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 Résumé des écrits d'Aristote

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Richelieu1
Cardinal Archevêque d'Aix-en-Provence
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Lieu RP : Brignoles

Feuille de personnage
Nom et prénom: Ludovi de Sabran
Paroisse: Brignoles

MessageSujet: Re: Résumé des écrits d'Aristote   Mar 5 Avr 2011 - 23:53

Citation :

Thématiques et Doctrines de la Sainte Eglise - Résumé des écrits d'Aristote


I La poétique - Aristote - Grec

La poétique est un ouvrage qu'Aristote a dédié aux différents aspects de l’art poétique, comme la tragédie, l’épopée, et de manière anecdotique à la musique. Alors qu'il côtoyait le Grand Alexandre le Troisième et qu'ils étaient déjà tous deux amis, Aristote entreprit de décrypter l'art de la poésie et consigna ses découvertes dans un ouvrage pensé avec un soin et une rigueur important. Chaque mot est scrupuleusement choisi, pesé, employé dans son sens propre et précis. L'ouvrage est composé de vingt-six chapitres abordant chacun un grand thème étudié avec grande réflexion.

Dans cette œuvre majeure d'Aristote, on trouve la définition exacte de la poésie ainsi que les variantes qui en découlent. Il est ainsi expliqué la nécessité de mettre dans un poème une action possédant un nœud, un dénouement, qui soit vraisemblable et intéressante. Il est nécessaire que les protagonistes aient un caractère, des mœurs, un langage convenable. Dans la poétique n'est traité directement que de la tragédie, et par moments de l'épopée.

Catharsis :

Aristote voit dans l'art poétique un moyen pour l’homme de purifier l’âme de ses passions. Cette purification, nommée catharsis en Grec, vient de la pitié et la crainte qu’éprouvent ceux qui sont spectateurs pour les personnages de la tragédie. Le mécanisme de catharsis consiste en l'identification à des personnages dont les passions coupables sont punies par le destin, le spectateur de la tragédie se voit alors délivré, purgé des sentiments inavouables qu'il éprouve secrètement. Le théâtre prend alors une dimension morale et une fonction d'élaboration de la pensée et de la morale. Plus largement, la catharsis consiste donc à se délivrer d'un sentiment que l'on pense inavouable et que l'on garde au plus profond de soi.

Mimesis :

Afin de rendre possible cette catharsis , les personnages doivent constituer une imitation, nommée mimesis en Grec, des passions humaines. Ces mimesis doivent être les plus vraisemblables possibles. Quand à l’intrigue, elle se doit d'être très cohérente et son déroulement doit être aussi fluide que possible, du départ jusqu’à l'épilogue. D'après Aristote, la tragédie est mimesis de l'action et non des hommes, il s'agit donc de création, d'imiter pour représenter. Mimesis désigne un mouvement qui part d'objets préexistants et aboutit à un artefact poétique, et l'art poétique selon Aristote, est l'art de ce passage. Selon Aristote, les spectateurs des tragédies prennent un grand plaisir à voir des scènes qui leur seraient insoutenables dans la vie réelle, c'est bien dans cette transfiguration de la réalité par la l'esthétique du spectacle que les sentiments peuvent se purifier.

Des espèces de l'art poétique :

Aristote explique en long, en large et en travers qu'il existe nombre d'espèces qui se ressemblent pas le fond et la forme : épopée, poésie tragique, comédie, poésie dithyrambique, aulétique, citharistique. Seulement, ces espèces diffèrent par trois points : les éléments d'imitation sont autres, tout comme le sont les objets imités, et enfin, comme le sont aussi les procédés et la manière dont on imite.

De la naissance de la poésie :

Aristote décrit deux causes à la naissance de la poésie, causes naturelles selon lui. L'imitation, car le fait d'imiter serait inhérent à l'humanité et ce depuis la plus jeune enfance. En effet, les première connaissances acquises le sont grâce à l'imitation. Ensuite, il explique que nous nous plaisons à contempler les choses que nous voyons avec peine. Le spectacle de ces imitations nous instruit et nous fait raisonner sur la nature de chaque chose.

La Tragédie :

Aristote nous expose que la tragédie est l'imitation d'une action grave et complète, possédant un étendue certaine et proposée dans un langage agréable. Chaque partie qui compose la tragédie doit pouvoir subsister séparément et, chacune se développe avec des protagonistes qui agissent et non par le biais d'une narration. Chaque partie use de la pitié et de la terreur pour amener à la purgation des passions. Le point le plus important dans la tragédie est la constitution de faits, car la tragédie est une imitation des actions, de la vie, du bonheur et du malheur. Aristote explique que c'est par rapport aux mœurs que se construit la morale des hommes, mais le fait qu'ils soient heureux ou malheureux réside dans le rapport qu'ils ont à leurs actions. C'est pourquoi les poètes tragiques imitent les mœurs, mais ils le font au travers des actions de manière à ce que ce soient les faits et la fable qui constituent la fin de la tragédie.

La Comédie ?

Aristote n'aborde pas la comédie dans son œuvre, l'on peut être très surpris de cette absence. Pourquoi ? Simplement parce que la comédie est un genre mimétique au même titre que la tragédie et l'épopée, Aristote les mentionne d'ailleurs sur un même plan. Il y a de fortes probabilités qu'Aristote ait traité de la comédie dans un second tome de la Poétique qui lui aurait été entièrement dévolu. Cet ouvrage aurait été perdu mais jamais aucune trace n'en a été trouvé dans quelque écrit que ce soit.


II
La Physique - Aristote - Grec

Alors qu'Aristote était encore à l'académie de Platon, il rédigea un ouvrage nommé la physique. L'ouvrage consiste en une introduction à la philosophie des sciences et aux autres ouvrages qu'il a composé sur les sciences naturelles. La physique est donc une réflexion sur la connaissance tant des réalités naturelles que sur la nature en général. Ainsi Aristote caractérise-t-il la nature comme un changement. Ce recueil traite donc de la science de la nature qui a pour objet de connaître les causes des choses. Selon Aristote, le concept de nature est un principe reposant sur le mouvement et le repos. Après avoir défini ce qu'était la nature, il a cherché à établir qu'elle existait en se posant une question : les choses sont-elles en mouvement et si oui, la cause du mouvement est-elle une nature ? Dans ce cas, est-ce là un principe ? Ainsi Aristote travailla à définir le mouvement qui, selon son œuvre, serait une "énergie agissante et efficace de la puissance en tant que tel".

Selon le philosophe et prophète, pour connaitre quelque chose il faut en comprendre le pourquoi, c'est à dire la cause initiale. C’est le cas pour la génération et la corruption et tout le changement physique. Les réponses qu'apportent cette question du pourquoi sont ainsi nommées causes. Aristote énonce de manière singulière que cette réponse appelle un grand nombre de causes. Il admet cependant que le hasard joue un certain rôle dans cette question qui n'est, selon lui, pas absolu, c'est à dire qu'il n'est pas central dans la recherche des causes.

La physique explique qu'il faut, pour comprendre le mouvement des choses de la nature, que soit faite la distinction entre la métaphysique de "l'être en puissance" et celle de "l'être en acte". D'après Aristote, tout changement indique qu'une puissance effectue un acte, par exemple qu'une chose en devienne un autre, qu'une chose se déplace d'un lieu à un autre...etc. Aristote émet quatre hypothèses quand au sens du terme causes :

- La cause matérielle inhérente à la matière première qui serait une puissance pure n'ayant pas de forme propre et ne pourrait donc pas être connue. La matière et la forme seraient fondues dans le sunolon, la substance composée.

- La cause formelle, considérant la forme ou le modèle. Selon Aristote, tout ce que nous connaissons est un savant mélange de formes et de modèles. La forme désignant à la fois la forme géométrique et le concept de chose, c'est à dire ce qui rend la définit.

- La cause motrice, qui traite de la continuité du mouvement et de son effet. une chose en mouvement crée un effet et ces deux éléments restent dans une continuité. Il s'agit là d'un concept philosophique.

- La cause finale, expliquant que tout système évolue comme s'il poursuivait un but, une finalité. Il s'agit donc des conséquences en quelque sorte.

Enfin Aristote évoque la pluralité des causes qu'une chose peut avoir, l'ordre des causes peut être différent et, une cause peut sur une autre. Il indique aussi comment les causes ont une modalité qui les divisent. Il distingue ainsi des modalités par soi ou par accident, simples ou combinées et individuelles ou universelles. A cela il faut ajouter d'autres subdivisions selon que les causes sont en puissance ou en acte. Ces divisions permettent de donner les règles précises en matière de causes.


III
Aristote - Éthique à Nicomaque I - Le bien et le bonheur

Aristote a voulu son œuvre dénommée L'Éthique à Nicomaque, du nom de son père, comme un ouvrage traitant de l'éthique. Il est le premier des trois principaux livres exprimant la philosophie morale d'Aristote. Il doit être pris comme un traité pratique dont l'objet est de guider l'homme vers le bonheur et le citoyen vers le bien commun de la Cité.

Dans cette suite de textes, Aristote définit la vertu comme une disposition acquise volontairement, par la raison et conformément à la conduite d'un homme réfléchi. Il y explique comment l'Homme se doit d'adopter un comportement vertueux, démontrant l'importance du contexte dans celui-ci. Il indique ainsi que le bonheur, identifié avec la vertu, est la finalité de la vie. L'homme "bon" serait donc celui qui parvient à se réaliser et à atteindre cette finalité. En somme, la question est de comprendre que l'homme se doit d'être vraiment humain c'est à dire de développer en lui ce qui le fait exister au sein de la communauté et donc, de la cité.C'est ainsi la vertu qui le définit en tant qu'homme.

Le bien et le bonheur est le premier livre de L'Éthique à Nicomaque, dans cette œuvre, Aristote explique que toute action a pour but une fin qui est son bien. Il philosophe ainsi sur la question de la fin humaine qui est une unité de notre condition. Pour lui, le bien suprême est le bonheur sachant que ce bien peut prendre plusieurs formes ce qu'il nous explique en substance : le plaisir, les honneurs ou la richesse. Mais Aristote explicite aussi le fait que le bien suprême est infiniment au dessus des biens particuliers, qui sont pour lui des moyens de réaliser le bonheur. Il n'y a donc pas qu'une définition pour le bien mais un lien entre différentes version du bien. Aristote distingue ainsi trois éléments caractéristiques du bien :

- L'autarcie : l’homme heureux, tel un dieu, n’a besoin de rien ni de personne. Les moyens ne sont pas ce qui incarne la fin
- L’achèvement : il est fini, on ne peut rien y ajouter
- Le caractère fonctionnel.

Aristote conçoit le bonheur sans le restreindre à la vertu, selon lui, pour atteindre la finalité de la vie, il faut que le bonheur tienne compte des biens du corps et des biens extérieurs, ainsi, le bonheur dépend de l'Homme et du contexte dans lequel il évolue. L'homme qui pratique la vertu
utilise ce contexte pour agir avec autant de noblesse que possible, il se doit de se contenter du mieux qu'il peut obtenir sans vouloir chercher à atteindre un bonheur parfait. Aristote conclut en devisant sur l'ultime caractère du bien qui consiste à être un acte propre à chaque individu. Il exprime l'idée que le bonheur n'est pas être, possession ou potentiel mais qu'il est un usage effectif, une activité et un "faire". Selon lui, l'acte de chacun est en conformité avec son essence, il est l'excellence de l'âme et se place dans la vertu intellectuelle et morale.


IV
Aristote - Éthique à Nicomaque II - La vertu

Le second volume de l'œuvre Éthique à Nicomaque traite de la vertu, qui vient du grec aretè et qui signifie excellence. Il s'agit selon Aristote d'une disposition acquise de l'état d'esprit de l'homme et non innée, elle consiste à trouver un juste milieu qui nous est relatif et qui serait induit par la loi ou droite règle et serait tel que l'homme prudent le déterminerait. La vertu n'est donc pas un science. Aristote indique qu'il n'est pas suffisant de savoir ce qu'est le bien pour l'atteindre, il n'est pas de l'ordre du discours mais de la passion et de l'âme, in fine la vertu doit donc être pleinement intégrée à l'âme irrationnelle, siège des vertus morales.

Dans ces textes, Aristote nous montre qu'il ne peut y avoir de définition générale de la vertu parce qu'elle se base sur l'expérience de ce qu'il nomme l'homme prudent, et sur le discernement qu'il a acquis, sachant que ces deux aspects forment la droite règle. Cependant, il nous indique qu'il existe un critère objectif constitué par la ligne médiane entre l'excès et la défaut, en quelque sorte une utilisation mesurée de la passion. Cette utilisation est en fait un équilibre dépendant d'un individu et d'une situation. Ainsi, les vertus coexistent avec des situations, sans elles, il n'y a pas de vertus définies, c'est pourquoi, l'existence précède, selon lui, la vertu.

Le tome deux d'Éthique à Nicomaque développe l'idée que les Hommes ont une capacité à la vertu mais qu'il faut en faire acte pour la concrétiser, il exprime l'idée que "c'est en bâtissant qu'on devient bâtisseur". Il serait donc impératif de cultiver de bonnes habitudes dès la jeunesse. De même, la vertu un état lorsque le plaisir ou le chagrin entre en considération, l'intérêt est là de faire faire ce qu'il y a de mieux. Aristote envisage ainsi trois manières de considérer une chose pour agir : le beau, l'agréable et l'utile qui s'opposent au laid, au nuisible et au désagréable. Aristote se demande comment distinguer une belle action d'un acte vertueux et explique comment une action juste existe dès lors qu'elle est effectuée en toute connaissance de cause, avec volonté et fermeté. Ainsi, la vertu serait l'état qui fait d'un homme quelqu'un de bon et qui lui permet de bien se comporter avant tout pour lui même, car le mal est un chose facile tandis que le bien est hautement compliqué. C'est pourquoi pour l'homme qui a de l'esprit, la vertu est issue d'une décision prise selon une moyenne que chacun se fixe.

Aristote écrit comment les actions ne peuvent cependant être toutes vertueuses, certaines sont mauvaise et il est illusoire de vouloir en atteindre un juste milieu. C'est pourquoi la vertu n'est pas la moyenne des actes posés par un homme mais bien le principe d'une action visant la moyenne des actions potentielles. Ensuite, l'auteur exprime la difficulté d'être vertueux, reprenant le thème du juste milieu pour le faire exister avec le bon moment, ce qui, d'après lui, nécessite le savoir. Ainsi, il faut choisir le moindre des maux et ne pas choisir le plaisir et l'agréable d'emblée.


V
Aristote- Éthique à Nicomaque III - Le courage et la tempérance

Ce troisième tome de l'Ethique à Nicomaque traite de la question de la détermination volontaire, en particulier des conditions y conduisant. Selon Aristote, une partie de nos actions ne dépendent pas de notre volonté ce qui implique qu'il est impossible de nous en tenir pour responsables. Il s'agit des actes non consentis que nous produisons par ignorance ou par violence. En fait, le récit indique que, parfois, nous sommes soumis à des éléments extérieurs auxquels nous ne parvenons pas à résister, ainsi, il est alors simple de comprendre que nous ne sommes pas responsables de notre comportement. Cependant, il est à noter que, quelque soit l'action, cette dernière relève toujours d'un choix. Cela explique pourquoi l'on entreprend de mauvaises actions, simplement parce que l'on ignore son caractère néfaste et qu'en parallèle, l'on n'a aucune notion d'une action meilleure, il n'y a donc nul mal volontaire et donc, nulle accusation à tenir.

Aristote montre comment agir par ignorance est différent d'agir dans l'ignorance. En effet, dans l'ignorance suppose que nous sommes sous un effet qui nous fait perdre notre propre contrôle. Par ignorance suppose l'ignorance des circonstances particulières qui auraient pu orienter le jugement autrement. A cela, il faut mettre en perspective l'acte consenti qui réside dans le principe que l'action est prise par l'homme connaissant toutes les circonstances particulières. Ainsi, les actes commis par impétuosité ou désir relèvent tout de même du consentement. C'est pourquoi l'ignorance est parfois punie, lorsque des choses dépendaient de l'homme qui sait et qu'il aurait du savoir, cela peut nous conduire à comprendre que nous avons mal agit en reconnaissant notre ignorance et notre erreur. A noter que cette ignorance n'est jamais absolue car il faut toujours considérer que la volonté entre en jeu, en résumé, lorsque nos actions sont mauvaises c'est généralement parce que nous nous trompons sur les circonstances contextuelles et les moyens à employer. Aristote décrit aussi les actions faites par plaisir, indiquant que nous les faisons toujours de la même manière : en recherchant le plaisir, ainsi, nous en sommes donc responsables.

L'ouvrage s'attache ensuite à différencier décision et consentement, à montrer en quoi ce sont là deux choses différentes et en quoi un acte consenti n'est pas toujours le reflet d'une décision. Selon lui, la décision n'est pas plaisir, au contraire, elle peut contrarier ce plaisir. Elle n'est pas issue de l'ardeur non plus, tout comme du souhait car l'on peut souhaiter des choses impossibles. Le souhait est donc la finalité d'une action, la décision elle, porte sur les moyens. De même, Aristote indique comment une décision diffère d'une opinion car elle est définie par délibération or nous ne délibérons pas de toute chose mais seulement sur ce qui dépend de nous. Il faut aussi comprendre que les choses sont possibles lorsque l'on peut les faire par nous-mêmes. Ainsi, la délibération est prise par l'homme mais elle porte sur des actes qui ne sont pas des finalités, il y a un désir délibératif pour conduire à une fin souhaitable.

L'homme de vertu perçoit la vérité dans chaque chose car il est ce qui mesure cette vérité en tenant compte des plaisir ou des chagrins. Cela amène Aristote à parler de la responsabilité et à expliquer en quoi le vice et la vertu dépendent de nous, en quoi la méchanceté dépend d'acte consentis. Ignorer des lois connues de tous nous rend responsable. Il ajoute que le caractère de chacun est ce que nous nous sommes constitué au fil du temps, ainsi, nous en arrivons à adopter de mauvaises attitudes qui nous empêchent d'être bon, c'est pourquoi nous sommes responsables de ce que nous représentons. En conclusion, Aristote démontre comment nous sommes totalement responsables de nos actions, mais il pondère cela en disant que nous ne sommes que partiellement responsables de nos états, car ces derniers sont circonstanciés et contextuels.


VI
Aristote - Éthique à Nicomaque IV - Les différentes vertus

Le quatrième tome d'Éthique à Nicomaque s'attache à définir les différentes vertus. Aristote les scinde en deux groupes : la vertu éthique ou prudence et la vertu intellectuelle ou sagesse. Il distingue donc les vertus intellectuelles que sont la sagesse, l’intelligence, la prudence, des vertus morales que sont la libéralité et la modération. il exprime le fait que la libéralité est un juste milieu entre l’action de donner et celle de recevoir des richesses tandis que la modération est celle définie par un juste milieu dans nos actes. L'ouvrage parle aussi de ce qui fait la nature de l'homme, de ce qui lui est propre et le distingue des animaux, à savoir sa raison. Les vertus intellectuelles sont mises en œuvre par une activité issues de l'activité rationnelle, tandis que les vertus éthiques sont dues aux mœurs et à l'habitude ; alors que les premières, comme la prudence, l'intellect et la sagesse, caractérisent les habitudes de méthodes et de réflexion qui règlent la vie intellectuelle, les secondes, comme le courage, la modération et la tempérance, ont pour fin de définir la conduite morale.

La prudence, est une vertu intellectuelle qui à trait à ce qu'Aristote nomme le bon agir. Il s'agit d'une disposition dont la finalité est le sujet qui agit sur lui-même, la prudence permet donc de devenir vertueux. Elle régule en quelque sorte les passions qui nous animent par la modération de nos passions et de nos affects en fonction des circonstances. Ainsi, alors qu'elle est dans la partie rationnelle de l'âme, cette vertu ne porte pas sur le nécessaire mais sur le contingent [ce qui n'est pas nécessaire NDLR], puisqu'elle est soumise aux circonstances. La prudence doit nous conduire à savoir quand être en colère, jusqu’à quel point et face à qui. C'est donc une capacité d'action, en fonction du contexte et de l'attitude qu'il est bon d'adopter en échos au contexte. La conclusion étant que l'homme prudent sait appliquer, après délibération, les principes universels aux situations particulières.

La sagesse est une vertu intellectuelle de la partie rationnelle de l'âme qui s'occupe du nécessaire. Elle est issue de principes théoriques et pratiques ce qui en fait donc une science qui consiste à savoir pourquoi les choses sont faites, dans quelles fin elles sont entreprises. C'est donc une science de la théorie qui cherche à connaitre le monde de manière scientifique, à décoder ce qui est nécessaire dans toute chose, on y trouve ainsi la physique, la cosmologie, l'ontologie et la théologie. Mais cette vertu est également un tout, elle englobe également la prudence et la vie vertueuse qui est, elle, pratique. Consistant à comprendre les vérités nécessaires, elle diffère des contingences et est dite divine. Le sage aura ainsi une vie de contemplation, loin des passions et des souffrances, selon Aristote, la sagesse est la plus haute forme que la vertu puisse prendre ce qui se traduit par cette citation : "L'ignorant affirme, le savant doute et le sage réfléchit".

Enfin, Aristote s'attache à aborder la crainte et le courage. Le courage est, selon lui, la moyenne entre crainte et intrépidité. Craindre le mal c'est l'appréhender ce qui amène à poser la question de savoir quand nous sommes courageux. il y répond en disant qu'il s'agit de ne pas avoir peur d'une belle mort ou d'une mort imminente. Il continue en expliquant que la crainte du redoutable est normale et que le plus courageux craint lui aussi, en conclusion, le vrai courage est donc une moyenne et non un excès ou un défaut.


VII
Aristote - Éthique à Nicomaque V - La Justice

Le livre V de l’Éthique à Nicomaque consiste en un traité de la justice. il est intéressant de comprendre comment ce tome vient en conclusion de la réflexion sur les vertus morales, qu'Aristote a débuté au livre III et poursuivi au livre IV. Ainsi, le prophète a décidé de consacrer un livre entier à la vertu de justice. L'objectif de ce texte sur la justice, est de différencier la justice d'une approche seulement morale, ainsi Aristote élabore des distinctions entre justice générale, vertu de justice ou justice légale, et justice particulière définit par rapport à la notion d’égalité et non en rapport à la loi. Au sein du livre V, il va donc s'appliquer à travailler sur cette justice là qu'il divise ensuite en justice distributive et en justice corrective. La justice est, selon l'auteur, la plus importante de toutes les vertus, car non seulement elle nous impose de respecter les lois et l'égalité, mais aussi parce qu'elle est résultante de toutes les vertus dans notre rapport à l'autre. La justice distributive, qui permet à chacun d'obtenir ce qui lui est du, est l'essence même de la législation, elle est la colonne vertébrale de la cité.

Aristote distingue la justice en deux notions : la justice relative, qui est individuelle et qui dépend de l'autre, puis la justice globale et communautaire. La première constitue une vertu tandis que la seconde concerne les lois et la constitution politique et dépend avant tout de la raison. Ainsi, la justice passe dune notion d'idéal à une notion de politique. Aristote dit de celle-ci qu'elle est l'ordre objectif de la communauté politique, c'est pourquoi il traite de la question de l'injuste et du juste en expliquant que ce dernier est "ce qui produit et conserve le bonheur et ses parties pour la communauté politique". Ainsi, dans ce livre, l'auteur ne s'attache pas seulement à reprendre l'idée de Platon, mais explique que "la vertu de justice est la vertu par laquelle l'être humain accomplit sa finalité éthique". C'est donc en opposition à Platon qu'il se place, faisant de cette vertu un élément dépendant d'une situation et donc, d'évènements extérieurs à l'action de l'homme vertueux. Pour Aristote ce, dans l'unique but de conserver le bonheur pour la communauté : "le juste est le bien politique, à savoir l'avantage commun".

La clarté et la logique du texte sont ce qui marque avant tout le lecteur, en effet, il est établi sur la base d'un syllogisme, c'est à dire un raisonnement logique à deux propositions conduisant à une conclusion. Chacune des propositions est expliquée et argumentée et conduisent à une conclusion irréfutable ans la logique du texte. C'est ainsi qu'Aristote expose un principe universel qui constitue la première proposition : "le juste c’est l’égal". Il articule ainsi une seconde proposition dans laquelle il indique la nécessité de proportionner l’égalité des biens et des honneurs en fonction de l’inégalité des personnes. Selon lui, entre deux individus égaux, les objets sont égaux, et entre deux individus inégaux, ils sont inégaux. Mais, Aristote exprime l'idée que, dans les rapports entre ces deux individus et ces objets reçus, tout devra rester égal. C'est d'après ces deux propositions qu'il forme une conclusion disant que cette inégalité et/ou cette égalité des personnes pose problème. En effet, les critères d’appréciation varient et dépendent des régimes politiques, la question de la définition du mérite pour apprécier et hiérarchiser la valeur respective de chacun par rapport aux autres reste donc ouverte au débat de philosophie ou de conception de la vie politique. De même, définir le mérite pour comprendre et ordonner la valeur de chaque individu par rapport aux autres est complexe, et dépend de la conception politique et philosophique de la vie.


VIII
Aristote - Éthique à Nicomaque VIII - L'amitié

Le livre VIII de l'Éthique à Nicomaque traite de l'amitié, phillia en grec désigne l'appartenance à une famille ou maisonnée "oikos", à des collectivités statutaires ou formées librement et, enfin, à la communauté politique dotée d’une constitution , la cité. Aristote débute son ouvrage en travaillant sur la nature de l'amitié, elle est ce qui est nécessaire pour vire, ce qui lie la cité. Elle est dirigée par le bien, l'agréable et l'utile et sous tend une bienveillance mutuelle.

Ensuite, l'auteur s'attaque aux différents types d'amitié, à leurs conditions et leurs causes : l'amitié fondée sur l'utilité et celle fondée sur le plaisir, deux amitiés fragiles qui se réfèrent au bien ou au plaisir. Il ajoute que l'amitié est basée sur la vertu, il s'agit de l'amitié parfaite, rare et très longue à prendre corps, elle vise toujours le bien de l'autre. Il compare ainsi l'amitié parfaite aux autres précisant que si des points communs existent, cette amitié parfaite est dénuée de tout intérêt personnel et reste la seule à exister qu'uniquement dans la vertu. De plus, il ajoute que l'amitié est incompatible avec l'absence et la solitude, elle prend source dans la vie en communauté. En outre, l'amitié est égalitaire.

Ensuite, Aristote évoque la juridiction de l'amitié, qui traite de l'égalité dans l'amitié. Si dans une amitié il existe une hiérarchie d'un individu sur l'autre (père/fils, mari/femme...), alors, l'affection est fonction du mérite de chacun et une égalité nécessaire doit s'installer pour cultiver l'amitié. Il évoque ensuite l'égalité dans la justice et dans l'amitié en parlant d'amitié donnée et rendue. L'égalité est quantitative et il est impossible qu'elle fasse avec une disparité sociale importante, en conclusion, il indique que l'amitié est plus aimer qu'être aimé. Cela l'amène à penser l'amitié passive au regard de l'amitié active : les personnes dont la condition est proche basent leur amitié avant tout sur la plaisir tandis que les personnes dont la condition est opposée basent celle-ci sur l'utilité.

Aristote ajoute qu'il existe une politique de l'amitié. L'amitié et la justice coexistent, en effet, mettre en commun des biens entre amis permet de définir l'amitié qui existe entre eux. Les amitiés particulières correspondent aux amitiés communautaires qui sont définies par ce qui est juste et donc, ce qui est dans l'intérêt de tous. Selon Aristote, les constitutions politiques sont toutes perverties, la royauté devient tyrannie, l'aristocratie devient oligarchie et la timocratie [C'est le gouvernement par ceux qui recherchent ce qui a du prix, de la valeur. NDLR] devient démocratie. Ainsi il existe des formes d'amitié correspondant à ces constitutions politiques : la royauté développe un amitié semblable au sentiment paternel, les rapports de justice sont conditionné au mérite. L'aristocratie développe une amitié semblable à celle que l'on retrouve entre mari et femme tandis que la timocratie développe une amitié fraternelle où chacun sera vu de façon égalitaire, ainsi, l'amitié et la justice ne coexistent pas dans la tyrannie mais sont essentielles dans la démocratie. Aristote termine en expliquant que l'amour entre mari et femme est fondé sur l'utilité et l'agrément, mais aussi sur la vertu.

Enfin, en conclusion de l'ouvrage, Aristote évoque les règles de conduite pour pratiquer l'amitié. Les vrais amis, égaux, se doivent d'être dans une égalité d'affection et de biens, par contre, dans l'amitié inégale, celui qui sera défavorisé fournira à l'autre, un avantage proportionnel à la supériorité de celui-ci. Ainsi, seule l'amitié utilitaire est codifiée par la loi et la morale, la règle étant fondée sur l'avantage de l'obligé, sur la nécessité de rendre autant voire plus que ce qu'il a reçu. 'est ainsi, qu'entre personnes inégales, chacune pense recevoir plus que l'autre mais c'est ce qui est reçu qui diffère : honneur pour le plus riche, biens pour le plus pauvre. Aristote conclue en indiquant que l'amitié ne réclame rien qui ne soit pas dans les possibilités de chacun des deux "amis".


IX
Aristote - Éthique à Nicomaque X - Le vrai bonheur

Le livre X d'Éthique à Nicomaque, est le dernier livre de l'éthique et vient conclure l'ensemble de la réflexion d'Aristote sur le sujet. Il est ainsi divisé en deux grandes parties, une première traitant du plaisir tandis que la seconde traite de la contemplation et de la vie contemplative.

La première partie de l'œuvre est une introduction et une critique des conceptions philosophiques du plaisir par l'étude des opinions. La théorie aristotélicienne est ensuite expliquée avant que soit donnée une définition du plaisir : le plaisir n'est pas mouvement, il est un acte qui constitue en soi-même sa propre fin. Viennent ensuite une analyse du plaisir par rapport à la notion d'acte et enfin la question de la diversité des plaisirs. La seconde partie de l'œuvre décrit l'excellence de la vie contemplative et vient conclure l'ouvrage et clore l'Éthique à Nicomaque, en ouvrant sur les futurs cours de politique.

Ce livre X est donc d'une importance cruciale car il vient clore et accomplir tout le travail sur l'Éthique d'Aristote, s'attelant à définir ce qu'est le "souverain bien", objet final de l'éthique. Ainsi, ce dernier livre revient sur le premier et donne un structure cyclique au tout, la fin retrouve le commencement mais elle ouvre ainsi l'éthique sur la politique.

Aristote a donc développé les idées, au fur et à mesure du livre X, que le plaisir est une question éthique fondamentale, qu'il n'est ni mouvement, ni génération et qu'il existe une hiérarchie et une diversité des plaisirs. Il affirme que le plaisir est un acte mais pas un mouvement, donc un acte en soi qui est sa propre fin. Selon Aristote, le plaisir n'est pas le but de toute action humaine, parce que tout plaisir n'est pas bon. Le plaisir se retrouve dans diverses formes d'activités, un plaisir approprié ou une douleur peuvent appartenir à n'importe quelle activité. Le plaisir qui se situe dans certaines formes d'activités peut être bon tandis que dans d'autres formes, il peut être mauvais. La douleur pouvant elle-même être à la fois bonne et mauvaise. Le bonheur est une vertu, guidée par l'intellect et la raison, ainsi, il est une activité contemplative et non un simple moyen pour atteindre une fin, le bonheur est donc une fin en soi, il est unité de volonté et d'action. Il ne résulte pas seulement d'un sentiment de plaisir ou de satisfaction mais il est l'accomplissement de l'âme humaine. Aristote dit que les êtres humains sont heureux quand ils sont guidés par la raison.

Ensuite, l'auteur évoque la contemplation et stipule qu'on y trouve le bonheur, que la vie contemplative doit triompher, Aristote voit nettement dans le bonheur la fin de la vie, il pose la question de savoir quel est le souverain bien de notre activité. Il y répond en disant qu'il s'agit du bonheur, or, ce dernier consiste dans l'activité la plus parfaite de l'homme, c'est-à-dire dans la vie contemplative. Le sage qui contemple l'Éternel dans une vie de loisir incarne véritablement l'homme heureux. Toutes ces notions découlent sur l'avant dernier chapitre servant d'introduction à la politique puis sur une conclusion générale de l'éthique.


X
Aristote - Métaphysique - Livre A

Le livre A est le premier livre de la métaphysique d'Aristote, il débute par une explication des connaissances de l'homme en hiérarchisant ces dernières, ainsi Aristote se demande-t-il qu'elle est la science la plus importante et ce qui la définit.

En premier lieu, il aborde les sensations : ouïe, odorat, toucher, vue, goût, qui nous sont plaisantes car elles qui nous apportent la connaissance. Ainsi, selon lui, apprendre sous entend l'utilisation des sensations et donc, avant tout, la connaissance du langage puisque l'ouïe nécessite la compréhension de ce qui est dit. A partir de la mémoire, Aristote en vient à parler d'expérience, constituée par les souvenirs d'une chose, définie par des expériences desquelles découlent un principe universel semblable à tous les cas : l'art. Celui-ci prend en compte la capacité à reconnaitre des cas similaires et la capacité à appliquer à ces cas une règle universelle. Selon Aristote, que l'art prend sa source dans les sensations, la mémoire, les expériences et enfin, le jugement universel. Il ajoute cependant que l'art sous tend le savoir et la compréhension, et qu'il peut s'enseigner car il est théorie. Il indique aussi que l'art se différencie des sensations qui ne constituent pas une science. Aristote en conclut que la connaissance la plus haute est la sagesse et qu'elle cherche les premières causes et les principes des êtres, c'est pourquoi il explique que les sciences théorétiques [sciences qui procèdent uniquement d'un point de vue théorique NDLR] sont plus nobles que les sciences pratiques.

Aristote tente par la suite de réfléchir sur les jugements qui sont portés à l'encontre du philosophe. Il serait celui qui possède le savoir général, celui connaissant les choses difficiles, celui pouvant enseigner les causes, celui dont le seul objet est le savoir et la science, et enfin, celui qui ferait les lois et commanderait. Il en déduit donc que la connaissance de toute chose est l'apanage de celui possédant la science de l'universel, ce qui est très complexe car ces connaissances sont bien trop éloignées des sensations. C'est pourquoi Aristote explique que ces sciences sont les plus exactes, qu'elle sont la connaissance des principes et des causes. Il conclut en disant que le philosophe est un scientifique théorétique des principes et causes premières.

L'auteur se questionne par la suite sur les origines de la philosophie, expliquant que les premiers "penseurs" furent poussés par l'étonnement et l'envie de dépasser l'ignorance. Il dévoile ainsi que la philosophie est la seule science qui soit libre car elle constitue en elle-même un fin. Selon lui, elle est aussi très complexe car il envisage qu'elle soit au delà de l'être humain, selon lui, si elle n'est pas autant nécessaire que les autres sciences, elle est avant tout la science des dieux.

S'ensuit une recherche sur la cause chez les premiers philosophes, amenant dans cette partie de l'ouvrage les quatre sens du mot cause : la cause formelle, la cause matérielle, le principe du mouvement et la finalité. On peut lire par la suite de complexes théories et idées sur la nature des choses, sur leurs causes, nombreux sont ceux cités par Aristote. Enfin, l'ouvrage se termine par plusieurs chapitres dont une critique des préplatoniciens ainsi qu'une critique de la théorie des idées de Platon.


XI
Aristote - Métaphysique - Livre Γ

Le livre Γ (Gamma) est le quatrième livre de la Métaphysique d'Aristote, il traite de la science qui étudie l'être en tant qu'être et s'articule autour de huit chapitres.

Le premier s'attache à démontrer la nécessité d'une science qui étudie l'être en tant qu'être et les accidents propres de l'être. Cette science est différente de toutes les autres sciences particulières. Elle cherche la nature propre des principes et des causes les plus élevées des éléments de l'être, pas en tant qu'accident, mais en tant qu'être.

Le second chapitre apporte l'idée qu'il n'y a qu'une seule science qui étudie l'être en tant qu'être car même si être prend plusieurs acceptions, il n'a qu'un principe unique et une nature unique, donc une seule science.

Un troisième chapitre amène la notion que seule, la philosophie peut traiter des axiomes [vérité admise sans démonstration NDLR] mathématiques et de l'essence. Selon Aristote, les axiomes comprennent tout ce qui est, sans exception. Toutes les sciences se servent des axiomes dans un but précis. Il démontre comment c'est au philosophe que revient l'examen des axiomes puisqu'ils existent en tant qu'être dans toute chose. partant du principe qu'il y a quelque chose de supérieur aux êtres physiques, c'est celui qui traite de l'universel et de la substance première, qui doit étudier ce quelque chose, soit la philosophie première.

Le quatrième chapitre démontre qu'il n'y a pas de milieu entre l'affirmation et la négation. Aristote a démontré précédemment qu'il était impossible pour une même chose d'être et de n'être pas. Il établit ainsi par réfutation la voie des contraires pour une même chose. Il ajoute que signifier l'essence d'un être, c'est signifier l'identité de son existence.

Le cinquième chapitre s'attèle à démontrer que l'apparence n'est pas le vrai, il s'acharne à montrer comment la vérité diffère selon l'individu, les sensations et bien d'autres aspects, écorchant au passage ceux qui prônent la doctrine voulant que ce que nous observons est la vérité.

Le sixième chapitre continue dans la réfutation de ceux prétendant que tout ce qui parait est vrai. Car selon Aristote, si tout n'est pas relatif, s'il y a des êtres en soi, on ne pourra dire que tout ce qui paraît est vrai. En effet, ce qui paraît, ne paraît qu'à quelqu'un, ainsi dire que tout ce qui parait est vrai revient à dire que tout est relatif. Il faut donc, selon l'auteur, pour prôner une démonstration logique, prendre conscience que ce qui parait est vrai pour celui à qui il parait.

Le septième chapitre est le développement du principe disant qu'il n'y a pas de milieu entre l'affirmation et la négation. En effet, il n'est pas possible qu'il y ait un milieu entre deux propositions contraires car il faut nécessairement affirmer ou nier une chose et une autre. il y a forcément aucun intermédiaire entre deux choses car si tel était le cas, il devrait y avoir un passage entre deux contraires et cela n'est pas possible.

Le huitième et dernier chapitre réfute les systèmes de ceux qui prétendent que tout est vrai ou que tout est faux.


XII
Aristote - Métaphysique - Livre E

Le livre E de la Métaphysique d'Aristote est le sixième livre de l'ouvrage, il s'attache à distinguer les diverses sciences selon plusieurs critères.

Dans un premier chapitre, Aristote nous dévoile qu'il s'agit avant tout de la recherche des principes et des causes de l'être, en tenant compte du mode d'être, de l'essence de l'être et de la définition de l'être. Il est, selon l'auteur, indispensable de différencier ce qui ressort de la matière et qui en est indépendant. Cela amène Aristote à faire émerger trois sciences : la physique, les mathématiques et la théologie. La physique étant la science d'un genre déterminé, science qui étudie une substance, son principe de mouvement et de repos, il la définit comme une science théorétique de la substance formelle liée à la matière. Les mathématiques constituent une science théorétique ayant pour objet l'étude de ce qui est immobile et lié à la matière. La théologie, enfin, est l'étude d'un être éternel, immobile et séparé de la matière, c'est la science la plus ancienne et son objet est ce qui est divin. Aristote indique par la suite qu'il n'y a pas uniquement ce qui est constitué par la nature, c'est pourquoi il indique que la métaphysique a pour objet l'étude de l'être en tant qu'être, son essence et ses attributs en tant qu'être. Elle est donc une science universelle car elle a trait aux fondements de tous les êtres.

Dans un second chapitre, Aristote avance les différents sens de l'être. Il y a dans un premier temps l'être accidentel, puis l'être qui désigne la vérité, et, en regard, le non-être qui désigne le faux. Il ajoute que chaque forme de l'attribution est une manière d'envisager l'être, celui-ci est à considérer selon son essence, sa qualité, sa quantité, le lieu, le temps et sous d'autres points de vue analogues. Enfin, Aristote parle de l'être en puissance et de l'être en acte. Il explique ainsi comment il n'y a pas de science de l'accident, il dit d'ailleurs : "la cause de l'accidentel, c'est la matière, en tant que susceptible d'être autre qu'elle n'est ordinairement". Aristote énonce qu'une science ne peut avoir pour objet que ce qui arrive toujours, avec certitude, c'est là l'unique chose qui peut être enseignée.

Le troisième et ultime chapitre de l'ouvrage traite des principes et des causes de l'accident, ceux-ci se produisent et se détruisent mais cela n'engendre ni production ni destruction. Aristote ajoute que si cela était différent, si la production et la destruction de l'accident avaient nécessairement une cause non-accidentelle, alors tout serait nécessaire. Il faut donc, pour étudier une chose remonter à l'instant actuel qui déterminera la direction prise par l'évènement. Aristote remonte ainsi à un principe, c'est le principe de ce qui arrive d'une manière indéterminée, ce principe, aucune cause ne l'a produit lui-même. L'auteur explique aussi que le faux et le vrai ne sont pas dans les choses, ils n'existent que dans la pensée. Il ajoute que l'être en question n'a pas d'existence propre car ce qui réunit la pensée au sujet ou les sépare, peut être l'essence, la qualité, la quantité, ou tout autre mode de l'être. Enfin, il conclut en disant qu'en déterminant le sens des termes de la philosophie, a été établi que l'être peut prendre plusieurs formes.


XIII
Aristote - Métaphysique - Livre Z

Le livre Z est le septième livre de la Métaphysique d'Aristote, il traite de multiple sujets ayant un rapport avec l'être premier, la substance la forme, l'essence, l'art et le hasard. Il est composé de dix-sept chapitres qui s'articulent les uns aux autres de manière logique.

Selon Aristote, l'être se comprend de différentes manières, il a plusieurs sens, mais, au sens premier, il est "ce qu'est la chose" c'est à dire la substance. Le reste ne sont êtres que parce qu'ils sont déterminés par la quantité, la qualité et autres. En chacune de ces choses existe un sujet réel et déterminé : la substance et l'individu. Ainsi, l'être absolument parlant est la substance. L'existence de la substance se voit surtout dans les corps. Aristote pose ainsi la question de savoir s'il existe d'autres substances. La substance a un grand nombre de sens, dont quatre principaux : l'essence, l'universel, le genre, ou le sujet. Ainsi, elle se rapporte à la matière, et la matière première est donc ce qui, n’a ni forme, ni quantité, ni aucun autre attribut. Aristote explique que la substance est première de manière absolue, et selon toute logique, elle est première dans la connaissance et dans le temps. Il ajoute que la substance a pour essentiel caractère d'être séparable, ainsi, dans la définition de chaque être on trouve celle de sa substance. Il continue en expliquant que nous croyons connaître une chose avec certitude lorsque quand nous savons ce qu'elle est. Il prend l'exemple de l'homme qui est autre que ses qualités.

De toutes les choses, les unes sont des productions de la nature, les autres de l'art, les autres du hasard. Dans toute production il y a une cause, un sujet, puis un être produit dans tous les modes de l'être : essence, quantité, qualité, lieu. Ainsi les productions naturelles sont celles des êtres qui proviennent de la nature, et ce dont un être provient, c'est ce qu'on appelle la matière, ce par quoi une chose est produite est un être naturel. Tout être en devenir a une cause productrice, c'est le principe de la production, Aristote ajoute qu'il a aussi un sujet. Il indique que la seule chose qui devienne, c'est ce qui réunit la forme et la matière, ainsi, dans tout être qui est devenu, il y a de la matière. On trouve d'un côté la matière et de l'autre la forme.

Aristote s'attache à démontrer ensuite, comment certaines choses proviennent de l'art ou du hasard. La cause, réside dans le fait que la matière est une partie des choses et qu'elle peut avoir, dans certains cas, un mouvement propre, ce qui peut expliquer le hasard. Il cherche ensuite à savoir si la définition des parties entre dans celle d'un tout. il différencie les parties de l'essence aux parties de la matière, ainsi l'homme est un somme des parties de la matière qui le compose : os, muscles, nerfs...etc. Cependant, tous les êtres ne sont pas fait de matière, ainsi tous les êtres immatériels, par exemple la forme considérée en elle-même, ne peuvent absolument se résoudre dans leurs parties. Aristote indique que la difficulté est de déterminer quelles parties appartiennent à la forme et quelles parties appartiennent l'ensemble de la forme et de la matière, sans cela, il n'est pas possible dé définir les individus. C'est pourquoi ce qui entre dans la définition, c'est l'universel et la forme. Il explique ensuite que rien d'universel n'est une substance et réfute ainsi ceux qui admettent que les idées sont substance et qui leur attribue une existence propre. Il continue en ajoutant qu'il ne peut y avoir ni définition, ni démonstration de la substance des êtres sensibles particuliers, qu'il n'y a pas de substance composée de substances. L'ouvrage s'achève sur des observation ayant pour intérêt la substance et la forme substantielle.
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MessageSujet: Re: Résumé des écrits d'Aristote   Jeu 7 Avr 2011 - 23:46

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[color=#1a3768][i][size=18][b]Thématiques et Doctrines de la Sainte Eglise - Résumé des écrits d'Aristote[/b][/i][/color][/size]


[color=black][b]I La poétique - Aristote - Grec[/b]

La poétique est un ouvrage qu'Aristote a dédié aux différents aspects de l’art poétique, comme la tragédie, l’épopée, et de manière anecdotique à la musique. Alors qu'il côtoyait le Grand Alexandre le Troisième et qu'ils étaient déjà tous deux amis, Aristote entreprit de décrypter l'art de la poésie et consigna ses découvertes dans un ouvrage pensé avec un soin et une rigueur important. Chaque mot est scrupuleusement choisi, pesé, employé dans son sens propre et précis. L'ouvrage est composé de vingt-six chapitres abordant chacun un grand thème étudié avec grande réflexion.

Dans cette œuvre majeure d'Aristote, on trouve la définition exacte de la poésie ainsi que les variantes qui en découlent. Il est ainsi expliqué la nécessité de mettre dans un poème une action possédant un nœud, un dénouement, qui soit vraisemblable et intéressante. Il est nécessaire que les protagonistes aient un caractère, des mœurs, un langage convenable. Dans la poétique n'est traité directement que de la tragédie, et par moments de l'épopée.

[b]Catharsis :[/b]

Aristote voit dans l'art poétique un moyen pour l’homme de purifier l’âme de ses passions. Cette purification, nommée catharsis en Grec, vient de la pitié et la crainte qu’éprouvent ceux qui sont spectateurs pour les personnages de la tragédie. Le mécanisme de catharsis consiste en l'identification à des personnages dont les passions coupables sont punies par le destin, le spectateur de la tragédie se voit alors délivré, purgé des sentiments inavouables qu'il éprouve secrètement. Le théâtre prend alors une dimension morale et une fonction d'élaboration de la pensée et de la morale. Plus largement, la catharsis consiste donc à se délivrer d'un sentiment que l'on pense inavouable et que l'on garde au plus profond de soi.

[b]Mimesis :[/b]

Afin de rendre possible cette catharsis , les personnages doivent constituer une imitation, nommée mimesis en Grec, des passions humaines. Ces mimesis doivent être les plus vraisemblables possibles. Quand à l’intrigue, elle se doit d'être très cohérente et son déroulement doit être aussi fluide que possible, du départ jusqu’à l'épilogue. D'après Aristote, la tragédie est mimesis de l'action et non des hommes, il s'agit donc de création, d'imiter pour représenter. Mimesis désigne un mouvement qui part d'objets préexistants et aboutit à un artefact poétique, et l'art poétique selon Aristote, est l'art de ce passage. Selon Aristote, les spectateurs des tragédies prennent un grand plaisir à voir des scènes qui leur seraient insoutenables dans la vie réelle, c'est bien dans cette transfiguration de la réalité par la l'esthétique du spectacle que les sentiments peuvent se purifier.

Des espèces de l'art poétique :

Aristote explique en long, en large et en travers qu'il existe nombre d'espèces qui se ressemblent pas le fond et la forme : épopée, poésie tragique, comédie, poésie dithyrambique, aulétique, citharistique. Seulement, ces espèces diffèrent par trois points : les éléments d'imitation sont autres, tout comme le sont les objets imités, et enfin, comme le sont aussi les procédés et la manière dont on imite.

[b]De la naissance de la poésie :[/b]

Aristote décrit deux causes à la naissance de la poésie, causes naturelles selon lui. L'imitation, car le fait d'imiter serait inhérent à l'humanité et ce depuis la plus jeune enfance. En effet, les première connaissances acquises le sont grâce à l'imitation. Ensuite, il explique que nous nous plaisons à contempler les choses que nous voyons avec peine. Le spectacle de ces imitations nous instruit et nous fait raisonner sur la nature de chaque chose.

[b]La Tragédie :[/b]

Aristote nous expose que la tragédie est l'imitation d'une action grave et complète, possédant un étendue certaine et proposée dans un langage agréable. Chaque partie qui compose la tragédie doit pouvoir subsister séparément et, chacune se développe avec des protagonistes qui agissent et non par le biais d'une narration. Chaque partie use de la pitié et de la terreur pour amener à la purgation des passions. Le point le plus important dans la tragédie est la constitution de faits, car la tragédie est une imitation des actions, de la vie, du bonheur et du malheur. Aristote explique que c'est par rapport aux mœurs que se construit la morale des hommes, mais le fait qu'ils soient heureux ou malheureux réside dans le rapport qu'ils ont à leurs actions. C'est pourquoi les poètes tragiques imitent les mœurs, mais ils le font au travers des actions de manière à ce que ce soient les faits et la fable qui constituent la fin de la tragédie.

[b]La Comédie ?[/b]

Aristote n'aborde pas la comédie dans son œuvre, l'on peut être très surpris de cette absence. Pourquoi ? Simplement parce que la comédie est un genre mimétique au même titre que la tragédie et l'épopée, Aristote les mentionne d'ailleurs sur un même plan. Il y a de fortes probabilités qu'Aristote ait traité de la comédie dans un second tome de la Poétique qui lui aurait été entièrement dévolu. Cet ouvrage aurait été perdu mais jamais aucune trace n'en a été trouvé dans quelque écrit que ce soit.


[b]II [/b][/color][color=black][b]La Physique - Aristote - Grec[/b]

Alors qu'Aristote était encore à l'académie de Platon, il rédigea un ouvrage nommé la physique. L'ouvrage consiste en une introduction à la philosophie des sciences et aux autres ouvrages qu'il a composé sur les sciences naturelles. La physique est donc une réflexion sur la connaissance tant des réalités naturelles que sur la nature en général. Ainsi Aristote caractérise-t-il la nature comme un changement. Ce recueil traite donc de la science de la nature qui a pour objet de connaître les causes des choses. Selon Aristote, le concept de nature est un principe reposant sur le mouvement et le repos. Après avoir défini ce qu'était la nature, il a cherché à établir qu'elle existait en se posant une question : les choses sont-elles en mouvement et si oui, la cause du mouvement est-elle une nature ? Dans ce cas, est-ce là un principe ? Ainsi Aristote travailla à définir le mouvement qui, selon son œuvre, serait une "énergie agissante et efficace de la puissance en tant que tel".

Selon le philosophe et prophète, pour connaitre quelque chose il faut en comprendre le pourquoi, c'est à dire la cause initiale. C’est le cas pour la génération et la corruption et tout le changement physique. Les réponses qu'apportent cette question du pourquoi sont ainsi nommées causes. Aristote énonce de manière singulière que cette réponse appelle un grand nombre de causes. Il admet cependant que le hasard joue un certain rôle dans cette question qui n'est, selon lui, pas absolu, c'est à dire qu'il n'est pas central dans la recherche des causes.

La physique explique qu'il faut, pour comprendre le mouvement des choses de la nature, que soit faite la distinction entre la métaphysique de "l'être en puissance" et celle de "l'être en acte". D'après Aristote, tout changement indique qu'une puissance effectue un acte, par exemple qu'une chose en devienne un autre, qu'une chose se déplace d'un lieu à un autre...etc. Aristote émet quatre hypothèses quand au sens du terme causes :

- La cause matérielle inhérente à la matière première qui serait une puissance pure n'ayant pas de forme propre et ne pourrait donc pas être connue. La matière et la forme seraient fondues dans le sunolon, la substance composée.

- La cause formelle, considérant la forme ou le modèle. Selon Aristote, tout ce que nous connaissons est un savant mélange de formes et de modèles. La forme désignant à la fois la forme géométrique et le concept de chose, c'est à dire ce qui rend la définit.

- La cause motrice, qui traite de la continuité du mouvement et de son effet. une chose en mouvement crée un effet et ces deux éléments restent dans une continuité. Il s'agit là d'un concept philosophique.

- La cause finale, expliquant que tout système évolue comme s'il poursuivait un but, une finalité. Il s'agit donc des conséquences en quelque sorte.

Enfin Aristote évoque la pluralité des causes qu'une chose peut avoir, l'ordre des causes peut être différent et, une cause peut sur une autre. Il indique aussi comment les causes ont une modalité qui les divisent. Il distingue ainsi des modalités par soi ou par accident, simples ou combinées et individuelles ou universelles. A cela il faut ajouter d'autres subdivisions selon que les causes sont en puissance ou en acte. Ces divisions permettent de donner les règles précises en matière de causes.


[b]III[/b][/color][color=black][b] Aristote - Éthique à Nicomaque I - Le bien et le bonheur[/b]

Aristote a voulu son œuvre dénommée L'Éthique à Nicomaque, du nom de son père, comme un ouvrage traitant de l'éthique. Il est le premier des trois principaux livres exprimant la philosophie morale d'Aristote. Il doit être pris comme un traité pratique dont l'objet est de guider l'homme vers le bonheur et le citoyen vers le bien commun de la Cité.

Dans cette suite de textes, Aristote définit la vertu comme une disposition acquise volontairement, par la raison et conformément à la conduite d'un homme réfléchi. Il y explique comment l'Homme se doit d'adopter un comportement vertueux, démontrant l'importance du contexte dans celui-ci. Il indique ainsi que le bonheur, identifié avec la vertu, est la finalité de la vie. L'homme "bon" serait donc celui qui parvient à se réaliser et à atteindre cette finalité. En somme, la question est de comprendre que l'homme se doit d'être vraiment humain c'est à dire de développer en lui ce qui le fait exister au sein de la communauté et donc, de la cité.C'est ainsi la vertu qui le définit en tant qu'homme.

Le bien et le bonheur est le premier livre de L'Éthique à Nicomaque, dans cette œuvre, Aristote explique que toute action a pour but une fin qui est son bien. Il philosophe ainsi sur la question de la fin humaine qui est une unité de notre condition. Pour lui, le bien suprême est le bonheur sachant que ce bien peut prendre plusieurs formes ce qu'il nous explique en substance : le plaisir, les honneurs ou la richesse. Mais Aristote explicite aussi le fait que le bien suprême est infiniment au dessus des biens particuliers, qui sont pour lui des moyens de réaliser le bonheur. Il n'y a donc pas qu'une définition pour le bien mais un lien entre différentes version du bien. Aristote distingue ainsi trois éléments caractéristiques du bien :

- L'autarcie : l’homme heureux, tel un dieu, n’a besoin de rien ni de personne. Les moyens ne sont pas ce qui incarne la fin
- L’achèvement : il est fini, on ne peut rien y ajouter
- Le caractère fonctionnel.

Aristote conçoit le bonheur sans le restreindre à la vertu, selon lui, pour atteindre la finalité de la vie, il faut que le bonheur tienne compte des biens du corps et des biens extérieurs, ainsi, le bonheur dépend de l'Homme et du contexte dans lequel il évolue. L'homme qui pratique la vertu
utilise ce contexte pour agir avec autant de noblesse que possible, il se doit de se contenter du mieux qu'il peut obtenir sans vouloir chercher à atteindre un bonheur parfait. Aristote conclut en devisant sur l'ultime caractère du bien qui consiste à être un acte propre à chaque individu. Il exprime l'idée que le bonheur n'est pas être, possession ou potentiel mais qu'il est un usage effectif, une activité et un "faire". Selon lui, l'acte de chacun est en conformité avec son essence, il est l'excellence de l'âme et se place dans la vertu intellectuelle et morale.


[b]IV [/b][/color][color=black][b]Aristote - Éthique à Nicomaque II - La vertu[/b]

Le second volume de l'œuvre Éthique à Nicomaque traite de la vertu, qui vient du grec aretè et qui signifie excellence. Il s'agit selon Aristote d'une disposition acquise de l'état d'esprit de l'homme et non innée, elle consiste à trouver un juste milieu qui nous est relatif et qui serait induit par la loi ou droite règle et serait tel que l'homme prudent le déterminerait. La vertu n'est donc pas un science. Aristote indique qu'il n'est pas suffisant de savoir ce qu'est le bien pour l'atteindre, il n'est pas de l'ordre du discours mais de la passion et de l'âme, in fine la vertu doit donc être pleinement intégrée à l'âme irrationnelle, siège des vertus morales.

Dans ces textes, Aristote nous montre qu'il ne peut y avoir de définition générale de la vertu parce qu'elle se base sur l'expérience de ce qu'il nomme l'homme prudent, et sur le discernement qu'il a acquis, sachant que ces deux aspects forment la droite règle. Cependant, il nous indique qu'il existe un critère objectif constitué par la ligne médiane entre l'excès et la défaut, en quelque sorte une utilisation mesurée de la passion. Cette utilisation est en fait un équilibre dépendant d'un individu et d'une situation. Ainsi, les vertus coexistent avec des situations, sans elles, il n'y a pas de vertus définies, c'est pourquoi, l'existence précède, selon lui, la vertu.

Le tome deux d'Éthique à Nicomaque développe l'idée que les Hommes ont une capacité à la vertu mais qu'il faut en faire acte pour la concrétiser, il exprime l'idée que "c'est en bâtissant qu'on devient bâtisseur". Il serait donc impératif de cultiver de bonnes habitudes dès la jeunesse. De même, la vertu un état lorsque le plaisir ou le chagrin entre en considération, l'intérêt est là de faire faire ce qu'il y a de mieux. Aristote envisage ainsi trois manières de considérer une chose pour agir : le beau, l'agréable et l'utile qui s'opposent au laid, au nuisible et au désagréable. Aristote se demande comment distinguer une belle action d'un acte vertueux et explique comment une action juste existe dès lors qu'elle est effectuée en toute connaissance de cause, avec volonté et fermeté. Ainsi, la vertu serait l'état qui fait d'un homme quelqu'un de bon et qui lui permet de bien se comporter avant tout pour lui même, car le mal est un chose facile tandis que le bien est hautement compliqué. C'est pourquoi pour l'homme qui a de l'esprit, la vertu est issue d'une décision prise selon une moyenne que chacun se fixe.

Aristote écrit comment les actions ne peuvent cependant être toutes vertueuses, certaines sont mauvaise et il est illusoire de vouloir en atteindre un juste milieu. C'est pourquoi la vertu n'est pas la moyenne des actes posés par un homme mais bien le principe d'une action visant la moyenne des actions potentielles. Ensuite, l'auteur exprime la difficulté d'être vertueux, reprenant le thème du juste milieu pour le faire exister avec le bon moment, ce qui, d'après lui, nécessite le savoir. Ainsi, il faut choisir le moindre des maux et ne pas choisir le plaisir et l'agréable d'emblée.


[b]V [/b][/color][color=black][b]Aristote- Éthique à Nicomaque III - Le courage et la tempérance[/b]

Ce troisième tome de l'Ethique à Nicomaque traite de la question de la détermination volontaire, en particulier des conditions y conduisant. Selon Aristote, une partie de nos actions ne dépendent pas de notre volonté ce qui implique qu'il est impossible de nous en tenir pour responsables. Il s'agit des actes non consentis que nous produisons par ignorance ou par violence. En fait, le récit indique que, parfois, nous sommes soumis à des éléments extérieurs auxquels nous ne parvenons pas à résister, ainsi, il est alors simple de comprendre que nous ne sommes pas responsables de notre comportement. Cependant, il est à noter que, quelque soit l'action, cette dernière relève toujours d'un choix. Cela explique pourquoi l'on entreprend de mauvaises actions, simplement parce que l'on ignore son caractère néfaste et qu'en parallèle, l'on n'a aucune notion d'une action meilleure, il n'y a donc nul mal volontaire et donc, nulle accusation à tenir.

Aristote montre comment agir par ignorance est différent d'agir dans l'ignorance. En effet, dans l'ignorance suppose que nous sommes sous un effet qui nous fait perdre notre propre contrôle. Par ignorance suppose l'ignorance des circonstances particulières qui auraient pu orienter le jugement autrement. A cela, il faut mettre en perspective l'acte consenti qui réside dans le principe que l'action est prise par l'homme connaissant toutes les circonstances particulières. Ainsi, les actes commis par impétuosité ou désir relèvent tout de même du consentement. C'est pourquoi l'ignorance est parfois punie, lorsque des choses dépendaient de l'homme qui sait et qu'il aurait du savoir, cela peut nous conduire à comprendre que nous avons mal agit en reconnaissant notre ignorance et notre erreur. A noter que cette ignorance n'est jamais absolue car il faut toujours considérer que la volonté entre en jeu, en résumé, lorsque nos actions sont mauvaises c'est généralement parce que nous nous trompons sur les circonstances contextuelles et les moyens à employer. Aristote décrit aussi les actions faites par plaisir, indiquant que nous les faisons toujours de la même manière : en recherchant le plaisir, ainsi, nous en sommes donc responsables.

L'ouvrage s'attache ensuite à différencier décision et consentement, à montrer en quoi ce sont là deux choses différentes et en quoi un acte consenti n'est pas toujours le reflet d'une décision. Selon lui, la décision n'est pas plaisir, au contraire, elle peut contrarier ce plaisir. Elle n'est pas issue de l'ardeur non plus, tout comme du souhait car l'on peut souhaiter des choses impossibles. Le souhait est donc la finalité d'une action, la décision elle, porte sur les moyens. De même, Aristote indique comment une décision diffère d'une opinion car elle est définie par délibération or nous ne délibérons pas de toute chose mais seulement sur ce qui dépend de nous. Il faut aussi comprendre que les choses sont possibles lorsque l'on peut les faire par nous-mêmes. Ainsi, la délibération est prise par l'homme mais elle porte sur des actes qui ne sont pas des finalités, il y a un désir délibératif pour conduire à une fin souhaitable.

L'homme de vertu perçoit la vérité dans chaque chose car il est ce qui mesure cette vérité en tenant compte des plaisir ou des chagrins. Cela amène Aristote à parler de la responsabilité et à expliquer en quoi le vice et la vertu dépendent de nous, en quoi la méchanceté dépend d'acte consentis. Ignorer des lois connues de tous nous rend responsable. Il ajoute que le caractère de chacun est ce que nous nous sommes constitué au fil du temps, ainsi, nous en arrivons à adopter de mauvaises attitudes qui nous empêchent d'être bon, c'est pourquoi nous sommes responsables de ce que nous représentons. En conclusion, Aristote démontre comment nous sommes totalement responsables de nos actions, mais il pondère cela en disant que nous ne sommes que partiellement responsables de nos états, car ces derniers sont circonstanciés et contextuels.


[b]VI [/b][/color][color=black][b]Aristote - Éthique à Nicomaque IV - Les différentes vertus[/b]

Le quatrième tome d'Éthique à Nicomaque s'attache à définir les différentes vertus. Aristote les scinde en deux groupes : la vertu éthique ou prudence et la vertu intellectuelle ou sagesse. Il distingue donc les vertus intellectuelles que sont la sagesse, l’intelligence, la prudence, des vertus morales que sont la libéralité et la modération. il exprime le fait que la libéralité est un juste milieu entre l’action de donner et celle de recevoir des richesses tandis que la modération est celle définie par un juste milieu dans nos actes. L'ouvrage parle aussi de ce qui fait la nature de l'homme, de ce qui lui est propre et le distingue des animaux, à savoir sa raison. Les vertus intellectuelles sont mises en œuvre par une activité issues de l'activité rationnelle, tandis que les vertus éthiques sont dues aux mœurs et à l'habitude ; alors que les premières, comme la prudence, l'intellect et la sagesse, caractérisent les habitudes de méthodes et de réflexion qui règlent la vie intellectuelle, les secondes, comme le courage, la modération et la tempérance, ont pour fin de définir la conduite morale.

La prudence, est une vertu intellectuelle qui à trait à ce qu'Aristote nomme le bon agir. Il s'agit d'une disposition dont la finalité est le sujet qui agit sur lui-même, la prudence permet donc de devenir vertueux. Elle régule en quelque sorte les passions qui nous animent par la modération de nos passions et de nos affects en fonction des circonstances. Ainsi, alors qu'elle est dans la partie rationnelle de l'âme, cette vertu ne porte pas sur le nécessaire mais sur le contingent [ce qui n'est pas nécessaire NDLR], puisqu'elle est soumise aux circonstances. La prudence doit nous conduire à savoir quand être en colère, jusqu’à quel point et face à qui. C'est donc une capacité d'action, en fonction du contexte et de l'attitude qu'il est bon d'adopter en échos au contexte. La conclusion étant que l'homme prudent sait appliquer, après délibération, les principes universels aux situations particulières.

La sagesse est une vertu intellectuelle de la partie rationnelle de l'âme qui s'occupe du nécessaire. Elle est issue de principes théoriques et pratiques ce qui en fait donc une science qui consiste à savoir pourquoi les choses sont faites, dans quelles fin elles sont entreprises. C'est donc une science de la théorie qui cherche à connaitre le monde de manière scientifique, à décoder ce qui est nécessaire dans toute chose, on y trouve ainsi la physique, la cosmologie, l'ontologie et la théologie. Mais cette vertu est également un tout, elle englobe également la prudence et la vie vertueuse qui est, elle, pratique. Consistant à comprendre les vérités nécessaires, elle diffère des contingences et est dite divine. Le sage aura ainsi une vie de contemplation, loin des passions et des souffrances, selon Aristote, la sagesse est la plus haute forme que la vertu puisse prendre ce qui se traduit par cette citation : "L'ignorant affirme, le savant doute et le sage réfléchit".

Enfin, Aristote s'attache à aborder la crainte et le courage. Le courage est, selon lui, la moyenne entre crainte et intrépidité. Craindre le mal c'est l'appréhender ce qui amène à poser la question de savoir quand nous sommes courageux. il y répond en disant qu'il s'agit de ne pas avoir peur d'une belle mort ou d'une mort imminente. Il continue en expliquant que la crainte du redoutable est normale et que le plus courageux craint lui aussi, en conclusion, le vrai courage est donc une moyenne et non un excès ou un défaut.


[b]VII [/b][/color][color=black][b]Aristote - Éthique à Nicomaque V - La Justice[/b]

Le livre V de l’Éthique à Nicomaque consiste en un traité de la justice. il est intéressant de comprendre comment ce tome vient en conclusion de la réflexion sur les vertus morales, qu'Aristote a débuté au livre III et poursuivi au livre IV. Ainsi, le prophète a décidé de consacrer un livre entier à la vertu de justice. L'objectif de ce texte sur la justice, est de différencier la justice d'une approche seulement morale, ainsi Aristote élabore des distinctions entre justice générale, vertu de justice ou justice légale, et justice particulière définit par rapport à la notion d’égalité et non en rapport à la loi. Au sein du livre V, il va donc s'appliquer à travailler sur cette justice là qu'il divise ensuite en justice distributive et en justice corrective. La justice est, selon l'auteur, la plus importante de toutes les vertus, car non seulement elle nous impose de respecter les lois et l'égalité, mais aussi parce qu'elle est résultante de toutes les vertus dans notre rapport à l'autre. La justice distributive, qui permet à chacun d'obtenir ce qui lui est du, est l'essence même de la législation, elle est la colonne vertébrale de la cité.

Aristote distingue la justice en deux notions : la justice relative, qui est individuelle et qui dépend de l'autre, puis la justice globale et communautaire. La première constitue une vertu tandis que la seconde concerne les lois et la constitution politique et dépend avant tout de la raison. Ainsi, la justice passe dune notion d'idéal à une notion de politique. Aristote dit de celle-ci qu'elle est l'ordre objectif de la communauté politique, c'est pourquoi il traite de la question de l'injuste et du juste en expliquant que ce dernier est "ce qui produit et conserve le bonheur et ses parties pour la communauté politique". Ainsi, dans ce livre, l'auteur ne s'attache pas seulement à reprendre l'idée de Platon, mais explique que "la vertu de justice est la vertu par laquelle l'être humain accomplit sa finalité éthique". C'est donc en opposition à Platon qu'il se place, faisant de cette vertu un élément dépendant d'une situation et donc, d'évènements extérieurs à l'action de l'homme vertueux. Pour Aristote ce, dans l'unique but de conserver le bonheur pour la communauté : "le juste est le bien politique, à savoir l'avantage commun".

La clarté et la logique du texte sont ce qui marque avant tout le lecteur, en effet, il est établi sur la base d'un syllogisme, c'est à dire un raisonnement logique à deux propositions conduisant à une conclusion. Chacune des propositions est expliquée et argumentée et conduisent à une conclusion irréfutable ans la logique du texte. C'est ainsi qu'Aristote expose un principe universel qui constitue la première proposition : "le juste c’est l’égal". Il articule ainsi une seconde proposition dans laquelle il indique la nécessité de proportionner l’égalité des biens et des honneurs en fonction de l’inégalité des personnes. Selon lui, entre deux individus égaux, les objets sont égaux, et entre deux individus inégaux, ils sont inégaux. Mais, Aristote exprime l'idée que, dans les rapports entre ces deux individus et ces objets reçus, tout devra rester égal. C'est d'après ces deux propositions qu'il forme une conclusion disant que cette inégalité et/ou cette égalité des personnes pose problème. En effet, les critères d’appréciation varient et dépendent des régimes politiques, la question de la définition du mérite pour apprécier et hiérarchiser la valeur respective de chacun par rapport aux autres reste donc ouverte au débat de philosophie ou de conception de la vie politique. De même, définir le mérite pour comprendre et ordonner la valeur de chaque individu par rapport aux autres est complexe, et dépend de la conception politique et philosophique de la vie.


[b]VIII [/b][/color][color=black][b]Aristote - Éthique à Nicomaque VIII - L'amitié[/b]

Le livre VIII de l'Éthique à Nicomaque traite de l'amitié, phillia en grec désigne l'appartenance à une famille ou maisonnée "oikos", à des collectivités statutaires ou formées librement et, enfin, à la communauté politique dotée d’une constitution , la cité. Aristote débute son ouvrage en travaillant sur la nature de l'amitié, elle est ce qui est nécessaire pour vire, ce qui lie la cité. Elle est dirigée par le bien, l'agréable et l'utile et sous tend une bienveillance mutuelle.

Ensuite, l'auteur s'attaque aux différents types d'amitié, à leurs conditions et leurs causes : l'amitié fondée sur l'utilité et celle fondée sur le plaisir, deux amitiés fragiles qui se réfèrent au bien ou au plaisir. Il ajoute que l'amitié est basée sur la vertu, il s'agit de l'amitié parfaite, rare et très longue à prendre corps, elle vise toujours le bien de l'autre. Il compare ainsi l'amitié parfaite aux autres précisant que si des points communs existent, cette amitié parfaite est dénuée de tout intérêt personnel et reste la seule à exister qu'uniquement dans la vertu. De plus, il ajoute que l'amitié est incompatible avec l'absence et la solitude, elle prend source dans la vie en communauté. En outre, l'amitié est égalitaire.

Ensuite, Aristote évoque la juridiction de l'amitié, qui traite de l'égalité dans l'amitié. Si dans une amitié il existe une hiérarchie d'un individu sur l'autre (père/fils, mari/femme...), alors, l'affection est fonction du mérite de chacun et une égalité nécessaire doit s'installer pour cultiver l'amitié. Il évoque ensuite l'égalité dans la justice et dans l'amitié en parlant d'amitié donnée et rendue. L'égalité est quantitative et il est impossible qu'elle fasse avec une disparité sociale importante, en conclusion, il indique que l'amitié est plus aimer qu'être aimé. Cela l'amène à penser l'amitié passive au regard de l'amitié active : les personnes dont la condition est proche basent leur amitié avant tout sur la plaisir tandis que les personnes dont la condition est opposée basent celle-ci sur l'utilité.

Aristote ajoute qu'il existe une politique de l'amitié. L'amitié et la justice coexistent, en effet, mettre en commun des biens entre amis permet de définir l'amitié qui existe entre eux. Les amitiés particulières correspondent aux amitiés communautaires qui sont définies par ce qui est juste et donc, ce qui est dans l'intérêt de tous. Selon Aristote, les constitutions politiques sont toutes perverties, la royauté devient tyrannie, l'aristocratie devient oligarchie et la timocratie [C'est le gouvernement par ceux qui recherchent ce qui a du prix, de la valeur. NDLR] devient démocratie. Ainsi il existe des formes d'amitié correspondant à ces constitutions politiques : la royauté développe un amitié semblable au sentiment paternel, les rapports de justice sont conditionné au mérite. L'aristocratie développe une amitié semblable à celle que l'on retrouve entre mari et femme tandis que la timocratie développe une amitié fraternelle où chacun sera vu de façon égalitaire, ainsi, l'amitié et la justice ne coexistent pas dans la tyrannie mais sont essentielles dans la démocratie. Aristote termine en expliquant que l'amour entre mari et femme est fondé sur l'utilité et l'agrément, mais aussi sur la vertu.

Enfin, en conclusion de l'ouvrage, Aristote évoque les règles de conduite pour pratiquer l'amitié. Les vrais amis, égaux, se doivent d'être dans une égalité d'affection et de biens, par contre, dans l'amitié inégale, celui qui sera défavorisé fournira à l'autre, un avantage proportionnel à la supériorité de celui-ci. Ainsi, seule l'amitié utilitaire est codifiée par la loi et la morale, la règle étant fondée sur l'avantage de l'obligé, sur la nécessité de rendre autant voire plus que ce qu'il a reçu. 'est ainsi, qu'entre personnes inégales, chacune pense recevoir plus que l'autre mais c'est ce qui est reçu qui diffère : honneur pour le plus riche, biens pour le plus pauvre. Aristote conclue en indiquant que l'amitié ne réclame rien qui ne soit pas dans les possibilités de chacun des deux "amis".


[b]IX [/b][/color][color=black][b]Aristote - Éthique à Nicomaque X - Le vrai bonheur[/b]

Le livre X d'Éthique à Nicomaque, est le dernier livre de l'éthique et vient conclure l'ensemble de la réflexion d'Aristote sur le sujet. Il est ainsi divisé en deux grandes parties, une première traitant du plaisir tandis que la seconde traite de la contemplation et de la vie contemplative.

La première partie de l'œuvre est une introduction et une critique des conceptions philosophiques du plaisir par l'étude des opinions. La théorie aristotélicienne est ensuite expliquée avant que soit donnée une définition du plaisir : le plaisir n'est pas mouvement, il est un acte qui constitue en soi-même sa propre fin. Viennent ensuite une analyse du plaisir par rapport à la notion d'acte et enfin la question de la diversité des plaisirs. La seconde partie de l'œuvre décrit l'excellence de la vie contemplative et vient conclure l'ouvrage et clore l'Éthique à Nicomaque, en ouvrant sur les futurs cours de politique.

Ce livre X est donc d'une importance cruciale car il vient clore et accomplir tout le travail sur l'Éthique d'Aristote, s'attelant à définir ce qu'est le "souverain bien", objet final de l'éthique. Ainsi, ce dernier livre revient sur le premier et donne un structure cyclique au tout, la fin retrouve le commencement mais elle ouvre ainsi l'éthique sur la politique.

Aristote a donc développé les idées, au fur et à mesure du livre X, que le plaisir est une question éthique fondamentale, qu'il n'est ni mouvement, ni génération et qu'il existe une hiérarchie et une diversité des plaisirs. Il affirme que le plaisir est un acte mais pas un mouvement, donc un acte en soi qui est sa propre fin. Selon Aristote, le plaisir n'est pas le but de toute action humaine, parce que tout plaisir n'est pas bon. Le plaisir se retrouve dans diverses formes d'activités, un plaisir approprié ou une douleur peuvent appartenir à n'importe quelle activité. Le plaisir qui se situe dans certaines formes d'activités peut être bon tandis que dans d'autres formes, il peut être mauvais. La douleur pouvant elle-même être à la fois bonne et mauvaise. Le bonheur est une vertu, guidée par l'intellect et la raison, ainsi, il est une activité contemplative et non un simple moyen pour atteindre une fin, le bonheur est donc une fin en soi, il est unité de volonté et d'action. Il ne résulte pas seulement d'un sentiment de plaisir ou de satisfaction mais il est l'accomplissement de l'âme humaine. Aristote dit que les êtres humains sont heureux quand ils sont guidés par la raison.

Ensuite, l'auteur évoque la contemplation et stipule qu'on y trouve le bonheur, que la vie contemplative doit triompher, Aristote voit nettement dans le bonheur la fin de la vie, il pose la question de savoir quel est le souverain bien de notre activité. Il y répond en disant qu'il s'agit du bonheur, or, ce dernier consiste dans l'activité la plus parfaite de l'homme, c'est-à-dire dans la vie contemplative. Le sage qui contemple l'Éternel dans une vie de loisir incarne véritablement l'homme heureux. Toutes ces notions découlent sur l'avant dernier chapitre servant d'introduction à la politique puis sur une conclusion générale de l'éthique.


[b]X [/b][/color][color=black][b]Aristote - Métaphysique - Livre A[/b]

Le livre A est le premier livre de la métaphysique d'Aristote, il débute par une explication des connaissances de l'homme en hiérarchisant ces dernières, ainsi Aristote se demande-t-il qu'elle est la science la plus importante et ce qui la définit.

En premier lieu, il aborde les sensations : ouïe, odorat, toucher, vue, goût, qui nous sont plaisantes car elles qui nous apportent la connaissance. Ainsi, selon lui, apprendre sous entend l'utilisation des sensations et donc, avant tout, la connaissance du langage puisque l'ouïe nécessite la compréhension de ce qui est dit. A partir de la mémoire, Aristote en vient à parler d'expérience, constituée par les souvenirs d'une chose, définie par des expériences desquelles découlent un principe universel semblable à tous les cas : l'art. Celui-ci prend en compte la capacité à reconnaitre des cas similaires et la capacité à appliquer à ces cas une règle universelle. Selon Aristote, que l'art prend sa source dans les sensations, la mémoire, les expériences et enfin, le jugement universel. Il ajoute cependant que l'art sous tend le savoir et la compréhension, et qu'il peut s'enseigner car il est théorie. Il indique aussi que l'art se différencie des sensations qui ne constituent pas une science. Aristote en conclut que la connaissance la plus haute est la sagesse et qu'elle cherche les premières causes et les principes des êtres, c'est pourquoi il explique que les sciences théorétiques [sciences qui procèdent uniquement d'un point de vue théorique NDLR] sont plus nobles que les sciences pratiques.

Aristote tente par la suite de réfléchir sur les jugements qui sont portés à l'encontre du philosophe. Il serait celui qui possède le savoir général, celui connaissant les choses difficiles, celui pouvant enseigner les causes, celui dont le seul objet est le savoir et la science, et enfin, celui qui ferait les lois et commanderait. Il en déduit donc que la connaissance de toute chose est l'apanage de celui possédant la science de l'universel, ce qui est très complexe car ces connaissances sont bien trop éloignées des sensations. C'est pourquoi Aristote explique que ces sciences sont les plus exactes, qu'elle sont la connaissance des principes et des causes. Il conclut en disant que le philosophe est un scientifique théorétique des principes et causes premières.

L'auteur se questionne par la suite sur les origines de la philosophie, expliquant que les premiers "penseurs" furent poussés par l'étonnement et l'envie de dépasser l'ignorance. Il dévoile ainsi que la philosophie est la seule science qui soit libre car elle constitue en elle-même un fin. Selon lui, elle est aussi très complexe car il envisage qu'elle soit au delà de l'être humain, selon lui, si elle n'est pas autant nécessaire que les autres sciences, elle est avant tout la science des dieux.

S'ensuit une recherche sur la cause chez les premiers philosophes, amenant dans cette partie de l'ouvrage les quatre sens du mot cause : la cause formelle, la cause matérielle, le principe du mouvement et la finalité. On peut lire par la suite de complexes théories et idées sur la nature des choses, sur leurs causes, nombreux sont ceux cités par Aristote. Enfin, l'ouvrage se termine par plusieurs chapitres dont une critique des préplatoniciens ainsi qu'une critique de la théorie des idées de Platon.


[b]XI [/b][/color][color=black][b]Aristote - Métaphysique - Livre Γ[/b]

Le livre Γ (Gamma) est le quatrième livre de la Métaphysique d'Aristote, il traite de la science qui étudie l'être en tant qu'être et s'articule autour de huit chapitres.

Le premier s'attache à démontrer la nécessité d'une science qui étudie l'être en tant qu'être et les accidents propres de l'être. Cette science est différente de toutes les autres sciences particulières. Elle cherche la nature propre des principes et des causes les plus élevées des éléments de l'être, pas en tant qu'accident, mais en tant qu'être.

Le second chapitre apporte l'idée qu'il n'y a qu'une seule science qui étudie l'être en tant qu'être car même si être prend plusieurs acceptions, il n'a qu'un principe unique et une nature unique, donc une seule science.

Un troisième chapitre amène la notion que seule, la philosophie peut traiter des axiomes [vérité admise sans démonstration NDLR] mathématiques et de l'essence. Selon Aristote, les axiomes comprennent tout ce qui est, sans exception. Toutes les sciences se servent des axiomes dans un but précis. Il démontre comment c'est au philosophe que revient l'examen des axiomes puisqu'ils existent en tant qu'être dans toute chose. partant du principe qu'il y a quelque chose de supérieur aux êtres physiques, c'est celui qui traite de l'universel et de la substance première, qui doit étudier ce quelque chose, soit la philosophie première.

Le quatrième chapitre démontre qu'il n'y a pas de milieu entre l'affirmation et la négation. Aristote a démontré précédemment qu'il était impossible pour une même chose d'être et de n'être pas. Il établit ainsi par réfutation la voie des contraires pour une même chose. Il ajoute que signifier l'essence d'un être, c'est signifier l'identité de son existence.

Le cinquième chapitre s'attèle à démontrer que l'apparence n'est pas le vrai, il s'acharne à montrer comment la vérité diffère selon l'individu, les sensations et bien d'autres aspects, écorchant au passage ceux qui prônent la doctrine voulant que ce que nous observons est la vérité.

Le sixième chapitre continue dans la réfutation de ceux prétendant que tout ce qui parait est vrai. Car selon Aristote, si tout n'est pas relatif, s'il y a des êtres en soi, on ne pourra dire que tout ce qui paraît est vrai. En effet, ce qui paraît, ne paraît qu'à quelqu'un, ainsi dire que tout ce qui parait est vrai revient à dire que tout est relatif. Il faut donc, selon l'auteur, pour prôner une démonstration logique, prendre conscience que ce qui parait est vrai pour celui à qui il parait.

Le septième chapitre est le développement du principe disant qu'il n'y a pas de milieu entre l'affirmation et la négation. En effet, il n'est pas possible qu'il y ait un milieu entre deux propositions contraires car il faut nécessairement affirmer ou nier une chose et une autre. il y a forcément aucun intermédiaire entre deux choses car si tel était le cas, il devrait y avoir un passage entre deux contraires et cela n'est pas possible.

Le huitième et dernier chapitre réfute les systèmes de ceux qui prétendent que tout est vrai ou que tout est faux.


[b]XII [/b][/color][color=black][b]Aristote - Métaphysique - Livre E[/b]

Le livre E de la Métaphysique d'Aristote est le sixième livre de l'ouvrage, il s'attache à distinguer les diverses sciences selon plusieurs critères.

Dans un premier chapitre, Aristote nous dévoile qu'il s'agit avant tout de la recherche des principes et des causes de l'être, en tenant compte du mode d'être, de l'essence de l'être et de la définition de l'être. Il est, selon l'auteur, indispensable de différencier ce qui ressort de la matière et qui en est indépendant. Cela amène Aristote à faire émerger trois sciences : la physique, les mathématiques et la théologie. La physique étant la science d'un genre déterminé, science qui étudie une substance, son principe de mouvement et de repos, il la définit comme une science théorétique de la substance formelle liée à la matière. Les mathématiques constituent une science théorétique ayant pour objet l'étude de ce qui est immobile et lié à la matière. La théologie, enfin, est l'étude d'un être éternel, immobile et séparé de la matière, c'est la science la plus ancienne et son objet est ce qui est divin. Aristote indique par la suite qu'il n'y a pas uniquement ce qui est constitué par la nature, c'est pourquoi il indique que la métaphysique a pour objet l'étude de l'être en tant qu'être, son essence et ses attributs en tant qu'être. Elle est donc une science universelle car elle a trait aux fondements de tous les êtres.

Dans un second chapitre, Aristote avance les différents sens de l'être. Il y a dans un premier temps l'être accidentel, puis l'être qui désigne la vérité, et, en regard, le non-être qui désigne le faux. Il ajoute que chaque forme de l'attribution est une manière d'envisager l'être, celui-ci est à considérer selon son essence, sa qualité, sa quantité, le lieu, le temps et sous d'autres points de vue analogues. Enfin, Aristote parle de l'être en puissance et de l'être en acte. Il explique ainsi comment il n'y a pas de science de l'accident, il dit d'ailleurs : "la cause de l'accidentel, c'est la matière, en tant que susceptible d'être autre qu'elle n'est ordinairement". Aristote énonce qu'une science ne peut avoir pour objet que ce qui arrive toujours, avec certitude, c'est là l'unique chose qui peut être enseignée.

Le troisième et ultime chapitre de l'ouvrage traite des principes et des causes de l'accident, ceux-ci se produisent et se détruisent mais cela n'engendre ni production ni destruction. Aristote ajoute que si cela était différent, si la production et la destruction de l'accident avaient nécessairement une cause non-accidentelle, alors tout serait nécessaire. Il faut donc, pour étudier une chose remonter à l'instant actuel qui déterminera la direction prise par l'évènement. Aristote remonte ainsi à un principe, c'est le principe de ce qui arrive d'une manière indéterminée, ce principe, aucune cause ne l'a produit lui-même. L'auteur explique aussi que le faux et le vrai ne sont pas dans les choses, ils n'existent que dans la pensée. Il ajoute que l'être en question n'a pas d'existence propre car ce qui réunit la pensée au sujet ou les sépare, peut être l'essence, la qualité, la quantité, ou tout autre mode de l'être. Enfin, il conclut en disant qu'en déterminant le sens des termes de la philosophie, a été établi que l'être peut prendre plusieurs formes.


[b]XIII [/b][/color][color=black][b]Aristote - Métaphysique - Livre Z[/b]

Le livre Z est le septième livre de la Métaphysique d'Aristote, il traite de multiple sujets ayant un rapport avec l'être premier, la substance la forme, l'essence, l'art et le hasard. Il est composé de dix-sept chapitres qui s'articulent les uns aux autres de manière logique.

Selon Aristote, l'être se comprend de différentes manières, il a plusieurs sens, mais, au sens premier, il est "ce qu'est la chose" c'est à dire la substance. Le reste ne sont êtres que parce qu'ils sont déterminés par la quantité, la qualité et autres. En chacune de ces choses existe un sujet réel et déterminé : la substance et l'individu. Ainsi, l'être absolument parlant est la substance. L'existence de la substance se voit surtout dans les corps. Aristote pose ainsi la question de savoir s'il existe d'autres substances. La substance a un grand nombre de sens, dont quatre principaux : l'essence, l'universel, le genre, ou le sujet. Ainsi, elle se rapporte à la matière, et la matière première est donc ce qui, n’a ni forme, ni quantité, ni aucun autre attribut. Aristote explique que la substance est première de manière absolue, et selon toute logique, elle est première dans la connaissance et dans le temps. Il ajoute que la substance a pour essentiel caractère d'être séparable, ainsi, dans la définition de chaque être on trouve celle de sa substance. Il continue en expliquant que nous croyons connaître une chose avec certitude lorsque quand nous savons ce qu'elle est. Il prend l'exemple de l'homme qui est autre que ses qualités.

De toutes les choses, les unes sont des productions de la nature, les autres de l'art, les autres du hasard. Dans toute production il y a une cause, un sujet, puis un être produit dans tous les modes de l'être : essence, quantité, qualité, lieu. Ainsi les productions naturelles sont celles des êtres qui proviennent de la nature, et ce dont un être provient, c'est ce qu'on appelle la matière, ce par quoi une chose est produite est un être naturel. Tout être en devenir a une cause productrice, c'est le principe de la production, Aristote ajoute qu'il a aussi un sujet. Il indique que la seule chose qui devienne, c'est ce qui réunit la forme et la matière, ainsi, dans tout être qui est devenu, il y a de la matière. On trouve d'un côté la matière et de l'autre la forme.

Aristote s'attache à démontrer ensuite, comment certaines choses proviennent de l'art ou du hasard. La cause, réside dans le fait que la matière est une partie des choses et qu'elle peut avoir, dans certains cas, un mouvement propre, ce qui peut expliquer le hasard. Il cherche ensuite à savoir si la définition des parties entre dans celle d'un tout. il différencie les parties de l'essence aux parties de la matière, ainsi l'homme est un somme des parties de la matière qui le compose : os, muscles, nerfs...etc. Cependant, tous les êtres ne sont pas fait de matière, ainsi tous les êtres immatériels, par exemple la forme considérée en elle-même, ne peuvent absolument se résoudre dans leurs parties. Aristote indique que la difficulté est de déterminer quelles parties appartiennent à la forme et quelles parties appartiennent l'ensemble de la forme et de la matière, sans cela, il n'est pas possible dé définir les individus. C'est pourquoi ce qui entre dans la définition, c'est l'universel et la forme. Il explique ensuite que rien d'universel n'est une substance et réfute ainsi ceux qui admettent que les idées sont substance et qui leur attribue une existence propre. Il continue en ajoutant qu'il ne peut y avoir ni définition, ni démonstration de la substance des êtres sensibles particuliers, qu'il n'y a pas de substance composée de substances. L'ouvrage s'achève sur des observation ayant pour intérêt la substance et la forme substantielle.[/color][/quote]

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