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 Saint Thanos

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Richelieu1
Cardinal Archevêque d'Aix-en-Provence
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Lieu RP : Brignoles

Feuille de personnage
Nom et prénom: Ludovi de Sabran
Paroisse: Brignoles

MessageSujet: Saint Thanos   Mer 30 Mar 2011 - 21:20

Citation :
Le Livre des Vertus
Les Apôtres - Hagiographie de l’apôtre Thanos





I : L’enfance de Thanos :

Thanos fut l’un des nombreux enfants d’une famille méditerranéenne comme on en voyait tant en ce premier siècle entre Akko (Acre, rebaptisée Ptolémaïs à notre époque) et Tyr.
Isolée sur un vaste domaine brûlant et broussailleux, relativement loin de la Mare Internum (Mer Méditerranée) la famille cultivait avec ardeur la figue, l’olive, et quelques céréales. Les chèvres, leur lait et les fromages qu’ils fabriquaient à l’ombre de caves creusées avec difficulté, dans cet endroit aride bien souvent, complétaient leur production.
Si la profusion n’était pas au rendez-vous chaque année, jamais la famille ne connut la faim ni la soif.
Un puits très ancien, rarement asséché, permettait l’abreuvée des animaux et des gens.

L’étrangeté de cette demeure résidait par son pigeonnier, insolite en cet endroit.
Le père appréciait que ses cinq ainés, alors qu’ils gardaient les troupeaux dans les collines avoisinantes, ne soient isolés en cas d’ennui : ils emportaient chaque matin un des volatiles.
Ces oiseaux étaient de la meilleure race, fidèle et diligente ; c’était un riche marchand de Tyr qui en avait offert deux couples l’année où ce dernier avait versé son chargement précieux dans une crevasse ; la famille l’avait aidé à pratiquement tout récupérer.
Cet évènement s’étant passé peu après la naissance de Thanos, il les avait toujours connus.

Leur maison basse était cernée d’arbres de Judée, et sous cette ombre bienfaisante, le petit Thanos naquit en l’an VII. Ce fut le dernier d’une fratrie de sept garçons.
L’amour et le travail étaient les seuls maîtres de cette famille simple, qui se retrouvait réunie chaque levers et couchers de soleil que Le Très-Haut envoyait.
Ces paysans, aimaient la Terre avec la simplicité efficace des cueilleurs et éleveurs.

La mère, Ayala, avait eu la chance d’apprendre à lire lorsqu’elle était enfant, car elle avait été élevée près des Romains.
Ce savoir merveilleux, elle avait tenu à en instruire son époux, Gamliël, (dont le nom signifie " Dieu a été généreux avec moi") et par la suite à le partager avec tous ses enfants dès que leur attention le permettait.
Un seul ne put jamais déchiffrer, l’avant dernier, car il était différent : il contemplait sans cesse son entourage sans le comprendre vraiment, et son jeune frère Thanos eut pour mission de l’assister dès que la réflexion lui vint, ce qui fût précoce.

Ainsi, lorsque Ayala cuisait chaque semaine les miches de blé ou d’orge dans le four familial, elle pouvait sourire tranquillement en voyant ses deux jeunes derniers se tenir sereinement ensemble à l’ombre des oliviers, l’un aidant l’autre avec patience pour se vêtir ou se laver, ou lui moduler sur une flûte de bambou quelque douce mélopée qui enchantait le Simplet.
Celui-ci avait à peine un an de plus que lui, mais en paraissait bien moins. L’un était robuste et bien bâti, l’autre malingre et légèrement difforme.
Thanos lui apprenait également à tresser des paniers, ce qu’il arrivait à faire, laborieusement il est vrai, mais tous les fruits familiaux trouvaient place dans les paniers de Thanos et de son frère Guéchèm. (Qui signifie en Hébreu « pluie », bénédiction dans la région aride de Thanos.)

Thanos restait des heures avec ce frère défavorisé par un accouchement difficile, ce qui l’avait sans doute privé de respiration quelques temps à sa naissance. C’est peut-être ce qui le prépara à sa vie future, ce qui le rendit à l’écoute des plus innocents, le fit le plus serviable des environs envers les plus démunis par la nature, lui apprit la lenteur de certains êtres, et le convainquit que le droit à la différence se devait d’exister.
Mais Thanos, pour l’heure, riait de bon cœur avec son frère Guéchèm, car les voies Du Très-Haut sont impénétrables.


II : Le vagabond.

Ce qui différenciait Thanos de ses ainés, c’était sa facilité à repérer dans les écrits du Prophète Aristote, que toute la famille suivait au village voisin avec ferveur et assiduité chaque dimanche, les messages profonds qu’ils induisaient parfois.
Mais lui se sentait souvent comme un vagabond errant au travers de ces écrits. Cependant, il en ressentait la puissance et la pertinence des mots.

L’attachement des deux enfants dura longtemps, mais non indéfiniment : une nuit, Guéchèm ne s’éveilla pas et la douleur de Thanos l’étreint tant qu’il resta trois jours à réfléchir isolé dans un coin de la chèvrerie après l’ensevelissement. Le rite funéraire ne compta pas ses larmes… Mais la vie était si difficile et si constante à cette époque que nul ne pouvait stopper le labeur coutumier : la famille continua très rapidement les soins aux bêtes, aux arbres, et à la petite vigne qui courrait le long d’un des murs de leur demeure et s’élevait gaiement en treille.
Ce n’était point indifférence, mais seulement besoin vital : la vie a toujours plus d’exigences que la mort.
Seul Thanos restait figé, tenant tristement entre ses mains le dernier petit panier de Gioseh, non terminé…
Sagement, ses parents, affligés eux aussi d’avoir perdu leur fils innocent, le laissèrent, tout en veillant toutefois à ce qu’il s’alimenta et but un peu.

« - Mère ! » Dit-il enfin, sortant le quatrième matin de sa léthargie, le visage pâli par la souffrance du deuil. « - Mère, est-ce que Père et toi accepteriez de me laisser voyager ? Quelques amis doivent mener au-delà du village un troupeau de chèvres et quelques moutons au grand marché de la ville. »

Avant que la mère effondrée ne puisse refuser, ne voulant point encore être séparée d’un autre de ses enfants, Gamliël le père arriva, et dit :
« - Allons ma femme, il faut que la peine se tasse, Thanos ne peut vivre heureux là où son frère lui manque, comme nous tous du reste, mais pour lui il faut admettre que c’est encore plus douloureux.
Laissons le aller, Ayama, et prépare lui un petit baluchon de fromage et de pain, de figues et d’olives.
»

Et, se tournant vers celui qui était à présent le plus jeune de ses six fils :
« - Prends une gourde de peau de chèvre, Thanos, et remplis la de l’eau pure de notre puits.
Je te donne mon manteau, imperméable, il te servira de couverture les nuits fraiches, et ces trois pigeons- soigne les bien. Tu nous les enverras s’il t’arrive quelque chose d’exceptionnel.
N’oublie pas de leur parler chaque jour pour les rendre heureux.
»

Il tendait à son fils une cage ou trois des volatiles préférés de son père vivraient désormais…
Gamliël ajouta, devant toute la fratrie réunie solennellement : « - Goûte à cet or délicieux et collant, mais ne t’y attache pas. »
Il lui fit manger une cuillerée de ce miel sauvage et rustique que l’on découvre parfois au creux des collines…

Et encore : « - Bois de ce sang qui renforce et désaltère, mais ne t’enivre pas. »
Il lui fit boire une gorgée de ce vin âpre et sombre qui fleurait le terroir méditerranéen et les épices…

Et aussi : « - Régale toi de ce qui t’a nourri lorsque tu étais enfantelet vêtu de lange, mais ouvre toi à d’autres nourritures et grandit. »
Il lui offrit une bolée de lait, blanc et crémeux.

Après les regards et étreintes chaleureuses circonstancielles, il annonça pour terminer les adieux : « - Que chacun fasse ce qu’il doit faire à présent. »

Ainsi béni par le patriarche de la famille, Thanos se coupa un épais bâton d’olivier, puis s’en fut en jetant un dernier regard à la douceur de l’enfance.
Il ramassa non loin de là un rameau de buis, qui lui rappellerait à perpétuité son lieu d’origine.
Il eut la prescience fugace et indéniable qu’il ne reviendrait jamais. Il sentait que quelque part son destin le cherchait.
Il vagabonderait avant de le trouver…
Il venait d’avoir 17 ans.


III : Sa rencontre avec Christos :

Citation :
« Ah, je me souviendrai toujours de ce jour mes amis. Après être sortis de la Basilique, nous nous sommes retrouvés face à un groupe de badauds qui s’invectivaient vertement. Nous avons essayé de retenir Jeshu, que l’on appelait Christos, mais celui-ci ne nous écouta pas et s’approcha de ce groupe de querelleurs.
Il comprit bien vite la cause du conflit ; Face à lui, un mouton se trouvait perdu, terrorisé par les cris qui venaient de toutes parts. A sa gauche se trouvaient des adeptes des cultes païens, leur prêtre en tête, tenant à la main un long couteau. A sa droite, se tenaient quelques-unes de ces personnes déçues par le paganisme, et suivant les préceptes d’Aristote d’une manière moins détournée que les premiers, ils s’étaient massés pour dénoncer le sacrifice barbare qui se préparait en l’honneur des faux dieux. Chaque camp hurlait avec véhémence contre l’autre.


Alors, Christos appela à lui, calmement, l’animal terrorisé, qui avança docilement vers lui. Christos le caressa, puis lui dit de s’en aller. Le mouton partit alors. Mais le prêtre païen était furieux de rage contre Christos et s’avança vers lui, le couteau levé. C’est alors que nous nous interposâmes, Titus, Paulos et moi, bientôt rejoints par neuf autres de ces déçus du paganisme qui s’étaient assemblés à droite. Mais Christos s’avança et fit face au prêtre. Celui-ci croisa alors le regard de l’être béni de Dieu, s’en détourna, et partit sans mot dire, la foule des infidèles le suivant d’un air penaud.
Alors, nous autres, les douze qui avions voulu défendre Christos, hébétés par ce qui venait de se passer, nous nous tournâmes vers ce mystérieux homme.

L’un de nous, quelqu’un que je ne connaissais pas encore, mais qui se nommait Thanos, lui dit :
" Mais qui es-tu donc, toi dont le calme et la douceur ont raison de l'infamie païenne ? ".

Alors, Christos lui répondit : " Mon nom est Christos, fils de Giosep et de Maria. Les gens qui me connaissent disent de moi que je suis le messie, car j’aime Dieu et j’aime mes semblables".

Alors, nous nous écriâmes : " En vérité, aucun de nous ne doute de ce fait. Grâces soient rendues au Très Haut de t’avoir envoyé à nous, afin que Sa parole illumine nos vies et que la prophétie d’Aristote se concrétise. "

Et Christos répondit enfin : " En vérité, il est bien triste que tant d’enfants de Dieu se détournent de Son amour. Il leur faut des guides afin que les erreurs passées soient effacées. Voulez-vous me suivre et vous faire apôtres de la parole de Dieu ? "

… Les neuf qui ne connaissaient pas Christos se regardèrent, qui semblaient partagés entre la joie et l’angoisse. Ils demandèrent à celui qui se disait le Messie ce qu’il fallait faire pour le rejoindre. Et ses amis écoutaient et approuvaient Christos. Ils étaient désormais douze à le suivre.
Les six femmes se nommaient Adonia, Calandra, Hélène, Kyrène, Ophelia et Uriana. Les six hommes se nommaient Daju, Nikolos, Paulos, Samoht, Thanos et Titus.

« - Vous diffuserez la bonne nouvelle à toutes les nations en aidant Titus à créer mon Église. Alors, mes apôtres, mes clercs, à vous de suivre le chemin que j’ai tracé pour vous, à vous de baptiser ceux qui veulent entrer au sein de la communauté des fidèles de Dieu, à vous d’ordonner prêtres ceux qui souhaitent se consacrer tout entier à l’amour de Dieu, à vous d’entendre en confession ceux qui souhaitent être lavés de leurs péchés, à vous de punir ceux qui ne sauront pas se montrer dignes de l’amour de Dieu et de prêcher au moins chaque dimanche, afin que la volonté du Très Haut s’accomplisse. »


IV : L'Apprenti.

Durant les années suivantes, Thanos suivit Christos et ses Frères et Sœurs, écouta, observa, et donc apprit.
S’il connaissait le Dogme, et Aristote, il en intégra toute la puissance au travers des actions et des paroles de Christos.
S’il avait ressenti de tout temps en toute inconscience l’amour fraternel, filial et parental, l’amour du travail bien fait, l’amour contemplatif envers les Créations du Très-Haut, l’amour du Dogme, enfin et surtout l’amour envers Le Très-Haut, il en ajouta un de plus, l’amour envers Christos ; et plus il Le connaissait, plus il percevait la justice, la bonté, la haute spiritualité, l’intelligence et la sensibilité ferme de leur Maître à tous.
Maître dans ce que ce mot implique de grandiose, de professoral et de bienveillance.

Cette fois il avait conscience de ce qu’il recevait, et en remerciait Le Très-Haut par la prière et l’exemple. L’esprit de Thanos s’entrouvrait chaque jour un peu plus au contact des enseignements de Christos et à celui de la fraternelle amitié des autres Apôtres.

Son âme se forgea, comme une lame d’épée devient étincelante après les diverses étapes qui soumettent sa matière vers la force et la beauté, sa forme et sa brillance.

V : Le premier pigeon.

Mais nul n’atteint la perfection chez les êtres humains.
…En ce temps-là, Christos et les Apôtres étaient tous sereins - les flammes empourprées et dorées du couchant éclairaient encore une nuit juvénile.
Sur la berge méditerranéenne, ils formaient tous un cercle dont le centre ne concurrençait point l’Astre Solaire, mais dorait tranquillement un agneau enveloppé de fenouil, fort abondant dans cette région ; être unis pour un repas commun n’empêchait nullement les discussions, et chaque soir un feu de camp les tenait éveillés un peu. Parfois même, d’autres voyageurs se joignaient à eux. Ainsi l’avait permis le précurseur incontesté des feux de camps de voyages, un certain Macgroar.

Ils avaient quitté les bruits et l’agitation de Laodiceia (Laodicée, Latakia, Lattaquié ou Latakiyah), cette ancienne ville Séleucide, puis Romaine, à présent Judéenne, dont le faste et la richesse réjouissaient le cœur de ses habitants.
Sur les flancs de collines en pente douce qui l’entouraient, et loin vers l’est, les vignes cultivées faisaient fructifier l’économie de la ville, et son port magnifique et admirablement construit desservait nombre d’autres cités et îles importantes.
Les riches marchands ployaient sous l’or et les ornements précieux, déployaient leurs somptueux habits de soie douce comme une caresse, ou de lin teinté de couleurs vives et chaudes.
Les demeures étaient bâties solides et belles, les animaux avaient pour la plupart un air dodu ou pansu, rarement vu dans nos bergeries ou écuries occidentales.
Sur les étals des échoppes, les filets de pêcheurs et les paniers des cueilleurs regorgeaient de poissons excellents et de fruits et légumes superbes. Les sacs de chanvre étaient emplis d’épices rares et odorantes.
Cela n’empêchait pas la pauvreté. Simplement celle-ci se cachait à l’extérieur de la ville.

Thanos :« - Vois, Christos, comme les gens ont l’air heureux dans cette ville ! Excepté sans doute ce pauvre esclave dont l’échelle lui a littéralement explosé entre les mains ! Comme son propriétaire tempêtait ! »

Tous se mirent à rire à cette évocation, car l’homme joufflu et furieux s’était montré ridicule et comique, et n’était pas à plaindre : il avait pu immédiatement en racheter une autre !

Christos reprit après quelques instants, son visage émacié redevenu sérieux :
Christos :« - Vois, Thanos, comme ceux qui habitent dans la périphérie sont tristes, et démunis d’écus !
»
Thanos :« - Je ne sais pourquoi ils n’en demandent pas, regardent tous les écus que les marchands m’ont offert sans que je ne leur réclame rien ! »
Christos :« - Ils t’ont donné cette bourse pleine car ils voulaient entendre notre histoire et des nouvelles de lointains horizons, durant leur repas. Ils t’ont acheté avec ces écus d’or qui ne sont rien pour eux. Ils voulaient se distraire, mais non réfléchir à un prêche.
Mais… Tu as dû être assoiffé à parler ainsi de longues heures pour les satisfaire… T’ont-ils offert à boire ?
»

Christos souriait… Thanos soupira, il avait compris un peu tard. Il détenait encore en lui la naïveté de l’extrême jeunesse…

Thanos :« - … Non… Ils m’ont jeté cette bourse à la fin de leur repas, puis m’ont ordonné de repartir.»
Christos :« Et tu es venu me rejoindre pour entendre mon prêche, que je clamais non loin de l’entrée de la ville, près des masures des sans-emplois ou malades».
Thanos :« - C’est vrai, j’ai même remarqué que ceux-ci étaient plus enclins à écouter ton prêche que les autres, fort occupés à leurs affaires. Et ils m’ont offert de l’eau de leurs pauvres jarres.»
Christos :« - Vois-tu, lorsque l’or est abondant, on n’est pas certain de le posséder. C’est plutôt lui qui nous possède».
Et Thanos se souvint de la première des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « - Goûte à cet or délicieux et collant, mais ne t’y attache pas.
»

Christos lui souriait, et Thanos eut la certitude qu’Il savait ce dont il se souvenait à ce moment précis.
Alors Christos lui dit :

« - La cage que tu transportes avec précaution te pèsera longtemps, car tes trois oiseaux messagers vivront heureux jusqu’à leur arrivée dans leur pigeonnier natal.
Ainsi sera.
»
Et Christos se resservit d’une tranche de gigot sans plus de manière.

Sans rien ajouter, Thanos se leva et choisit un des trois pigeons, duquel il préleva doucement une plume rectrice, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :



L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.
Le lendemain Thanos déposait discrètement les écus d’or au creux des paumes des mendiants, qui lui avaient donné à boire.
Il garda la plume.


VI : L’artisan.

Thanos, comme ses compagnons, continuait se suivre l’enseignement prodigué chaque jour par Christos par l’échange, l’exemple, les actions et les paroles.
Pendant sa prédication, Christos et ses apôtres se rendirent en Galilée, en Judée, en Samarie, en Phénicie.
Ils descendirent les rives du Jourdain jusqu’à la mer Morte, remontèrent jusqu’aux rivages d’Antioche. Ils entrevirent même une fois au loin le Mont Sinaï…
Ils traversèrent de nombreuses cités, toujours prêchant : Capharnaüm, Tibériade, Gennésareth, Sychar, Magdala, Césarée de Philippe, grimpèrent le Mont Thabor, retournèrent à Nazareth.
Et toujours Christos commençait ainsi ses prêches :

Citation : " Je suis Christos, de Nazareth, le Messie, guide et miroir de la divinité, habité par Dieu. Aristote le prophète avait annoncé ma venue, afin que je vous montre la voie à suivre pour vivre dans l’amour Du Très Haut. "
Et beaucoup s’approchaient, et beaucoup l’écoutaient, et beaucoup l’entendaient…

Ils arrivèrent enfin à Jérusalem, et le parcours de Christos s’arrêta car il y fût condamné dans d’inhumaines conditions, comme prévu par Le Très-Haut.
Durant tout ce parcours, Thanos comme les autres apôtres avaient écouté, suivi, appris.
Leurs corps étaient devenus robustes et souples, et dans leurs esprits, déjà éveillés à la spiritualité, s’était inscrits l’histoire et les messages Divins.
Ils s’étaient transformés tout au long de ce périple, lentement mais inexorablement, de part la volonté Du Très-Haut et de Christos, ce qu’ils deviendraient bientôt pour le bien de l’humanité, en partageant avec quiconque le désirait une Foy simple, mais non sans exigences.

Ils devenaient les futurs Artisans de l’Église, « Unique, Sainte, Aristotélicienne et Apostolique ».


VII : Le deuxième pigeon.

Las !
Nul ne peut revenir sur le passé, qui fait du grand peuple Du Créateur ce qu’il est aujourd’hui…
Le si chèrement désiré Libre Arbitre spécifique aux humains les conduit ou du moins les entraîne souvent dans les voies inextricables du malheur.
Les horreurs commises au nom de valeurs personnelles et bestiales, menées sans contexte par la Créature Sans Nom, se résument à une seule phrase :
Christos fût « jugé », torturé puis crucifié, jusqu’à ce que Sa mort s’en suive.

Durant tout le temps de son martyre puis de son agonie, il resta confiant envers Son Père, et supporta avec force, intelligence et charisme tout ce qu’Il devait supporter : il priait. Sa réputation en grandit encore.
Son visage illuminait, et irradiait d’or pur les nombreuses personnes qui le soutenaient de leur Foy et de leur attachement à la Parole Sacrée.

Citation :
1) Vita de Christos, chapitre XVI
Souvenirs de Samoth, racontés en 87 après Christos, par Trufaldini.

« On cloua Christos sur une grande croix de bois que l’on hissa ensuite sur la colline. Et Christos se retrouva là haut, dominant les autres humains… Tel un agneau, il avait été sacrifié sur l’autel de l’ordre établi parce qu’il remettait en cause la société de l’époque et ses fausses valeurs. »

Tous comme les autres apôtres, Thanos était anéanti… Il s’éloigna du lieu du supplice.
Pleurant du fond de son âme, hébété et ne pouvant en supporter davantage, il suivit un admirateur de Boulasse et s’enivra de désespoir.
Le Ciel lançait la foudre et le tonnerre sur les païens.

2) Vita de Christos, chapitre XVI. Souvenirs de Samoth, racontés en 87 après Christos, par Trufaldini.
« … Mais après un moment, la nature s’apaisa, la pluie cessa, les éclairs s’arrêtèrent, les grondements du tonnerre se turent et les nuages s’écartèrent, vaincus par le rayon de lumière, grandissant, dont le flot inondait maintenant la colline.

C’est alors que nous vîmes apparaître, dans ce halo bienfaiteur, une nuée d’anges célestes. Tous descendaient du ciel avec grâce, volant au dessus de l’éminence. Ils prirent le corps du messie, guide et miroir de la divinité, et le hissèrent jusqu’aux cieux, l’emmenant rejoindre le trône de Dieu. »

3) Hagiographie de l’apôtre Titus. Traduit par les Frères Maisse Arsouye, Nsaymar et Pons d'Agoult.
« …Rapidement, les apôtres se séparèrent. Chacun se choisit une voie, une façon bien particulière de servir Christos et son message. Juste avant la séparation, Titus distribua à chaque apôtre une bague portant une pierre pourpre, un rubis, en souvenir de leur amitié et de leur mission. La bague de Daju fut remise à Anaclet, un jeune homme qui était devenu l'ami de Titus et Samoht. »


… Thanos, soulé et abruti par trop de vin, profondément abattu par un chagrin plus profond qu’un puits artésien Tyrien, retrouva enfin l’espérance et le courage au petit matin du troisième jour.
Une nausée subite le vida littéralement de sa vinasse, qui l’avait empêchée de se mouvoir trois jours.
Tremblant et pleurant, il se releva difficilement, mais finit par se tenir droit. Son âme se releva également.
Un rubis à son doigt scintillait autant que le sang versé à la gloire Du Très-Haut.

Et Thanos se souvint de la deuxième des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « - Bois de ce sang qui renforce et désaltère, mais ne t’enivre pas. »
Il prit son deuxième pigeon, duquel il préleva doucement une plume rémige, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :



L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.

Non sans lui rappeler une situation déjà vécue au départ de sa petite maison natale, il étreignit une dernière fois ses compagnons, et partit en direction de la Mare Internum (méditerranée), au-delà des frontières connues.
Il avait vingt-sept ans.
Il garda la plume.


VIII : L’érudit.

Le quotidien devint plus solitaire, mais point dans l’acédie, car Thanos prêchait avec ferveur la bonne Parole tout au long de son avancée vers la mer, et le souvenir de Christos et de ses anciens compagnons le soutenait.
Il arriva ainsi après plusieurs mois dans la ville portuaire de Byblos, en Pays de Canaan.

Une foule s’y agitait dans ce qui paraissait être une joyeuse pagaye, mais tout y était organisé : les ports étaient immenses, car les bateaux s’y construisaient à l’endroit même.
De nombreux habitants arrivaient des environs pour aider au charpentage, aux tissages des grandes voiles, aux maçonneries diverses. Des chefs de chantier y mettaient bon ordre.
La ville, entre autres, exportait ses bois précieux, (cèdres du Liban) et ses textiles travaillés avec finesse, certains coquillages des parages permettaient aussi la fabrication de pigments, très prisés à toute époque. Byblos était dynamique et riche.

Thanos décida alors de mettre de côté un petit pécule pour subsister à ses besoins nouveaux d’études, il était devenu fort avec le temps, son intelligence servait ses prêches et il avait bonne mine à force de se nourrir de lait et de fruits. Ainsi il était rapidement embauché chaque jour, pour des salaires conséquents.
Avant de s’embarquer pour un très long voyage, il s’inscrivit à l’Université du coin, pour suivre quelques cours d’astronomie, cette très ancienne matière avait pris quelques essor et nouveautés.
Cela lui devrait lui servir un jour…
Il progressa dans son écriture sensiblement, et fit provision de petits vélins.
Cela devrait lui servir également un jour…

Il partit enfin, et ses escales furent nombreuses, ponctuées d’orages ou de temps clair, de soleil ou de vents.
Il passa par les îles de Cyprus (Chypre) et de Rhodes, avec un arrêt à Xanthos. Puis un autre navire l’emporta en Peloponnésus Créta (Crète), puis entre la Sicile et l’Hesperia (l’Italie), et enfin il reprit la mer Tyrrhénienne en se dirigeant vers l’île d’Elba.
Durant toute la navigation, Thanos prêchait chaque soir une heure, lorsque le temps le permettait, et nombre de marins transmirent ce qu’ils apprirent en ces longs mois de navigation dans leurs ports de rattache lorsqu’ils y rentraient.
Les tavernes eurent moins d’hommes avinés, et plus de Croyants.
Mais il y eut toujours autant de débats…

Thanos utilisait le reste de son temps à écrire sur ses feuillets, arrangés en carnets, son itinéraire de prêches, ses sermons ou homélies, sa vie passée avec Christos et les apôtres, et y ajoutait ses iconographies. Il tenait ce journal avec soin, et ténacité.
Il était aimé des équipages, et rendait de grands services grâce à ses connaissances en astronomie :
il suivait la bonne étoile. Il était profondément respecté de tous.
La Parole Divine voguait au travers des eaux, et les ondes écumeuses l’envoyaient loin vers des peuplades reculées.
Mais un naufrage failli changer le cours de son destin, alors qu’il s’était rembarqué pour La Gaule, par la mer de Ligurie, où pourtant la plupart des jours étaient calmes et ensoleillés.
Il avait presque la quarantaine.


IX : Le troisième pigeon.

Cette nuit-là, les nues épaisses recouvraient les cieux embarrassés de tourmente, et cela nuisait à sa bonne lecture. Même Thanos ne savait en déchiffrer le sens pour bien diriger le navire.
Celui-ci était secoué dangereusement par des lames coupantes comme rasoir, et le bateau fût vite drossé sur une déferlante qui l’emporta sur un minuscule îlot non répertorié qui saillait à cet endroit.
Couché sur son flanc comme un taureau abattu, et déchiqueté à fond, le bâtiment gisait éventré, irréparable, sur un rivage froid et gorgé de pluie.
Ceux qui restaient de l’équipage et Thanos se relevèrent toutefois et remercièrent Le Très-Haut de leur avoir laissé la vie sauve…

Le lendemain, sous des cieux plus cléments, quoique encore très venteux, ils examinèrent la petite île.
Ils s’étaient naufragés sur « l’île des goélands » comme leur expliquèrent plus tard les habitants.
(Gallinara, est un îlot situé près de la côte de Ligurie dans la Rivière du Ponant face à la commune d'Albenga.)
En effet, ces gros oiseaux y nichaient fort nombreux, mais leurs fientes servaient les feux, et leurs œufs étaient appréciés.
Un seul village y siégeait, et les habitants les reçurent bien, les soignèrent et leur servirent du lait, du poisson et du pain, des baies succulentes et sombres, qu’ils préservaient remarquablement dans des amphores de leur fabrication.
Les aliments n’étaient point trop variés, peu de choses poussaient dans cet endroit, l’île était si petite qu’elle était pauvre en céréales, et si cernée de gros rocs hérissés et saillants qu’aucun navire ne se donnait la peine d’y accoster.

Les Îliens, au nombre d’une vingtaine de tous âges, ne connaissaient pas Christos, et leur paganisme était apparent : ils adoraient une idole représentant une chèvre, animal qui leur fournissait le lait et le fromage, les peaux et la colle. La statue trônait près de l’unique source, elle était construite en terre cuite.
Ils étaient innocents et courtois, tranquilles et souriants, peu curieux et extrêmement doux. La vie coulait sur eux comme la crème bise du lait glisse lentement sur une galette d’orge.
Thanos n’eut aucun mal à les enrichir par le Dogme, ni de leur faire vivre la réalité de la Foy Aristotélicienne.

Plusieurs années passèrent, et certains des compagnons marins de Thanos désespéraient de pouvoir repartir vers des rivages plus larges et plus habités.
Mais la plupart, et Thanos fut un de ceux là, se fondaient doucement et inexorablement dans la douceur de vivre quotidienne, et cédaient à la l’infinie quiétude des saisons et l’inhabituelle mansuétude des habitants…
Il prêchait toujours, et sa Foy n’avait pas baissé, il avait même arrangé quelques rites adaptés à l’endroit et à la passivité des habitants, un culte était dit chaque semaine, autrement fécondant que le passage rapide et aléatoire des habitants devant leur ancienne idole, enfouie au fond de la mer depuis longtemps.

Entre la douceur extrême des villageois et la routine sans surprise des saisons, Thanos s’embourbait dans un destin paisible mais figé.
Il y prenait plaisir, mais un manque incommensurable le rongeait de l’intérieur, car il ne se renouvelait point, n’ayant en face de lui que gens affables et jours identiques. Sa vie était sans peine, mais peu colorée : il transmettait la Parole du Très-Haut toujours au même lieu, aux mêmes personnes, ce qui était n’était pas contraire à l’enseignement que Christos avait offert aux apôtres, mais bien incomplet.

Ce fut lors d’un terrible orage, le deuxième en fait qu’il subissait sur cette île en quinze ans, que Thanos sortit de sa léthargie intellectuelle.
Les éléments se déchainaient, le vent hurlait, la pluie frappait le sol avec véhémence, et la tempête rageait autant que lors de leur naufrage.
Un éclair en croisa un autre dans le ciel nocturne et tonitruant, et la lumière se fit en lui.

Il fit construire dès le lendemain avec les poutres de bois restant du navire échoué une haute croix, et la fit planter sur tertre le plus élevé de l’île.
D’assez loin, elle désignait autant la Religion Aristotélicienne de l’îlet, qu’elle signalait la présence humaine aux navires qui passaient. Ceux-ci trouvèrent enfin la motivation et le moyen de s’y arrêter.

Quelques marins et Thanos repartirent vers la Gaule, l’île désormais ne devait plus jamais être isolée.
Les villageois commercialisèrent avec honneur leurs amphores de qualité, car ils avaient le secret de la bonne cuisson de leur terre.

Et Thanos se souvint de la troisième des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « - Régale toi de ce qui t’a nourri lorsque tu étais enfantelet vêtu de lange, mais ouvre-toi à d’autres nourritures et grandit. »

Il prit son dernier pigeon, duquel il préleva doucement une plume tectrice, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :



L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.
Thanos n’avait plus aucun moyen de communiquer son avancée spirituelle et physique à sa lointaine famille…
Il approchait de ses cinquante-six ans, il réfléchit que ses parents pouvaient avoir rejoint leur fils Guéchèm.
Il garda la plume.


X La mort de Thanos :

Le Vieil Homme, le Sage, le Bon apôtre Thanos vécut si longtemps que la barbe, neigeuse depuis des lustres, lui tombait jusqu’au milieu du poitrail. Ses cheveux étaient pourtant devenus rares, mais son érudition, sa prestance et son charisme étaient de loin tout ce que chacun pouvait espérer apercevoir de meilleur durant sa vie.
Il était devenu avec le temps presque aveugle, mais il pouvait encore discerner la lumière crue du Soleil lorsqu’il offre à la terre ses rayons brûlants.
La veille de son départ vers le Soleil, il prêchait encore pour l’amour de Christos et Du Très-Haut, et propageait toujours avec succès la Foy et l’amitié Aristotéliciennes.
Mais à son contact, le paganisme avait depuis bien des saisons reflué de sa région d’adoption, et l’athéisme reculait.
Cependant, chaque jour amenait son lot nouveau de pèlerins, de petits brigands, d’arrivants et de voyageurs.

Peu avant son dernier souffle, il referma tranquillement son troisième carnet. Le jeune diacre mandaté pour l’assister en ces derniers instants le rangea ainsi qu’il lui avait demandé de le faire quelques jours auparavant.
Dans chacun d’eux une plume de pigeon mordorée servait de marque-page.
Le jeune diacre, dont l’histoire n’a pas retenu le nom, y joint une iconographie tracée par lui-même.
Même si les pigments pâlirent avec le temps, on y voit encore le portrait particulièrement bien conservé de l’apôtre.

Le Soleil se couchait. Les chants d’oiseaux s’étaient tus, et le parfum des discrètes violettes embaumait encore…
Alors Thanos, serein et tenant avec tendresse son petit rameau de buis entre les mains, car il n’oublia jamais la tiédeur de son enfance, murmura doucement :
« - Christos, oh Christos…
Je croyais que je suivais mon destin, mais je suivais l’Appel Du Très-Haut et ma vocation.
Ce fut ma plus grande liberté sur Terre.
»

Un sourire extatique reflétait au centuple tout l’amour Aristotélicien engrangé depuis des années sur son visage blême et libéré des entraves de la vie terrestre.
C’était le XXVIII mars de l’an LXXXVII.


Symboles :

Reliques :

Trois plumes, trois carnets.

Fête :

Aucune date encore reconnue.

Dictons :- « Ce sont les rites et les rythmes qui nous font vivre au mieux. »
- « La rectrice pour avancer sur son chemin, la rémige pour se diriger sur son chemin, la tectrice pour écrire son chemin.
- « Il faut « péculer » sans spéculer. »
- « Quand la raison ne peut expliquer un évènement, on parle d’enchantement, de phénomène inconnu. Mais nos sens ont déjà intégré le Divin. »




Walla.* (Laval) Tous les Historiens ne sont pas d’accord avec ce nom de Walla pour Laval ; mais il est fortement envisagé.


Dernière édition par Richelieu1 le Mer 30 Mar 2011 - 23:16, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Saint Thanos   Mer 30 Mar 2011 - 23:21

Code:
[quote][size=18][color=#000099][i][b]Le Livre des Vertus[/b]
Les Apôtres - Hagiographie de l’apôtre Thanos[/i] [/color][/size]

[img]http://img257.imageshack.us/img257/7695/saintofficelibricopiedy7.gif[/img]


[color=black][b]I : L’enfance de Thanos :[/b]

Thanos fut l’un des nombreux enfants d’une famille méditerranéenne comme on en voyait tant en ce premier siècle entre Akko (Acre, rebaptisée Ptolémaïs à notre époque) et Tyr.
Isolée sur un vaste domaine brûlant et broussailleux, relativement loin de la Mare Internum (Mer Méditerranée) la famille cultivait avec ardeur la figue, l’olive, et quelques céréales. Les chèvres, leur lait et les fromages qu’ils fabriquaient à l’ombre de caves creusées avec difficulté, dans cet endroit aride bien souvent, complétaient leur production.
Si la profusion n’était pas au rendez-vous chaque année, jamais la famille ne connut la faim ni la soif.
Un puits très ancien, rarement asséché, permettait l’abreuvée des animaux et des gens.

L’étrangeté de cette demeure résidait par son pigeonnier, insolite en cet endroit.
Le père appréciait que ses cinq ainés, alors qu’ils gardaient les troupeaux dans les collines avoisinantes, ne soient isolés en cas d’ennui : ils emportaient chaque matin un des volatiles.
Ces oiseaux étaient de la meilleure race, fidèle et diligente ; c’était un riche marchand de Tyr qui en avait offert deux couples l’année où ce dernier avait versé son chargement précieux dans une crevasse ; la famille l’avait aidé à pratiquement tout récupérer.
Cet évènement s’étant passé peu après la naissance de Thanos, il les avait toujours connus.

Leur maison basse était cernée d’arbres de Judée, et sous cette ombre bienfaisante, le petit Thanos naquit en l’an VII. Ce fut le dernier d’une fratrie de sept garçons.
L’amour et le travail étaient les seuls maîtres de cette famille simple, qui se retrouvait réunie chaque levers et couchers de soleil que Le Très-Haut envoyait.
Ces paysans, aimaient la Terre avec la simplicité efficace des cueilleurs et éleveurs.

La mère, Ayala, avait eu la chance d’apprendre à lire lorsqu’elle était enfant, car elle avait été élevée près des Romains.
Ce savoir merveilleux, elle avait tenu à en instruire son époux, Gamliël, (dont le nom signifie " Dieu a été généreux avec moi") et par la suite à le partager avec tous ses enfants dès que leur attention le permettait.
Un seul ne put jamais déchiffrer, l’avant dernier, car il était différent : il contemplait sans cesse son entourage sans le comprendre vraiment, et son jeune frère Thanos eut pour mission de l’assister dès que la réflexion lui vint, ce qui fût précoce.

Ainsi, lorsque Ayala cuisait chaque semaine les miches de blé ou d’orge dans le four familial, elle pouvait sourire tranquillement en voyant ses deux jeunes derniers se tenir sereinement ensemble à l’ombre des oliviers, l’un aidant l’autre avec patience pour se vêtir ou se laver, ou lui moduler sur une flûte de bambou quelque douce mélopée qui enchantait le Simplet.
Celui-ci avait à peine un an de plus que lui, mais en paraissait bien moins. L’un était robuste et bien bâti, l’autre malingre et légèrement difforme.
Thanos lui apprenait également à tresser des paniers, ce qu’il arrivait à faire, laborieusement il est vrai, mais tous les fruits familiaux trouvaient place dans les paniers de Thanos et de son frère Guéchèm. (Qui signifie en Hébreu « pluie », bénédiction dans la région aride de Thanos.)

Thanos restait des heures avec ce frère défavorisé par un accouchement difficile, ce qui l’avait sans doute privé de respiration quelques temps à sa naissance. C’est peut-être ce qui le prépara à sa vie future, ce qui le rendit à l’écoute des plus innocents, le fit le plus serviable des environs envers les plus démunis par la nature, lui apprit la lenteur de certains êtres, et le convainquit que le droit à la différence se devait d’exister.
Mais Thanos, pour l’heure, riait de bon cœur avec son frère Guéchèm, car les voies Du Très-Haut sont impénétrables.


[b]II : Le vagabond.

[/b]Ce qui différenciait Thanos de ses ainés, c’était sa facilité à repérer dans les écrits du Prophète Aristote, que toute la famille suivait au village voisin avec ferveur et assiduité chaque dimanche, les messages profonds qu’ils induisaient parfois.
Mais lui se sentait souvent comme un vagabond errant au travers de ces écrits. Cependant, il en ressentait la puissance et la pertinence des mots.

L’attachement des deux enfants dura longtemps, mais non indéfiniment : une nuit, Guéchèm ne s’éveilla pas et la douleur de Thanos l’étreint tant qu’il resta trois jours à réfléchir isolé dans un coin de la chèvrerie après l’ensevelissement. Le rite funéraire ne compta pas ses larmes… Mais la vie était si difficile et si constante à cette époque que nul ne pouvait stopper le labeur coutumier : la famille continua très rapidement les soins aux bêtes, aux arbres, et à la petite vigne qui courrait le long d’un des murs de leur demeure et s’élevait gaiement en treille.
Ce n’était point indifférence, mais seulement besoin vital : la vie a toujours plus d’exigences que la mort.
Seul Thanos restait figé, tenant tristement entre ses mains le dernier petit panier de Gioseh, non terminé…
Sagement, ses parents, affligés eux aussi d’avoir perdu leur fils innocent, le laissèrent, tout en veillant toutefois à ce qu’il s’alimenta et but un peu.

« [b]- Mère ! » Dit-il enfin, sortant le quatrième matin de sa léthargie, le visage pâli par la souffrance du deuil. « - Mère, est-ce que Père et toi accepteriez de me laisser voyager ? Quelques amis doivent mener au-delà du village un troupeau de chèvres et quelques moutons au grand marché de la ville.[/b] »

Avant que la mère effondrée ne puisse refuser, ne voulant point encore être séparée d’un autre de ses enfants, Gamliël le père arriva, et dit :
« [b]- Allons ma femme, il faut que la peine se tasse, Thanos ne peut vivre heureux là où son frère lui manque, comme nous tous du reste, mais pour lui il faut admettre que c’est encore plus douloureux.
Laissons le aller, Ayama, et prépare lui un petit baluchon de fromage et de pain, de figues et d’olives.[/b] »

Et, se tournant vers celui qui était à présent le plus jeune de ses six fils :
« [b]- Prends une gourde de peau de chèvre, Thanos, et remplis la de l’eau pure de notre puits.
Je te donne mon manteau, imperméable, il te servira de couverture les nuits fraiches, et ces trois pigeons- soigne les bien. Tu nous les enverras s’il t’arrive quelque chose d’exceptionnel.
N’oublie pas de leur parler chaque jour pour les rendre heureux.[/b] »

Il tendait à son fils une cage ou trois des volatiles préférés de son père vivraient désormais…
Gamliël ajouta, devant toute la fratrie réunie solennellement : « [b]- Goûte à cet or délicieux et collant, mais ne t’y attache pas.[/b] »
Il lui fit manger une cuillerée de ce miel sauvage et rustique que l’on découvre parfois au creux des collines…

Et encore : « [b]- Bois de ce sang qui renforce et désaltère, mais ne t’enivre pas.[/b] »
Il lui fit boire une gorgée de ce vin âpre et sombre qui fleurait le terroir méditerranéen et les épices…

Et aussi : « [b]- Régale toi de ce qui t’a nourri lorsque tu étais enfantelet vêtu de lange, mais ouvre toi à d’autres nourritures et grandit.[/b] »
Il lui offrit une bolée de lait, blanc et crémeux.

Après les regards et étreintes chaleureuses circonstancielles, il annonça pour terminer les adieux : «[b] - Que chacun fasse ce qu’il doit faire à présent.[/b] »

Ainsi béni par le patriarche de la famille, Thanos se coupa un épais bâton d’olivier, puis s’en fut en jetant un dernier regard à la douceur de l’enfance.
Il ramassa non loin de là un rameau de buis, qui lui rappellerait à perpétuité son lieu d’origine.
Il eut la prescience fugace et indéniable qu’il ne reviendrait jamais. Il sentait que quelque part son destin le cherchait.
Il vagabonderait avant de le trouver…
Il venait d’avoir 17 ans.


[b]III : Sa rencontre avec Christos :[/b]

[/color][quote][color=black]« Ah, je me souviendrai toujours de ce jour mes amis. Après être sortis de la Basilique, nous nous sommes retrouvés face à un groupe de badauds qui s’invectivaient vertement. Nous avons essayé de retenir Jeshu, que l’on appelait Christos, mais celui-ci ne nous écouta pas et s’approcha de ce groupe de querelleurs.
Il comprit bien vite la cause du conflit ; Face à lui, un mouton se trouvait perdu, terrorisé par les cris qui venaient de toutes parts. A sa gauche se trouvaient des adeptes des cultes païens, leur prêtre en tête, tenant à la main un long couteau. A sa droite, se tenaient quelques-unes de ces personnes déçues par le paganisme, et suivant les préceptes d’Aristote d’une manière moins détournée que les premiers, ils s’étaient massés pour dénoncer le sacrifice barbare qui se préparait en l’honneur des faux dieux. Chaque camp hurlait avec véhémence contre l’autre.[/color][/quote][color=black]

Alors, Christos appela à lui, calmement, l’animal terrorisé, qui avança docilement vers lui. Christos le caressa, puis lui dit de s’en aller. Le mouton partit alors. Mais le prêtre païen était furieux de rage contre Christos et s’avança vers lui, le couteau levé. C’est alors que nous nous interposâmes, Titus, Paulos et moi, bientôt rejoints par neuf autres de ces déçus du paganisme qui s’étaient assemblés à droite. Mais Christos s’avança et fit face au prêtre. Celui-ci croisa alors le regard de l’être béni de Dieu, s’en détourna, et partit sans mot dire, la foule des infidèles le suivant d’un air penaud.
Alors, nous autres, les douze qui avions voulu défendre Christos, hébétés par ce qui venait de se passer, nous nous tournâmes vers ce mystérieux homme.

L’un de nous, quelqu’un que je ne connaissais pas encore, mais qui se nommait Thanos, lui dit :
" [b]Mais qui es-tu donc, toi dont le calme et la douceur ont raison de l'infamie païenne ?[/b] ".

Alors, Christos lui répondit : " [b]Mon nom est Christos, fils de Giosep et de Maria. Les gens qui me connaissent disent de moi que je suis le messie, car j’aime Dieu et j’aime mes semblables[/b]".

Alors, nous nous écriâmes : " [b]En vérité, aucun de nous ne doute de ce fait. Grâces soient rendues au Très Haut de t’avoir envoyé à nous, afin que Sa parole illumine nos vies et que la prophétie d’Aristote se concrétise.[/b] "

Et Christos répondit enfin : " [b]En vérité, il est bien triste que tant d’enfants de Dieu se détournent de Son amour. Il leur faut des guides afin que les erreurs passées soient effacées. Voulez-vous me suivre et vous faire apôtres de la parole de Dieu ?[/b] "

… Les neuf qui ne connaissaient pas Christos se regardèrent, qui semblaient partagés entre la joie et l’angoisse. Ils demandèrent à celui qui se disait le Messie ce qu’il fallait faire pour le rejoindre. Et ses amis écoutaient et approuvaient Christos. Ils étaient désormais douze à le suivre.
Les six femmes se nommaient Adonia, Calandra, Hélène, Kyrène, Ophelia et Uriana. Les six hommes se nommaient Daju, Nikolos, Paulos, Samoht, Thanos et Titus.

« [b]- Vous diffuserez la bonne nouvelle à toutes les nations en aidant Titus à créer mon Église. Alors, mes apôtres, mes clercs, à vous de suivre le chemin que j’ai tracé pour vous, à vous de baptiser ceux qui veulent entrer au sein de la communauté des fidèles de Dieu, à vous d’ordonner prêtres ceux qui souhaitent se consacrer tout entier à l’amour de Dieu, à vous d’entendre en confession ceux qui souhaitent être lavés de leurs péchés, à vous de punir ceux qui ne sauront pas se montrer dignes de l’amour de Dieu et de prêcher au moins chaque dimanche, afin que la volonté du Très Haut s’accomplisse.[/b] »


[b]IV : L'Apprenti.[/b]

Durant les années suivantes, Thanos suivit Christos et ses Frères et Sœurs, écouta, observa, et donc apprit.
S’il connaissait le Dogme, et Aristote, il en intégra toute la puissance au travers des actions et des paroles de Christos.
S’il avait ressenti de tout temps en toute inconscience l’amour fraternel, filial et parental, l’amour du travail bien fait, l’amour contemplatif envers les Créations du Très-Haut, l’amour du Dogme, enfin et surtout l’amour envers Le Très-Haut, il en ajouta un de plus, l’amour envers Christos ; et plus il Le connaissait, plus il percevait la justice, la bonté, la haute spiritualité, l’intelligence et la sensibilité ferme de leur Maître à tous.
Maître dans ce que ce mot implique de grandiose, de professoral et de bienveillance.

Cette fois il avait conscience de ce qu’il recevait, et en remerciait Le Très-Haut par la prière et l’exemple. L’esprit de Thanos s’entrouvrait chaque jour un peu plus au contact des enseignements de Christos et à celui de la fraternelle amitié des autres Apôtres.

Son âme se forgea, comme une lame d’épée devient étincelante après les diverses étapes qui soumettent sa matière vers la force et la beauté, sa forme et sa brillance.

[b]V : Le premier pigeon.[/b] [img]http://nsa15.casimages.com/img/2010/03/30/100330070816692699.jpg[/img]

Mais nul n’atteint la perfection chez les êtres humains.
…En ce temps-là, Christos et les Apôtres étaient tous sereins - les flammes empourprées et dorées du couchant éclairaient encore une nuit juvénile.
Sur la berge méditerranéenne, ils formaient tous un cercle dont le centre ne concurrençait point l’Astre Solaire, mais dorait tranquillement un agneau enveloppé de fenouil, fort abondant dans cette région ; être unis pour un repas commun n’empêchait nullement les discussions, et chaque soir un feu de camp les tenait éveillés un peu. Parfois même, d’autres voyageurs se joignaient à eux. Ainsi l’avait permis le précurseur incontesté des feux de camps de voyages, un certain Macgroar.

Ils avaient quitté les bruits et l’agitation de Laodiceia (Laodicée, Latakia, Lattaquié ou Latakiyah), cette ancienne ville Séleucide, puis Romaine, à présent Judéenne, dont le faste et la richesse réjouissaient le cœur de ses habitants.
Sur les flancs de collines en pente douce qui l’entouraient, et loin vers l’est, les vignes cultivées faisaient fructifier l’économie de la ville, et son port magnifique et admirablement construit desservait nombre d’autres cités et îles importantes.
Les riches marchands ployaient sous l’or et les ornements précieux, déployaient leurs somptueux habits de soie douce comme une caresse, ou de lin teinté de couleurs vives et chaudes.
Les demeures étaient bâties solides et belles, les animaux avaient pour la plupart un air dodu ou pansu, rarement vu dans nos bergeries ou écuries occidentales.
Sur les étals des échoppes, les filets de pêcheurs et les paniers des cueilleurs regorgeaient de poissons excellents et de fruits et légumes superbes. Les sacs de chanvre étaient emplis d’épices rares et odorantes.
Cela n’empêchait pas la pauvreté. Simplement celle-ci se cachait à l’extérieur de la ville.

Thanos :«[b] - Vois, Christos, comme les gens ont l’air heureux dans cette ville ! Excepté sans doute ce pauvre esclave dont l’échelle lui a littéralement explosé entre les mains ! Comme son propriétaire tempêtait ![/b] »

Tous se mirent à rire à cette évocation, car l’homme joufflu et furieux s’était montré ridicule et comique, et n’était pas à plaindre : il avait pu immédiatement en racheter une autre !

Christos reprit après quelques instants, son visage émacié redevenu sérieux :
Christos :« [b]- Vois, Thanos, comme ceux qui habitent dans la périphérie sont tristes, et démunis d’écus ![/b][/color][color=black]»[/color][color=black]
Thanos :«[b] - Je ne sais pourquoi ils n’en demandent pas, regardent tous les écus que les marchands m’ont offert sans que je ne leur réclame rien ![/b] »
Christos :« [b]- Ils t’ont donné cette bourse pleine car ils voulaient entendre notre histoire et des nouvelles de lointains horizons, durant leur repas. Ils t’ont acheté avec ces écus d’or qui ne sont rien pour eux. Ils voulaient se distraire, mais non réfléchir à un prêche.
Mais… Tu as dû être assoiffé à parler ainsi de longues heures pour les satisfaire… T’ont-ils offert à boire ?[/b] »

Christos souriait… Thanos soupira, il avait compris un peu tard. Il détenait encore en lui la naïveté de l’extrême jeunesse…

Thanos :« [b]- … Non… Ils m’ont jeté cette bourse à la fin de leur repas, puis m’ont ordonné de repartir.[/b]»
Christos :« [b]Et tu es venu me rejoindre pour entendre mon prêche, que je clamais non loin de l’entrée de la ville, près des masures des sans-emplois ou malades[/b]».
Thanos :« [b]- C’est vrai, j’ai même remarqué que ceux-ci étaient plus enclins à écouter ton prêche que les autres, fort occupés à leurs affaires. Et ils m’ont offert de l’eau de leurs pauvres jarres.[/b]»
Christos :« [b]- Vois-tu, lorsque l’or est abondant, on n’est pas certain de le posséder. C’est plutôt lui qui nous possède».
Et Thanos se souvint de la première des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « - Goûte à cet or délicieux et collant, mais ne t’y attache pas.[/b] »

Christos lui souriait, et Thanos eut la certitude qu’Il savait ce dont il se souvenait à ce moment précis.
Alors Christos lui dit :

« [b]- La cage que tu transportes avec précaution te pèsera longtemps, car tes trois oiseaux messagers vivront heureux jusqu’à leur arrivée dans leur pigeonnier natal.
Ainsi sera.[/b] »
Et Christos se resservit d’une tranche de gigot sans plus de manière.

Sans rien ajouter, Thanos se leva et choisit un des trois pigeons, duquel il préleva doucement une plume rectrice, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :

[img]http://nsa14.casimages.com/img/2010/03/30/10033008383244061.jpg[/img]

L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.
Le lendemain Thanos déposait discrètement les écus d’or au creux des paumes des mendiants, qui lui avaient donné à boire.
Il garda la plume.


[b]VI : L’artisan.[/b]

Thanos, comme ses compagnons, continuait se suivre l’enseignement prodigué chaque jour par Christos par l’échange, l’exemple, les actions et les paroles.
Pendant sa prédication, Christos et ses apôtres se rendirent en Galilée, en Judée, en Samarie, en Phénicie.
Ils descendirent les rives du Jourdain jusqu’à la mer Morte, remontèrent jusqu’aux rivages d’Antioche. Ils entrevirent même une fois au loin le Mont Sinaï…
Ils traversèrent de nombreuses cités, toujours prêchant : Capharnaüm, Tibériade, Gennésareth, Sychar, Magdala, Césarée de Philippe, grimpèrent le Mont Thabor, retournèrent à Nazareth.
Et toujours Christos commençait ainsi ses prêches :

Citation : " [b]Je suis Christos, de Nazareth, le Messie, guide et miroir de la divinité, habité par Dieu. Aristote le prophète avait annoncé ma venue, afin que je vous montre la voie à suivre pour vivre dans l’amour Du Très Haut.[/b] "
Et beaucoup s’approchaient, et beaucoup l’écoutaient, et beaucoup l’entendaient…

Ils arrivèrent enfin à Jérusalem, et le parcours de Christos s’arrêta car il y fût condamné dans d’inhumaines conditions, comme prévu par Le Très-Haut.
Durant tout ce parcours, Thanos comme les autres apôtres avaient écouté, suivi, appris.
Leurs corps étaient devenus robustes et souples, et dans leurs esprits, déjà éveillés à la spiritualité, s’était inscrits l’histoire et les messages Divins.
Ils s’étaient transformés tout au long de ce périple, lentement mais inexorablement, de part la volonté Du Très-Haut et de Christos, ce qu’ils deviendraient bientôt pour le bien de l’humanité, en partageant avec quiconque le désirait une Foy simple, mais non sans exigences.

Ils devenaient les futurs Artisans de l’Église, « [b]Unique, Sainte, Aristotélicienne et Apostolique[/b] ».


[b]VII : Le deuxième pigeon[/b].[img]http://nsa14.casimages.com/img/2010/03/30/100330071957343302.jpg[/img]

Las !
Nul ne peut revenir sur le passé, qui fait du grand peuple Du Créateur ce qu’il est aujourd’hui…
Le si chèrement désiré Libre Arbitre spécifique aux humains les conduit ou du moins les entraîne souvent dans les voies inextricables du malheur.
Les horreurs commises au nom de valeurs personnelles et bestiales, menées sans contexte par la Créature Sans Nom, se résument à une seule phrase :
Christos fût « jugé », torturé puis crucifié, jusqu’à ce que Sa mort s’en suive.

Durant tout le temps de son martyre puis de son agonie, il resta confiant envers Son Père, et supporta avec force, intelligence et charisme tout ce qu’Il devait supporter : il priait. Sa réputation en grandit encore.
Son visage illuminait, et irradiait d’or pur les nombreuses personnes qui le soutenaient de leur Foy et de leur attachement à la Parole Sacrée.

[/color][quote][color=black][b]1) Vita de Christos, chapitre XVI
Souvenirs de Samoth, racontés en 87 après Christos, par Trufaldini.[/b]
« On cloua Christos sur une grande croix de bois que l’on hissa ensuite sur la colline. Et Christos se retrouva là haut, dominant les autres humains… Tel un agneau, il avait été sacrifié sur l’autel de l’ordre établi parce qu’il remettait en cause la société de l’époque et ses fausses valeurs. »

Tous comme les autres apôtres, Thanos était anéanti… Il s’éloigna du lieu du supplice.
Pleurant du fond de son âme, hébété et ne pouvant en supporter davantage, il suivit un admirateur de Boulasse et s’enivra de désespoir.
Le Ciel lançait la foudre et le tonnerre sur les païens.

[b]2) Vita de Christos, chapitre XVI. Souvenirs de Samoth, racontés en 87 après Christos, par Trufaldini.[/b]
« … Mais après un moment, la nature s’apaisa, la pluie cessa, les éclairs s’arrêtèrent, les grondements du tonnerre se turent et les nuages s’écartèrent, vaincus par le rayon de lumière, grandissant, dont le flot inondait maintenant la colline.

C’est alors que nous vîmes apparaître, dans ce halo bienfaiteur, une nuée d’anges célestes. Tous descendaient du ciel avec grâce, volant au dessus de l’éminence. Ils prirent le corps du messie, guide et miroir de la divinité, et le hissèrent jusqu’aux cieux, l’emmenant rejoindre le trône de Dieu. »

[b]3) Hagiographie de l’apôtre Titus. Traduit par les Frères Maisse Arsouye, Nsaymar et Pons d'Agoult.[/b]
« …Rapidement, les apôtres se séparèrent. Chacun se choisit une voie, une façon bien particulière de servir Christos et son message. Juste avant la séparation, Titus distribua à chaque apôtre une bague portant une pierre pourpre, un rubis, en souvenir de leur amitié et de leur mission. La bague de Daju fut remise à Anaclet, un jeune homme qui était devenu l'ami de Titus et Samoht. »[/color][/quote][color=black]

… Thanos, soulé et abruti par trop de vin, profondément abattu par un chagrin plus profond qu’un puits artésien Tyrien, retrouva enfin l’espérance et le courage au petit matin du troisième jour.
Une nausée subite le vida littéralement de sa vinasse, qui l’avait empêchée de se mouvoir trois jours.
Tremblant et pleurant, il se releva difficilement, mais finit par se tenir droit. Son âme se releva également.
Un rubis à son doigt scintillait autant que le sang versé à la gloire Du Très-Haut.

Et Thanos se souvint de la deuxième des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « [b]- Bois de ce sang qui renforce et désaltère, mais ne t’enivre pas.[/b] »
Il prit son deuxième pigeon, duquel il préleva doucement une plume rémige, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :

[img]http://nsa14.casimages.com/img/2010/03/30/100330083713329407.jpg[/img]

L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.

Non sans lui rappeler une situation déjà vécue au départ de sa petite maison natale, il étreignit une dernière fois ses compagnons, et partit en direction de la Mare Internum (méditerranée), au-delà des frontières connues.
Il avait vingt-sept ans.
Il garda la plume.


[b]VIII : L’érudit.

[/b]Le quotidien devint plus solitaire, mais point dans l’acédie, car Thanos prêchait avec ferveur la bonne Parole tout au long de son avancée vers la mer, et le souvenir de Christos et de ses anciens compagnons le soutenait.
Il arriva ainsi après plusieurs mois dans la ville portuaire de Byblos, en Pays de Canaan.

Une foule s’y agitait dans ce qui paraissait être une joyeuse pagaye, mais tout y était organisé : les ports étaient immenses, car les bateaux s’y construisaient à l’endroit même.
De nombreux habitants arrivaient des environs pour aider au charpentage, aux tissages des grandes voiles, aux maçonneries diverses. Des chefs de chantier y mettaient bon ordre.
La ville, entre autres, exportait ses bois précieux, (cèdres du Liban) et ses textiles travaillés avec finesse, certains coquillages des parages permettaient aussi la fabrication de pigments, très prisés à toute époque. Byblos était dynamique et riche.

Thanos décida alors de mettre de côté un petit pécule pour subsister à ses besoins nouveaux d’études, il était devenu fort avec le temps, son intelligence servait ses prêches et il avait bonne mine à force de se nourrir de lait et de fruits. Ainsi il était rapidement embauché chaque jour, pour des salaires conséquents.
Avant de s’embarquer pour un très long voyage, il s’inscrivit à l’Université du coin, pour suivre quelques cours d’astronomie, cette très ancienne matière avait pris quelques essor et nouveautés.
Cela lui devrait lui servir un jour…
Il progressa dans son écriture sensiblement, et fit provision de petits vélins.
Cela devrait lui servir également un jour…

Il partit enfin, et ses escales furent nombreuses, ponctuées d’orages ou de temps clair, de soleil ou de vents.
Il passa par les îles de Cyprus (Chypre) et de Rhodes, avec un arrêt à Xanthos. Puis un autre navire l’emporta en Peloponnésus Créta (Crète), puis entre la Sicile et l’Hesperia (l’Italie), et enfin il reprit la mer Tyrrhénienne en se dirigeant vers l’île d’Elba.
Durant toute la navigation, Thanos prêchait chaque soir une heure, lorsque le temps le permettait, et nombre de marins transmirent ce qu’ils apprirent en ces longs mois de navigation dans leurs ports de rattache lorsqu’ils y rentraient.
Les tavernes eurent moins d’hommes avinés, et plus de Croyants.
Mais il y eut toujours autant de débats…

Thanos utilisait le reste de son temps à écrire sur ses feuillets, arrangés en carnets, son itinéraire de prêches, ses sermons ou homélies, sa vie passée avec Christos et les apôtres, et y ajoutait ses iconographies. Il tenait ce journal avec soin, et ténacité.
Il était aimé des équipages, et rendait de grands services grâce à ses connaissances en astronomie :
il suivait la bonne étoile. Il était profondément respecté de tous.
La Parole Divine voguait au travers des eaux, et les ondes écumeuses l’envoyaient loin vers des peuplades reculées.
Mais un naufrage failli changer le cours de son destin, alors qu’il s’était rembarqué pour La Gaule, par la mer de Ligurie, où pourtant la plupart des jours étaient calmes et ensoleillés.
Il avait presque la quarantaine.


IX : Le troisième pigeon. [img]http://nsa15.casimages.com/img/2010/03/30/100330072844288196.jpg[/img]

Cette nuit-là, les nues épaisses recouvraient les cieux embarrassés de tourmente, et cela nuisait à sa bonne lecture. Même Thanos ne savait en déchiffrer le sens pour bien diriger le navire.
Celui-ci était secoué dangereusement par des lames coupantes comme rasoir, et le bateau fût vite drossé sur une déferlante qui l’emporta sur un minuscule îlot non répertorié qui saillait à cet endroit.
Couché sur son flanc comme un taureau abattu, et déchiqueté à fond, le bâtiment gisait éventré, irréparable, sur un rivage froid et gorgé de pluie.
Ceux qui restaient de l’équipage et Thanos se relevèrent toutefois et remercièrent Le Très-Haut de leur avoir laissé la vie sauve…

Le lendemain, sous des cieux plus cléments, quoique encore très venteux, ils examinèrent la petite île.
Ils s’étaient naufragés sur « l’île des goélands » comme leur expliquèrent plus tard les habitants.
(Gallinara, est un îlot situé près de la côte de Ligurie dans la Rivière du Ponant face à la commune d'Albenga.)
En effet, ces gros oiseaux y nichaient fort nombreux, mais leurs fientes servaient les feux, et leurs œufs étaient appréciés.
Un seul village y siégeait, et les habitants les reçurent bien, les soignèrent et leur servirent du lait, du poisson et du pain, des baies succulentes et sombres, qu’ils préservaient remarquablement dans des amphores de leur fabrication.
Les aliments n’étaient point trop variés, peu de choses poussaient dans cet endroit, l’île était si petite qu’elle était pauvre en céréales, et si cernée de gros rocs hérissés et saillants qu’aucun navire ne se donnait la peine d’y accoster.

Les Îliens, au nombre d’une vingtaine de tous âges, ne connaissaient pas Christos, et leur paganisme était apparent : ils adoraient une idole représentant une chèvre, animal qui leur fournissait le lait et le fromage, les peaux et la colle. La statue trônait près de l’unique source, elle était construite en terre cuite.
Ils étaient innocents et courtois, tranquilles et souriants, peu curieux et extrêmement doux. La vie coulait sur eux comme la crème bise du lait glisse lentement sur une galette d’orge.
Thanos n’eut aucun mal à les enrichir par le Dogme, ni de leur faire vivre la réalité de la Foy Aristotélicienne.

Plusieurs années passèrent, et certains des compagnons marins de Thanos désespéraient de pouvoir repartir vers des rivages plus larges et plus habités.
Mais la plupart, et Thanos fut un de ceux là, se fondaient doucement et inexorablement dans la douceur de vivre quotidienne, et cédaient à la l’infinie quiétude des saisons et l’inhabituelle mansuétude des habitants…
Il prêchait toujours, et sa Foy n’avait pas baissé, il avait même arrangé quelques rites adaptés à l’endroit et à la passivité des habitants, un culte était dit chaque semaine, autrement fécondant que le passage rapide et aléatoire des habitants devant leur ancienne idole, enfouie au fond de la mer depuis longtemps.

Entre la douceur extrême des villageois et la routine sans surprise des saisons, Thanos s’embourbait dans un destin paisible mais figé.
Il y prenait plaisir, mais un manque incommensurable le rongeait de l’intérieur, car il ne se renouvelait point, n’ayant en face de lui que gens affables et jours identiques. Sa vie était sans peine, mais peu colorée : il transmettait la Parole du Très-Haut toujours au même lieu, aux mêmes personnes, ce qui était n’était pas contraire à l’enseignement que Christos avait offert aux apôtres, mais bien incomplet.

Ce fut lors d’un terrible orage, le deuxième en fait qu’il subissait sur cette île en quinze ans, que Thanos sortit de sa léthargie intellectuelle.
Les éléments se déchainaient, le vent hurlait, la pluie frappait le sol avec véhémence, et la tempête rageait autant que lors de leur naufrage.
Un éclair en croisa un autre dans le ciel nocturne et tonitruant, et la lumière se fit en lui.

Il fit construire dès le lendemain avec les poutres de bois restant du navire échoué une haute croix, et la fit planter sur tertre le plus élevé de l’île.
D’assez loin, elle désignait autant la Religion Aristotélicienne de l’îlet, qu’elle signalait la présence humaine aux navires qui passaient. Ceux-ci trouvèrent enfin la motivation et le moyen de s’y arrêter.

Quelques marins et Thanos repartirent vers la Gaule, l’île désormais ne devait plus jamais être isolée.
Les villageois commercialisèrent avec honneur leurs amphores de qualité, car ils avaient le secret de la bonne cuisson de leur terre.

Et Thanos se souvint de la troisième des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « [b]- Régale toi de ce qui t’a nourri lorsque tu étais enfantelet vêtu de lange, mais ouvre-toi à d’autres nourritures et grandit.[/b] »

Il prit son dernier pigeon, duquel il préleva doucement une plume tectrice, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :

[img]http://nsa14.casimages.com/img/2010/03/30/100330083458578956.jpg[/img]

L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.
Thanos n’avait plus aucun moyen de communiquer son avancée spirituelle et physique à sa lointaine famille…
Il approchait de ses cinquante-six ans, il réfléchit que ses parents pouvaient avoir rejoint leur fils Guéchèm.
Il garda la plume.


[b]X La mort de Thanos :[/b]

Le Vieil Homme, le Sage, le Bon apôtre Thanos vécut si longtemps que la barbe, neigeuse depuis des lustres, lui tombait jusqu’au milieu du poitrail. Ses cheveux étaient pourtant devenus rares, mais son érudition, sa prestance et son charisme étaient de loin tout ce que chacun pouvait espérer apercevoir de meilleur durant sa vie.
Il était devenu avec le temps presque aveugle, mais il pouvait encore discerner la lumière crue du Soleil lorsqu’il offre à la terre ses rayons brûlants.
La veille de son départ vers le Soleil, il prêchait encore pour l’amour de Christos et Du Très-Haut, et propageait toujours avec succès la Foy et l’amitié Aristotéliciennes.
Mais à son contact, le paganisme avait depuis bien des saisons reflué de sa région d’adoption, et l’athéisme reculait.
Cependant, chaque jour amenait son lot nouveau de pèlerins, de petits brigands, d’arrivants et de voyageurs.

Peu avant son dernier souffle, il referma tranquillement son troisième carnet. Le jeune diacre mandaté pour l’assister en ces derniers instants le rangea ainsi qu’il lui avait demandé de le faire quelques jours auparavant.
Dans chacun d’eux une plume de pigeon mordorée servait de marque-page.
Le jeune diacre, dont l’histoire n’a pas retenu le nom, y joint une iconographie tracée par lui-même.
Même si les pigments pâlirent avec le temps, on y voit encore le portrait particulièrement bien conservé de l’apôtre.

Le Soleil se couchait. Les chants d’oiseaux s’étaient tus, et le parfum des discrètes violettes embaumait encore…
Alors Thanos, serein et tenant avec tendresse son petit rameau de buis entre les mains, car il n’oublia jamais la tiédeur de son enfance, murmura doucement :
«[b] - Christos, oh Christos…
Je croyais que je suivais mon destin, mais je suivais l’Appel Du Très-Haut et ma vocation.
Ce fut ma plus grande liberté sur Terre.[/b]»

Un sourire extatique reflétait au centuple tout l’amour Aristotélicien engrangé depuis des années sur son visage blême et libéré des entraves de la vie terrestre.
C’était le XXVIII mars de l’an LXXXVII.


[b]Symboles :[/b]

[u]Reliques :[/u]

Trois plumes, trois carnets.

[u]Fête :[/u]

Aucune date encore reconnue.

[u]Dictons :[/u]- « Ce sont les rites et les rythmes qui nous font vivre au mieux. »
- « La rectrice pour avancer sur son chemin, la rémige pour se diriger sur son chemin, la tectrice pour écrire son chemin.
- « Il faut « péculer » sans spéculer. »
- « Quand la raison ne peut expliquer un évènement, on parle d’enchantement, de phénomène inconnu. Mais nos sens ont déjà intégré le Divin. »[/color]

[img]http://nsa15.casimages.com/img/2010/03/30/100330075035459633.jpg[/img]

[color=black]Walla.* (Laval) Tous les Historiens ne sont pas d’accord avec ce nom de Walla pour Laval ; mais il est fortement envisagé.[/color] [/quote]

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MessageSujet: Re: Saint Thanos   Mer 30 Mar 2011 - 23:22

Citation :
Le Livre des Vertus
Les Apôtres - Hagiographie de l’apôtre Thanos - Carte des voyages






"Voici le parcours le Thanos, en recherche spirituelle avec Christos, puis en apprenti Apôtre, et enfin en Solitaire mais non ascète- transmetteur de la Foy Aristotélicienne.

On peut dire que cet apôtre aura fait du chemin, tant sur le point spirituel que sur le plan physique.
S'il a eu des défaillances, on peut aussi affirmer qu'il a su en retirer la force de voir de plus loin, et de voir plus haut.

Son périple a commencé à la mort de son frère déficient, seul vers la ville où il rencontra Christos et quelques Apôtres.
Son voyage avec le Prophète et les autres apôtres lui auront appris la rigueur de la Foy, et ses exigences. (Transmettre, évoluer, vie en commun, etc.)
La mort de Christos le choqua profondément, et sa peine se transforma en faiblesse. Il fuit donc les lieux. C'est là sa différence avec les autres apôtres, il part comme eux transmettre la bonne parole, mais les autres le font dans la continuité de ce que leur a appris Christos. Lui prêche, mais par fuite d'un évènement qui le sidère par sa barbarie.

Insensiblement, la force spirituelle lui revint.
Mais un naufrage le déposa sur une île qui devait le piéger par sa douceur de vivre.
Thanos n'a jamais renié sa Foy, ni rien fait contre elle, au contraire : partout où il est passé, il a prêché avec bénéfice pour l’épanouissement de l’Église l'Aristotélisme avec ferveur et recueillement.
Mais il avait besoin d'apprendre que prêcher ne suffisait pas et qu'il fallait aussi aller de l'avant, aller au devant des autres, se donner davantage.
Ainsi Le Très-Haut a t-il décidé de lui faire passer cette épreuve.

Gallinara fut cette île presque déserte où il fut chaudement accueilli pendant de longues années, durant lesquelles Thanos réalisa tardivement que "la vie était douce et facile, mais qu'elle amenait à la stagnation spirituelle si elle demeurait fermée du reste du monde", et que "de même le jeune enfant ne peut boire que du lait, en grandissant il doit apprendre à varier ce qui le sustente et connaitre d'autres nourritures.

C'est après bien des jours et des jours qu'il arriva enfin à Walla (LAVAL), après avoir marché sur les chemin de Provence et longé le Languedoc et le Lyonnais Dauphiné, pénétré légèrement le Bourbonnais Auvergne et bifurqué chez les Burgondes, prêché jusqu'en Champagne et à Lutécia, puis visité l'Orléanais et être passé les Turons qu'il se posa enfin par la force des choses dans le Maine.
Bien qu'immobilisé, Thanos alors s'était alors affranchi de sa"stagnation spirituelle" depuis bien longtemps...


Son voyage terrestre aura préparé toute sa vie celui vers le Soleil, et comme tout voyage terrestre, n'aura été ni définitif, ni éternel.
Il se terminera par un autre Voyage, plus déterminant pour son avenir céleste, et au moment de franchir la porte, il aura compris l'immensité du Don de Vocation que lui avait offert Le Très-Haut. "

Code:
[quote][size=18][color=#000099][i][b]Le Livre des Vertus[/b]
Les Apôtres - Hagiographie de l’apôtre Thanos - Carte des voyages[/i] [/color][/size]

[img]http://img257.imageshack.us/img257/7695/saintofficelibricopiedy7.gif[/img]


[center][img]http://i65.servimg.com/u/f65/13/85/75/11/110.jpg[/img][/center]

[color=black][color=black]"Voici le parcours le Thanos, en recherche spirituelle avec Christos, puis en apprenti Apôtre, et enfin en Solitaire mais non ascète- transmetteur de la Foy Aristotélicienne.

On peut dire que cet apôtre aura fait du chemin, tant sur le point spirituel que sur le plan physique.
S'il a eu des défaillances, on peut aussi affirmer qu'il a su en retirer la force de voir de plus loin, et de voir plus haut.

Son périple a commencé à la mort de son frère déficient, seul vers la ville où il rencontra Christos et quelques Apôtres.
Son voyage avec le Prophète et les autres apôtres lui auront appris la rigueur de la Foy, et ses exigences. (Transmettre, évoluer, vie en commun, etc.)
La mort de Christos le choqua profondément, et sa peine se transforma en faiblesse. Il fuit donc les lieux. C'est là sa différence avec les autres apôtres, il part comme eux transmettre la bonne parole, mais les autres le font dans la continuité de ce que leur a appris Christos. Lui prêche, mais par fuite d'un évènement qui le sidère par sa barbarie.

Insensiblement, la force spirituelle lui revint.
Mais un naufrage le déposa sur une île qui devait le piéger par sa douceur de vivre.
Thanos n'a jamais renié sa Foy, ni rien fait contre elle, au contraire : partout où il est passé, il a prêché avec bénéfice pour l’épanouissement de l’Église l'Aristotélisme avec ferveur et recueillement.
Mais il avait besoin d'apprendre que prêcher ne suffisait pas et qu'il fallait aussi aller de l'avant, aller au devant des autres, se donner davantage.
Ainsi Le Très-Haut a t-il décidé de lui faire passer cette épreuve.

Gallinara fut cette île presque déserte où il fut chaudement accueilli pendant de longues années, durant lesquelles Thanos réalisa tardivement que "la vie était douce et facile, mais qu'elle amenait à la stagnation spirituelle si elle demeurait fermée du reste du monde", et que "de même le jeune enfant ne peut boire que du lait, en grandissant il doit apprendre à varier ce qui le sustente et connaitre d'autres nourritures.

C'est après bien des jours et des jours qu'il arriva enfin à Walla (LAVAL), après avoir marché sur les chemin de Provence et longé le Languedoc et le Lyonnais Dauphiné, pénétré légèrement le Bourbonnais Auvergne et bifurqué chez les Burgondes, prêché jusqu'en Champagne et à Lutécia, puis visité l'Orléanais et être passé les Turons qu'il se posa enfin par la force des choses dans le Maine.
Bien qu'immobilisé, Thanos alors s'était alors affranchi de sa"stagnation spirituelle" depuis bien longtemps...


Son voyage terrestre aura préparé toute sa vie celui vers le Soleil, et comme tout voyage terrestre, n'aura été ni définitif, ni éternel.
Il se terminera par un autre Voyage, plus déterminant pour son avenir céleste, et au moment de franchir la porte, il aura compris l'immensité du Don de Vocation que lui avait offert Le Très-Haut. "[/color][/color][/quote]

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