.

La ville sombre dans la turpitude.

Il vécut de nombreuses années aux côtés de la femme, devenant son amant, partageant son lit et ses clients. Avec l’âge, une ferme poitrine vint agrémenter son buste. Il prit l’habitude de laisser pousser ses beaux cheveux noirs mais aussi de garder des vêtements d’homme. Sa renommée de jeune homme mystérieux, capable de procurer des plaisirs inédits était telle qu’il fut un jour introduit à la cour du roi d’Oanylone. Cet homme était un vrai concentré de rapacité, d’avarice et de malhonnêteté. Les orgies succédaient aux orgies, les fêtes aux beuveries. Dieu avait abandonné ces lieux.

Asmodée se présenta à la cour un jour que la fête battait son plein. Tout autour de lui, les hommes et les femmes participant à cette bacchanale, arrêtèrent leur besogne et portèrent leur regard sur le nouvel arrivant. Lentement il dénuda ses épaules puis fit tomber le vêtement au sol sans aucune pudeur, faisant découvrir à tous sa déconcertante anatomie. Il alla à la rencontre du roi qui ne disait mot et il se jeta sur lui bestialement. Les gens poussèrent un cri sauvage et la partie reprit de plus belle.

Asmodée devint l’amant ou la maîtresse du roi, selon le point de vue. Il catalysa les énergies sexuelles de la cour qui désormais ne connaissaient plus de limite. Plus grave encore, cet exemple se parmi le reste des habitants de la ville. Tout n’était que stupre et luxure. La turpitude et le vice avaient remplacé la vertu et la foi. Car les Hommes désormais avaient oublié Dieu, réservant leur âme aux seuls plaisirs.

La Sainte Punition

C'est ainsi que Dieu, ne pouvant plus tolérer la déchéance des hommes, s’adressa aux habitants de la ville et leur annonça la destruction d'Oanylone une semaine plus tard.
La Créature Sans Nom décida alors d’agir. Asmodée se laissa convaincre que Dieu n’oserait jamais passer à l’acte et que sa décision n’était marquée que du sceau de la jalousie.

Raphaëlle se réunit avec une poignée de frères et soeur et gardait espoir ainsi que la ferme conviction que Dieu les aimait. La conviction et l’assurance dont elle faisait preuve lui permettaient de prêcher et elle put convaincre de nombreuses personnes. Elle parcourait la ville en tous sens, prêchant le repentir et s’opposant directement à Asmodée. Beaucoup la suivirent et sauvèrent ainsi leur âme.

Mais la majorité des Hommes préféra retourner à ses vices et c’est alors que la punition divine tomba.

Raphaëlle fut élevée avec six autres au rang d’archange afin d’inspirer pour les siècles et les siècles les sept vertus. Asmodée fut envoyé à grands coups de balai sur la lune. Il reçut une tête abominable de serpent à la langue démesurée, il fut pourvu de quatre paires de seins et d’un phallus d’une longueur éléphantesque. Il devait le porter en permanence sur son épaule afin de ne pas y marcher dessus. Ses instincts lubriques avaient été décuplés et il tourmentait nuit et jour les malheureux qui s’étaient perdus en enfer, tout comme il agaçait continuellement ses frères démons en les poursuivant de ses ardeurs.

Citation :
Hagiographie de Saint Sylphael Archange du Plaisir et Démonographie de Lucifer Prince-Démon de l’Acédie.

La venue au monde d'un enfant idéal

Il y a bien longtemps une femme et un mari donnèrent naissance à un enfant, Lucifer. Les deux parents, Lucie et Ferdinand vivaient dans le bonheur, ils ne roulaient pas sur l'or mais leur revenu suffisait à les nourrir. C'est ainsi que Lucifer débuta sa vie, dans l'amour et dans la protection de deux parents aimants et dévoués à son plus grand soin.

Un noble chevalier, Calistan, qui régnait sur un domaine du village entendit parler de cet enfant si bien dépeint par la rumeur. Il décida de le rencontrer et lui proposa d'aller ensemble voir ses parents car il souhaitait lui offrir un bel avenir. Calistan expliqua à Lucifer qu'il cherchait depuis longtemps un jeune écuyer, il le voulait juste et valeureux, bon et honnête et la réputation du jeune homme l'avait attiré jusqu'ici. Ainsi, il proposa à Ferdinand et Lucie d'emmener avec lui le jeune éphèbe et de lui apprendre la chevalerie, ce que tous trois acceptèrent sans ciller.

L'apprentissage de la vertu et de la foi

Calistan s'était donné pour œuvre de faire de ce jeune homme un grand chevalier, il lui parla d'Oane et lui racontat tout. Lucifer restait sans voix devant cet homme. Lucifer fut tant séduit et touché qu'il chercha à approfondir son savoir sur Oane et l'aube de l'humanité.

Le jeune écuyer était dans une servitude sans faille à l'égard de Calistan, ce qui devait lui permettre d'embrasser le désir de se rendre digne de la chevalerie. Lucifer vénérait le Très Haut et partageait cette dévotion avec son chevalier. Son apprentissage fut long et difficile, durant plus de sept ans il travailla avec acharnement, et se conduisit tel un parfait chevalier. Un jour, alors qu'il devisait avec son maitre, il le questionna :

Lucifer : "Maitre, si le sens de la vie est l'amour et si nous sommes tous égaux devant le Très Haut, pourquoi nous entrainer à combattre ? Ne devrions-nous pas expliquer la volonté de Dieu ? Partager notre amour en toute circonstance ?"
Calistan : "Mon jeune écuyer, Dieu nous aime et nous l'aimons, mais Il nous a laissé le choix de comprendre cela, et donc, celui de refuser cet état de fait ! Il a aussi laissé à nos côtés la créature qui avait donné la première réponse afin de nous tenter et de nous permettre de faire un libre choix. Aussi, beaucoup suivent malheureusement les préceptes de cette infâme créature."
Lucifer : "Mais, dans ce cas, ne devrions-nous pas nous contenter de tuer la créature ?"
Calistan : "Non, mon jeune écuyer, la tuer serait faire fi de la volonté de Dieu et par dessus tout, cela imposerait l'amour du Très Haut par la force. Il est indispensable de comprendre en quoi Il nous aime et en quoi nous devons l'aimer en retour."

Tous deux devisèrent ainsi et Calistan expliqua pourquoi le chevalier devait défendre la justice, l'honneur et la bravoure, de protéger le faible et de tordre le cou à l'injustice. Pour terminer son enseignement, après dix longues années d'apprentissage, Calistan l'emmena voir la cité d'Oanylone dont ils avaient tant parlé.

La chevalerie et la gloire de Dieu

Calistan emmena ainsi Lucifer sur la tombe d'Oane et Lucifer, du haut de ses vingt-cinq ans, fut ainsi adoubé Chevalier par Calistan avec pour mission de redresser les torts de cette cité au passé si brillant. Lucifer se senti alors investi d'une mission divine et fut, pour la première fois, fier de ce qu'il avait accomplit jusqu'alors.

Le chevalier Lucifer fonda ainsi l'Ordre des Justes d'Oane et entreprit de défendre la justice, de protéger les faibles et de combattre la misère par tous les moyens. En quelques mois, il devint un personnage incontournable de la cité, faisant fuir les brigands et provoquant l'admiration des puissants. Il fut reçu par les dirigeants même d'Oanylone qui lui donnèrent un blanc-seing afin qu'il redresse les torts. Ses hommes répandaient l'histoire d'Oane et expliquaient le sens de la vie tandis que lui, se battait pour rendre meilleurs les mauvais hommes qu'il croisait. Lucifer ne fit jamais preuve de violence inconsidérée, il ne se battait qu'en extrême recours et uniquement pour se défendre ou défendre un faible face à un plus fort. Il veillait à ne pas faire justice lui-même et travaillait de concert avec les autorités d'Oanylone, s'assurant que la justice soit dignement rendue.

Ses parents lui avaient expliqué qu'ils se devaient de travailler car Dieu leur avait donné la terre et que, se prélasser dans l'oisiveté ne ferait en rien leur bonheur. La cité d'Oanylone semblait guérir de ses maux. Les Justes rendaient gloire à Dieu et poussaient les hommes à voir l'amour que Dieu leur portait.

Inévitablement, en ces temps tout de même troublés, Lucifer attisa haine et esprit de vengeance. Nombreux étaient ceux qui croupissaient dans les geôles de la cité par le seul fait du Chevalier. Les corrompus et les grands brigands savaient qu'ils ne pourraient vivre de leurs forfaits tant que l'Ordre des Justes règnerait, ainsi ils se regroupèrent et décidèrent de faire disparaitre cet encombrant chevalier.

Cruauté

Les puissants et riches financèrent alors les plus vils dans l'unique but de réduire Lucifer au silence. Ainsi, ils s'attaquèrent à tout ce en quoi Lucifer croyait. Une petite armée fut montée dans le but d'attaquer le village natal du chevalier si bien que Lucifer se donna pour quête de ramener la paix dans le petit bourg. C'est sur le chemin le menant au combat qu'un messager vint le trouver et lui annonça la mort de ses parents et de ses plus proches amis, tous brûlés vifs. Déchiré par la tristesse le Juste et les siens frappèrent le mal victorieusement en quelques jours, mais la souffrance qu'il avait en lui ne disparut pas.

Pendant ces quelques jours, d'autres avaient prit soin de s'attaquer à l'Ordre des Justes d'Oane et lorsque Lucifer et ses chevalier rentrèrent presque tous les guides avaient été tués et la foule ne comprenait pas pourquoi Dieu n'était pas intervenu. S'en suivi des semaines de terreur. Calistan et sa famille furent massacrés, son domaine brûlé et ses enfants battus à mort. Lucifer en était encore plus dépité et lentement, commença à se morfondre dans le tourment le plus terrible. Tous ses chevaliers subirent d'horribles fins, leurs corps mutilés et sans vie furent trouvés pendus dans les quatre coins d'Oanylone.

C'est là que Lucifer rencontra la créature sans nom :

Esprit : "Jeune chevalier, je suis celui qui gît dans cette tombe, celui qui fit construire cette cité, j'ai entendu ton affreuse histoire, la rumeur dit que tous ceux que tu aimais ont été tués."
Lucifer : "Oane ? Tu es Oane ? Comment cela est-il possible..."
Esprit : "Mon jeune ami, rien n'est impossible pour celui qui a trouvé La réponse. Si je suis venu c'est pour te poser une question. Vas-tu laisser ces horribles atrocités impunies ?"
Lucifer : "Je ne veux point en parler, mon âme est déchirée et mes nuits sont faites de cauchemars et de pleurs. Je ne sais plus à quoi me raccrocher pour survivre à tant de haine."
Esprit : "La justice d'Oanylone ne sera jamais assez sévère pour apaiser ton cœur et ton âme. De tous les hommes que j'ai connus, jamais je n'en avais croisés affublés d'un regard si triste. Cherche au fond de toi-même, tu verras qu'il te faut faire justice, et seulement après avoir occis le dernier assassin des tiens, tes souffrances seront apaisées..."

Le bon chevalier se laissa alors aller à la vengeance, et la haine s'empara de son cœur. Avec une immense violence, il se battit pour trouver les coupables et les massacra uns à uns, mais ceux qui avaient financé et fomenté ces projets échappèrent au triste sort de leurs mercenaires. Pourtant, après cela, Lucifer ne fut aucunement apaisé, les horreurs qu'il avait commit le rendirent encore plus mal.

Ainsi, pour parachever leur œuvre destructrice et pècheresse, les puissant décidèrent d'un ultime complot. Des juges corrompus se présentèrent et l'accusèrent d'avoir donné la mort sans justice, d'avoir semé la haine et tué aveuglément. Lucifer, déjà aux tréfonds de la souffrance humaine fut alors jeté en pâture à la plèbe. Il fut ainsi accusé de tous les maux et de tous les vices. Lors d'un jugement public, la sentence fut exemplaire et lourde, son Ordre fut démantelé, ses guides furent exécutés publiquement et ses amis furent bannis d'Oanylone. Quand à Lui, après de nombreux jours de torture, il fut destitué de son titre de chevalier et fut jeté dans les geôles de la cité.

La déchéance spirituelle

Dans sa cellule, Lucifer, meurtri, dépité, abattu se senti abandonné par le Très Haut. Il se demandait comment Dieu qui n'était qu'Amour à ses yeux avait pu laisser de telles choses se produire. A nouveau, la créature sans nom fut puissamment attirée par ce calvaire et insuffla son âme dans un prisonnier d'une geôle voisine :

Créature : "Tu es devenu l'un des plus puissants chevaliers qu'Oanylone ait connu, tu as protégé les faibles et combattu les injustices et regarde où cela t'a mené ! Tes proches tous ont été tués, tout ce en quoi tu croyais s'est effondré. Te faut-il encore des preuves pour comprendre que l'Amour est un leurre ? Tu as usé de la force et vengé les tiens et pourtant, es-tu soulagé ? Il n'y a pas de justice, il n'y a pas d'amour, des plus fort que toi t'ont dominé. C'est là l'unique réalité de notre monde et l'unique moteur qui doit nous faire avancer..."

Durant cette nuit, la créature fit mourir le prisonnier dans d'atroces souffrances et Lucifer assista une fois de plus à ce qu'il considérait désormais comme l'abandon de Dieu. Des années passèrent. Au fur et à mesure que le temps avait passé, sa Foi l'avait totalement quitté, ses prières laissèrent place à des siestes sans rêves. La soif de connaissance qu’il avait s'était tarie et plus rien ne l'animait. Lucifer fut gracié et libéré par quelques hommes. Ils lui donnèrent un petit lopin de terre cultivables et suffisamment d'argent pour vivre jusqu'à son dernier souffle.

L’incroyable destin de Sylphaël d’Hédon

En ces temps troublés pour la Cité vivait un jeune homme nommé Sylphaël d’Hédon. Il savait briller en société, était doué de talents en tous les arts mais ce qui faisait l’admiration de son entourage était son extraordinaire capacité à savourer chaque instant de la vie. Nous le croisions fréquemment en compagnie de deux complices de taverne, Colomba la Radieuse et Lucifer le Cyclothyme mais tandis que ce dernier s’enivrait à l’excès jusqu’à devenir violent peu avant le coma éthylique (donnant lieu au célèbre quolibet "quand Lucifer boit, Colomba raque") Sylphaël, roi des nuits d’Oanylone, goûtait tous les vins puis partait légèrement titubant.

Souvent, le lendemain à l’aurore Lucifer avait les traits ruinés, nauséeux, blafard.

"Tu confonds jouissance et bonheur, mon pauvre Luc !"

Quelque temps plus tard, Colomba, succombant au charme dévastateur de Sylphaël le voluptueux, l’épousa. Cependant malgré leur bonheur insolent les deux jeunes gens s’inquiétaient pour leur ami, qui comme bien d’autres habitants d’Oanylone, sombrait chaque jour plus gravement dans un abîme sans fond sous l’œil bienveillant de la Créature sans Nom.

Las de la vie et insatisfait, Lucifer engagea quelques domestiques pour s'occuper de lui donner le confort qu'il n'avait pas eu. Il ne cultiva pas ses terres et passa ses journées à se morfondre dans son malheur. L'oisiveté l'avait ainsi envahit et Lucifer ne faisait rien d'autre que dormir et manger. Lucifer vécu ainsi pendant plus de dix ans, n'ayant goût à rien, ignorant tout des plaisirs de la vie et reniant la foi qui l'animait jadis

La rébellion des corrompus

En ce temps là, Oanylone connaissant une période où l'oisiveté avait gagné tous les étages de la société, Lucifer fut à nouveau traité en exemple et élevé au rang de mythe. Son attitude paresseuse et oisive se répandit rapidement au sein du cloaque qu'était devenue la ville, et un véritable culte lui fut voué. Bourgeois et riches s'adonnèrent, eux aussi à la paresse, faisant travailler les autres à leur place et, comme Lucifer, commencèrent à ne plus croire en rien. La créature apparut une dernière fois à Lucifer et l'enrôla pour diffuser son message appelant à l'acédie. Peu à peu, tous perdirent rapidement le goût de la vie et cédèrent à une acédie sans limite.

Un matin nous retrouvions éventré dans les gravats parmi bien d’autres, le corps de Colomba et pour la première fois je vis Sylphaël s’effondrer dans le même temps que s’écroulait la ville.

La Tentation

Deux jours plus tard tandis que la Cité en ruine se vidait de ses habitants j’aperçu Sylphaël courir en tous sens dans une ruelle. Son teint était blême. Il me fit le récit d’un songeou la Créature Sans Nom avait tenté de le posséder. Voici la fin de notre entretien :

"Le reste de la nuit j’ai médité sur cette tentative de possession de l’Innommable Créature et l’état d’acédie qui faillit me tuer lorsque j’étais pétrifié par l’angoisse. Il nous faut accepter le courroux de Dieu, et cette ville, c’est bien nous qui l’avons condamnée à la destruction, je m’en vais rejoindre le groupe des vertueux."
"Comment espères-tu incarner une vertu toi dont l'existence fût toute entière consacrée aux plaisirs ?" lui demandais-je.
"Mais parce que cette vertu est le plaisir même ! Dieu nous donna les sens pour le goûter et parce que l'amour de la vie reste l'Amour."

Parmi les compagnons de fuite que je rencontrais quelques uns avaient observé de loin le cataclysme final, l’engloutissement de la Cité et leurs témoignages concordaient aussi sur ce point, sept silhouettes avaient été vues, aspirées vers le soleil par des faisceaux ardents. Je fus heureux de penser à la destination finale de Sylphaël qui toute sa vie avait été rayonnant.

Une éternité d'Acédie

Lucifer fût présenté au Très Haut et tout comme les autres, il n'abjura aucun de ses péchés et ne reconnu pas la puissance du Très Haut. Dans sa colère Sainte, Dieu jeta Lucifer sur la lune afin qu'il purge une éternité d'acédie et paye ses péchés terrestres. La colère du Tout Puissant fut d'autant plus forte que Lucifer l'avait loué pendant bien des années avant de céder à la tentation de la créature sans nom et de sombrer dans le vice.

Ayant incarné l'acédie pendant une grande partie de son existence mortelle, il fut envoyé sur les immenses pics rocheux de l'enfer et son apparence se déforma, ses muscles et ses graisses fondirent, sa peau se resserra sur ses os si bien qu'il ressembla à un squelette. Pour le punir d'avoir passé trop de temps dans l'oisiveté, Dieu lui donna le corps d'un vieillard à la barbe hirsute et, enfin, en raison des nombreuses années qu'il avait passé à se lamenter sur son sort sans penser aux autres, Lucifer fut condamné à verser de chaudes larmes pour l'éternité.

Ainsi, parmi les hommes, ceux qui se laissent aller, ceux qui s'oublient dans l'oisiveté et la paresse spirituelle ou ceux qui s'adonnent à la négation de la vie et ignorent leur propre satisfaction rejoignent les rangs des âmes damnées de Lucifer, Prince de l'Acédie.

Questions :

Réflexion générale :

Ces textes peuvent paraître difficiles et injuste. Ne trouvez vous pas que certains démons ont des "circonstances atténuantes" ? Comment expliquer alors la décision de Dieu qui est belle et bien juste ?
(Aidez vous du texte de Raphaëlle notamment)

Satan et Michel :

Quel fut le manque qui détourna Satan de la vertu, et qui au contraire profita à Michel ?

Ainsi, conservait-il son butin. Ainsi pouvait-il voir son propre désir dans les yeux des autres. Et il se complaisait à observer la souffrance qui le rongeait lui-même. Que dire de cette phrase si on l'extrapole aux pêchés en général ?

Asmodée et Raphaëlle :

Quel était le problème de Raphaëlle durant la majeure partie de sa vie ?
Sans qui Asmodée n'aurait pas pu plonger la ville dans la luxure ? Que cela révèle t'il sur l'importance de "l'Exemple" ?

Lucifer et Sylphael :

L'exemple de la vie de Lucifer est effroyable. Un début magnifique, pieux et honorable, et une fin terrible. Vengeance et Acédie, voilà par ou a pêché Lucifer. Que dire de l'Acédie plus particulièrement ?

Le plaisir est une vertu. Il a son inverse bien sûr, l'Acédie. Quel autres périls sont dangereusement proche du plaisir ?

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MessageSujet: Re: k) Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; (Partie 1)   Lun 20 Fév 2017 - 8:23

Citation :
Réflexion générale :

Ces textes peuvent paraître difficiles et injuste. Ne trouvez-vous pas que certains démons ont des "circonstances atténuantes" ? Comment expliquer alors la décision de Dieu qui est belle et bien juste ?
En première lecture il peut apparaitre des circonstances atténuantes, mais, comme le rappel Raphaelle, Dieu est à côté de tous et il nous appartient de le suivre ou pas, c’est le libre arbitre qui fait ce que nous sommes et la voie que nous prenons.
La décision de Dieu est juste en ce sens que nous prenons la responsabilité de nos actes quelle que soit les circonstances.


Satan et Michel :
Quel fut le manque qui détourna Satan de la vertu, et qui au contraire profita à Michel ?
Satan avait perdu, tôt, ses parents et ne recevait plus d’Amour, il était fils unique et aucun frère ou sœur n’était là pour l’aider ou le remettre dans le droit chemin, pour un peu, que ce soit possible.
Michel, quand à lui, avait une grande fratrie et avait appris dès son plus jeune âge, l’Amour, le partage et l’entraide.


Ainsi, conservait-il son butin. Ainsi pouvait-il voir son propre désir dans les yeux des autres. Et il se complaisait à observer la souffrance qui le rongeait lui-même. Que dire de cette phrase si on l'extrapole aux pêchés en général ?
Qu’il est facile de se complaire dans le pêché, quel qu’il soit, en regardant les humains qui nous entourent, en se disant qu’eux aussi sont comme nous et qu’il n’y a pas de raison de poursuivre vers cette voie.

Asmodée et Raphaëlle :
Quel était le problème de Raphaëlle durant la majeure partie de sa vie ?
Raphaëlle se sentait seule, elle ne voyait pas Dieu à ses côtés alors qu’il l’aidait tout au long de ses difficultés.

Sans qui Asmodée n'aurait pas pu plonger la ville dans la luxure ?
Sans le Roi qui était son amant/maitresse.
Que cela révèle t'il sur l'importance de "l'Exemple" ?
Les humains ont tendance à regarder les autres agir pour se ‘fondre’ parmi eux, s’ils contemplent des personnes qui sont dans la vertu, ils auront alors tendance à suivre les vertus, alors que si ils voient une majorité de personnes dans les plaisirs bas et futiles, il est probable qu’alors, ils se détournent de la voie du Divin pour aller à leur tour dans ces dérives.

Lucifer et Sylphael :

L'exemple de la vie de Lucifer est effroyable. Un début magnifique, pieux et honorable, et une fin terrible. Vengeance et Acédie, voilà par ou a pêché Lucifer. Que dire de l'Acédie plus particulièrement ?
L’Acédie, ce pêché consiste à se détourner de l’amour divin, de s’abandonner à la vie matérielle en négligeant la vie spirituelle, de se préoccuper de l’instant sans garder à l’esprit ce pour quoi Dieu nous avait conçus.
On peut considérer que L’Acédie est la mère des pêchés, car elle mène aux autres pêchés, la gourmandise, l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère et la luxure.


Le plaisir est une vertu. Il a son inverse bien sûr, l'Acédie. Quels autres périls sont dangereusement proche du plaisir ?
Les autres pêchés découlent de l’Acédie.
La luxure, contre la conviction.
La gourmandise, contre la Conservation
L’Orgueil, contre le don de soi
L’Avarice, contre l’Amitié
La Colère, contre la Tempérance
Et l’Envie, contre la Justice.
Tous ces pêchés sont proche du plaisir.

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MessageSujet: Re: k) Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; (Partie 1)   Lun 20 Fév 2017 - 23:06

Lecture des réponses faites, il se contenta de dire :

"Avez-vous des questions, mon fils? Cette leçon était bien longue."

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MessageSujet: Re: k) Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; (Partie 1)   Mer 22 Fév 2017 - 14:43

Aucune question, éminence.

Longue, mais fort passionnante.
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MessageSujet: Re: k) Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; (Partie 1)   

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k) Partie V > 1 : Archanges & Princes Démons ; (Partie 1)
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