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 Les Princes Démons

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Richelieu1
Cardinal Archevêque d'Aix-en-Provence
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Lieu RP : Brignoles

Feuille de personnage
Nom et prénom: Ludovi de Sabran
Paroisse: Brignoles

MessageSujet: Re: Les Princes Démons   Ven 6 Aoû 2010 - 2:54

Citation :

Les Princes Démons
Lucifer ; Prince de l'Acédie



  • La venue au monde d'un enfant idéal
Il y a bien longtemps dans un petit village situé à quelques lieues au sud d'Oanylone, une femme et un mari comblés, heureux en amour et se contentant du peu qu'ils avaient, donnèrent naissance à un petit bout qu'ils nommèrent Lucifer. Les deux parents, Lucie et Ferdinand vivaient dans le bonheur, ils ne roulaient pas sur l'or mais le produit de leur bétail suffisait à les nourrir. Ils avaient toujours désiré avoir un fils et, en ce jour mémorable de joie, tous leurs vœux furent exhaussés. C'est ainsi que Lucifer débuta sa vie, dans l'amour le plus cher et dans la protection de deux parents aimants et dévoués à son plus grand soin.

Lucifer avait grandit trop vite au goût de ses parents, mais rien n'était venu perturber le parfait équilibre familial qui s'était instauré avec sa venue et Ferdinand ne cessait de louer la gentillesse et la bienveillance de son fils. Lucie ne tarissait pas d'éloges quand à ses capacités et à sa finesse. Son père et sa mère étaient tellement fiers d'avoir mit au monde ce petit garçon si sage, si aimant qu'ils n'en finissaient pas de s'extasier devant lui. C'est lorsqu'il fut adolescent qu'ils comprirent que Lucifer serait voué à une grande destinée.



Les jeunes amis de Lucifer étaient toujours ravis de passer du temps avec lui, il était de bonne compagnie et avait la confiance d'un grand nombre. Il avait toujours les éloges de ceux qu'il rencontrait et ses parents avaient économisé le moindre denier pour lui permettre d'avoir une éducation correcte. Ferdinand disait toujours ne pas vouloir que son fils fut un simple paysan et entretenait les rêves les plus doux à son égard, Lucie, elle, partageait la même vision et tous deux avaient donné ce qu'ils avaient à leur fils. Lucifer était honnête, il était réellement bon, bienveillant et c'était un véritable ami, il mettait en pratique tout l'amour qu'il avait reçu avec les autres. Un noble chevalier, Calistan, qui régnait sur un domaine lointain du village entendit parler de cet enfant si bien dépeint par la rumeur. Il décida de le rencontrer et de s'assurer que l'on ne lui avait pas conté fantaisies. Dans tout le village il questionna les habitants et tous lui répondirent la même chose :

"Lucifer le bon ? Vous le reconnaitrez, c'est un beau jeune homme au regard bienveillant. Pouvez pas vous planter messire."

Le preux chevalier ne tarda pas à croiser le regard emplit d'amour du jeune homme, il n'avait pas eu à lui demander si c'était bien lui Lucifer car les yeux du garçon ne pouvaient faire mentir sa réputation. Il lui proposa d'aller ensemble voir ses parents car il souhaitait lui offrir un bel avenir. Calistan expliqua à Lucifer qu'il cherchait depuis longtemps un jeune écuyer, il le voulait juste et valeureux, bon et honnête et la réputation du jeune homme l'avait attiré jusqu'ici. Ainsi, il proposa à Ferdinand et Lucie d'emmener avec lui le jeune éphèbe et de lui apprendre la chevalerie, ce que tous trois acceptèrent sans ciller.

  • L'apprentissage de la vertu et de la foi
Lucifer accompagna le chevalier en son domaine pour un apprentissage qui allait durer de longues années. Il fut d'abord nommé écuyer lors d'une cérémonie dirigée par un guide spirituel et s'engagea à servir son nouveau maître, à respecter les valeurs de la chevalerie et à toujours vivre dans la vertu. Calistan s'était donné pour œuvre de faire de ce jeune homme un grand chevalier et pour débuter, il lui parla d'Oane :

Calistan : "Mon jeune ami, connais-tu Oane ?"
Lucifer : "Il est le fondateur de la grande cité d'Oanylone, non ?"
Calistan : "Pas seulement mon cher, il est une grande figure de notre monde car c'est grâce à lui que nous avons une âme ! Je vais te raconter son histoire..."

Et Calistan lui raconta l'histoire des hommes, comment ils se sentaient délaissés de Dieu et comment ils se pensaient privés de talents, comment ils se croyaient mis à l'écart en raison de l'infériorité dont ils s'imaginaient victimes. Il conta comment Dieu avait réuni ses créations et la question qu'il posa. Il expliqua comment une créature s'avança et donna sa réponse, puis, comment Dieu ordonna à Oane de lui en donner une autre. Enfin, le chevalier dévoila quels furent les mots d'Oane qui nous donnèrent le statut d'enfants du Très Haut. Lucifer restait sans voix devant cet homme qui avait su comprendre le monde, lui-même partageait cette vision, et ce, depuis fort longtemps. Il n'avait jamais réellement compris ce dont il s'agissait mais Lucifer en était certain, maintenant, il avait trouvé les mots pour décrire ce qu'il ressentait. Calistan lui raconta ensuite comment Oane, devenu guide spirituel, conduisit les hommes dans une grande plaine après de nombreuses années de voyage. il enchaina cette histoire en lui décrivant la mort d'Oane et l'acceptation qu'il en avait eu, puis termina par la création d'Oanylone et le culte voué à Oane par ceux qui vénéraient le Très Haut. Lucifer fut tant séduit et touché qu'il chercha à approfondir son savoir sur Oane et l'aube de l'humanité pendant de nombreuses années, en plus de son travail d'écuyer consistant à servir son chevalier.

Le jeune écuyer était dans une servitude sans faille à l'égard de Calistan et ne faisait jamais de difficulté, non seulement pour lui céder les places d'honneur en tous lieux, mais aussi pour lui obéir, ou encore porter son bouclier. Cette grande subordination devait lui permettre d'embrasser le désir de se rendre digne de la chevalerie, par ses actions de valeur et de bonne conduite, mais aussi par la vertu, essentielle pour faire un parfait chevalier. Lucifer vénérait le Très Haut et partageait cette dévotion avec son chevalier, en même temps qu'il comprenait le sens de la vie et priait avec ferveur, il s'entrainait au combat et au maniement des armes. Son apprentissage fut long et difficile, durant plus de sept ans il travailla avec acharnement, se conduisit tel un parfait chevalier, et, pour tous ses précepteurs, il fut un élève surdoué. Un jour, alors qu'il devisait avec son maitre, il le questionna :

Lucifer : "Maitre, si le sens de la vie est l'amour et si nous sommes tous égaux devant le Très Haut, pourquoi nous entrainer à combattre ? Ne devrions-nous pas expliquer la volonté de Dieu ? Partager notre amour en toute circonstance ?"
Calistan : "Mon jeune écuyer, Dieu nous aime et nous l'aimons, mais Il nous a laissé le choix de comprendre cela, et donc, celui de refuser cet état de fait ! Il a aussi laissé à nos côtés la créature qui avait donné la première réponse afin de nous tenter et de nous permettre de faire un libre choix. Aussi, beaucoup suivent malheureusement les préceptes de cette infâme créature."
Lucifer : "Mais, dans ce cas, ne devrions-nous pas nous contenter de tuer la créature ?"
Calistan : "Non, mon jeune écuyer, la tuer serait faire fi de la volonté de Dieu et par dessus tout, cela imposerait l'amour du Très Haut par la force. Il est indispensable de comprendre en quoi Il nous aime et en quoi nous devons l'aimer en retour."

Tous deux devisèrent ainsi et Calistan expliqua pourquoi le chevalier devait défendre la justice, l'honneur et la bravoure, il lui fit comprendre en quoi un vrai et preux chevalier se devait de protéger le faible et de tordre le cou à l'injustice. Ainsi, ils discutèrent encore et encore et ce pendant tout le temps que Lucifer accompagna son maitre. Pour terminer son enseignement, après dix longues années d'apprentissage au rang d'écuyer au service du chevalier, ce dernier l'emmena à des lieues de son domaine pour voir la cité d'Oanylone dont ils avaient tant parlé. Le jeune homme fut alors bien loin de s'imaginer ce que lui avait réservé Calistan.

  • La chevalerie et la gloire de Dieu
Calistan et Lucifer Chevauchèrent jusqu'aux contreforts de la cité d'Oanylone, déjà grandement entachée par le vice et le péché. Si le chevalier avait raconté l'histoire de cette ville, il n'avait pas non plus oublié de préciser ce qu'elle était devenue et comment les marauds et autres maroufles y faisaient parfois loi. Lucifer resta ébahi devant l'imposante cité, ses yeux étaient émerveillés par le symbole qu'elle représentait et il sentait au fond de lui l'envie de rendre à ce lieu sa splendeur légendaire.

Calistan emmena ainsi Lucifer sur la tombe d'Oane et, devant ceux qui faisaient jadis office de prêtre, débuta une grande cérémonie. Le chevalier considéra ce jour qu'il n'avait plus rien à apprendre au jeune homme devenu raison et force, Lucifer, du haut de ses vingt-cinq ans, fut ainsi adoubé Chevalier par Calistan. Ce dernier lui offrit les terres qu'il possédait en Oanylone et un pécule non négligeable avec pour mission de redresser les torts de cette cité au passé si brillant. Lucifer se senti alors investi d'une mission divine et fut, pour la première fois, fier de ce qu'il avait accomplit jusqu'alors.



Le chevalier Lucifer installa son fief dans le domaine qui lui avait été donné, il prêcha dans la ville pour trouver hommes et femmes souhaitant l'accompagner dans sa volonté de redorer le blason d'Oanylone, sa prestance et ses grandes qualités, ajoutées à sa vertu et sa foi, lui permirent de convaincre bien plus d'âmes qu'il ne le pensait. Lucifer fonda ainsi l'Ordre des Justes d'Oane et entreprit de défendre la justice, de protéger les faibles et de combattre la misère par tous les moyens dont il disposait. En quelques mois, il devint un personnage incontournable de la cité, faisant fuir les brigands et provoquant l'admiration des puissants. Il fut reçu par les dirigeants même d'Oanylone qui lui donnèrent un blanc-seing afin qu'il redresse les torts. Ses hommes répandaient l'histoire d'Oane et expliquaient le sens de la vie tandis que lui, armé de son courage, se battait pour rendre meilleurs les mauvais hommes qu'il croisait. Lucifer ne fit jamais preuve de violence inconsidérée, il ne se battait qu'en extrême recours et uniquement pour se défendre ou défendre un faible face à un plus fort. Il veillait à ne pas faire justice lui-même et travaillait de concert avec les autorités d'Oanylone, s'assurant que la justice soit dignement rendue.

En à peine cinq ans, l'Ordre des Justes d'Oane devint incontournable dans tout le royaume et les hommes qui avaient rejoint Lucifer partageaient tous la même foi et le même code d'honneur, il avait lui-même adoubé cinq chevaliers et, dans toute la communauté, les Justes étaient de véritables amis. Calistan venait le voir régulièrement et était fier de ce qu'avait accompli son ancien écuyer. Ses parents furent eux aussi comblés de la destinée de leur fils, mais, malgré son insistance, refusèrent de venir vivre dans son domaine. Ils lui avaient expliqué qu'ils se devaient de travailler car Dieu leur avait donné la terre et que, se prélasser dans l'oisiveté ne ferait en rien leur bonheur. Lucifer, avec regret, comprit leur décision et fut heureux de les accueillir chaque fois qu'ils le voulaient. La cité d'Oanylone semblait guérir de ses maux et les Justes étaient craints et respectés. Ils rendaient gloire à Dieu et poussaient les hommes à voir l'amour que Dieu leur portait, non par la force mais par leurs actes et leurs paroles. Le culte du Très Haut ne fut jamais aussi fort à Oanylone, excepté après la mort d'Oane.

Inévitablement, en ces temps tout de même troublés, Lucifer attisa haine et esprit de vengeance. Nombreux étaient ceux qui croupissaient dans les geôles de la cité par le seul fait du Chevalier. Les riches et avares commençaient à voir en lui une menace, pensant qu'il finirait par chercher à gouverner Oanylone à leur place. Ceux qui péchaient et répandaient le vice se sentaient aussi menacés. Les corrompus et les grands brigands savaient qu'ils ne pourraient vivre de leurs forfaits tant que l'Ordre des Justes règnerait en maitre sur la cité, et, ils connaissaient la raison de tout cela, Lucifer le bon...ainsi ils se regroupèrent et décidèrent de faire disparaitre cet encombrant chevalier.

  • L'insoutenable souffrance et la tentation
Les puissants et riches apeurés, sous l'emprise de la tentation et du péché, financèrent alors les plus vils malandrins d'Oanylone dans l'unique but de réduire Lucifer au silence. Ils savaient qu'ils ne pouvaient pas directement s'attaquer à lui au risque d'en faire un martyr et de rendre le culte de Dieu d'autant plus fort. Ainsi, ils s'attaquèrent à tout ce en quoi Lucifer croyait. Une petite armée fut montée dans le but d'attaquer le village natal du chevalier. Les habitants des lieux furent frappés et meurtris dans leurs chairs si bien que Lucifer se donna pour quête de ramener la paix dans le petit bourg. Il se rendit alors là-bas avec ses chevaliers pour combattre ceux qui avaient amené la haine et la violence. C'est sur le chemin le menant au combat qu'un messager vint le trouver et lui annonça la mort de ses parents et de ses plus proches amis, tous brûlés vifs. Déchiré par la tristesse le Juste et les siens frappèrent le mal victorieusement en quelques jours, mais la souffrance qu'il avait en lui ne disparut pas.



Pendant ces quelques jours, d'autres entreprirent d'attaquer les guides spirituels qui prêchaient l'amour du Très Haut, leur faisant subir sévices et tortures sans que personne ne puisse s'y opposer. Les marauds avaient prit soin de s'attaquer en force à l'Ordre des Justes d'Oane et lorsque Lucifer et ses chevaliers rentrèrent, les nouvelles furent tout autant dramatiques. Presque tous les guides avaient été tués et la foule qui les écoutait régulièrement était terrorisée et ne comprenait pas pourquoi Dieu n'était pas intervenu en leur faveur. S'en suivi des semaines de terreur, la violence et le meurtre accompagnèrent désormais chaque apparition publique des chevaliers et des guides, si bien que la population commença à penser que les Justes étaient maudits. La vile entreprise fomentée par ceux qui craignaient Lucifer continua de plus belle, Calistan et sa famille furent massacrés, son domaine brûlé et ses enfants battus à mort. Lucifer en était encore plus dépité et lentement, commença à se morfondre dans le tourment le plus terrible.

Tout cela n'avait pas suffit à faire changer l'homme qui continuait à croire que l'amour pourrait triompher de toute cette haine et de toute cette violence. Alors, les comploteurs décidèrent de lui donner le coup de grâce et s'arrangèrent pour faire abattre ses chevaliers. Tous subirent d'horribles fins, leurs corps mutilés et sans vie furent trouvés pendus dans les quatre coins d'Oanylone. C'est là que Lucifer rencontra la créature sans nom, attirée par toute cette souffrance et ces sentiments enfouis au fond d'une âme torturée. La créature prit la forme d'un esprit et se rendit sur la tombe d'Oane où Lucifer tentait d'apaiser ses douleurs morales, la rencontre fut brève.

Esprit : "Jeune chevalier, j'ai entendu ton affreuse histoire, la rumeur dit que tous ceux que tu aimais ont été tués."
Lucifer : "Qui es-tu ?"
Esprit : "Qui je suis ? Je suis celui qui gît dans cette tombe, celui qui fit construire cette cité."
Lucifer : "Oane ? Tu es Oane ? Comment cela est-il possible..."
Esprit : "Mon jeune ami, rien n'est impossible pour celui qui a trouvé La réponse. Si je suis venu c'est pour te poser une question. Vas-tu laisser ces horribles atrocités impunies ?"
Lucifer : "Je ne veux point en parler, mon âme est déchirée et mes nuits sont faites de cauchemars et de pleurs. Je ne sais plus à quoi me raccrocher pour survivre à tant de haine."
Esprit : "La justice d'Oanylone ne sera jamais assez sévère pour apaiser ton cœur et ton âme. De tous les hommes que j'ai connus, jamais je n'en avais croisés affublés d'un regard si triste. Cherche au fond de toi-même, tu verras qu'il te faut faire justice, et seulement après avoir occis le dernier assassin des tiens, tes souffrances seront apaisées..."

Le bon chevalier se laissa alors aller à la vengeance, et la haine s'empara de son cœur. Il avait ainsi subi trop de douleur et de malheur et succomba à la colère de n'avoir pu protéger les siens, de n'avoir pu sauver ses proches. Avec une immense violence, il se battit pour trouver les coupables et les massacra uns à uns, mais, seuls ceux qui s'étaient rendus coupables d'atrocités furent tués, ceux qui avaient financé et fomenté ces projets échappèrent au triste sort de leurs mercenaires. Pourtant, après cela, Lucifer ne fut aucunement apaisé, au contraire, sa peine, mêlée aux horreurs qu'il avait commit le rendirent encore plus mal.

Ainsi, pour parachever leur œuvre destructrice et pècheresse, les puissant propriétaires corrompus décidèrent d'un ultime complot qui fut monté contre Lucifer en personne. Alors que le chevalier défendait la vertu, la foi, la justice et la bravoure, il avait massacré à la hâte ceux qu'il avait lui-même condamné. Des juges corrompus se présentèrent à son domaine et l'accusèrent d'avoir donné la mort sans justice, d'avoir semé la haine et tué aveuglément. Lucifer, déjà aux tréfonds de la souffrance humaine fut alors jeté en pâture à la plèbe, trop contente de voir qu'un héros si jalousé ne fut qu'un vil brigand. Il fut ainsi trainé dans la fange et l'opprobre, accusé de tous les maux et de tous les vices. Lors d'un jugement public, la sentence fut exemplaire et lourde pour le chevalier accusé d'avoir usurpé sa réputation, son Ordre fut démantelé, ses guides furent exécutés publiquement et ses amis furent bannis d'Oanylone. Quand à Lucifer, après de nombreux jours de torture, il fut destitué de son titre de chevalier, ses terres furent saisies et lui fut jeté dans les geôles de la cité pour y croupir jusqu'à sa mort.

  • La déchéance spirituelle
Dans sa cellule, Lucifer, meurtri, dépité, abattu et aux tréfonds de ce que l'âme humaine pouvait supporter pleura pendant des jours et des jours. Il ne pouvait comprendre comment tout cela était arrivé et se senti abandonné par le Très Haut. Il se demandait comment Dieu qui n'était qu'Amour à ses yeux avait pu laisser de telles choses se produire. A nouveau, la créature sans nom fut puissamment attirée par ce calvaire et, cette fois, elle usa d'une autre ruse pour lui parler. La créature insuffla son âme dans un prisonnier d'une geôle voisine de celle de Lucifer.

Créature : "Cesse de geindre comme une fillette !"
Lucifer : "...laisse-moi..."
Créature : "Je n'ai pas à supporter cela, voilà tant de temps que je croupis ici pour avoir prêché l'amour du Tout Puissant !"
Lucifer : "Tu es guide ? Veux-tu prier avec moi ?
"
Créature : "Il y a nulle prière que Dieu entende, il nous a laissé depuis bien longtemps."
Lucifer : "Non...Dieu nous a laissé le libre arbitre..."
Créature : "Non, il nous a abandonné. On m'a conté ton histoire et elle en est l'ultime preuve !"
Lucifer : "Que veux-tu dire ?"

Créature : "Tu es devenu l'un des plus puissants chevaliers qu'Oanylone ait connu, tu as protégé les faibles et combattu les injustices et regarde où tu cela t'a mené ! Tes proches tous ont été tués, tout ce en quoi tu croyais s'est effondré. Te faut-il encore des preuves pour comprendre que l'Amour est un leurre ? Tu as usé de la force et vengé les tiens et pourtant, es-tu soulagé ? Il n'y a pas de justice, il n'y a pas d'amour, des plus fort que toi t'ont dominé. C'est là l'unique réalité de notre monde et l'unique moteur qui doit nous faire avancer..."

Durant cette nuit, la créature fit mourir le prisonnier dans d'atroces souffrances et Lucifer assista une fois de plus à ce qu'il considérait désormais comme l'abandon de Dieu. Les jours passèrent, puis les semaines se transformèrent en mois et les mois devinrent années si bien que Lucifer atteignit l'âge de quarante-quatre ans emprisonné et toujours épris d'une indicible peine. Au fur et à mesure que le temps avait passé, sa Foi l'avait totalement quitté, il ne croyait plus en l'Amour du Très Haut et son corps se transforma. Ses muscles saillants devinrent secs et ses prières à Dieu laissèrent place à des siestes sans rêves. La soif de connaissance qui l'avait animée s'était tarie et plus rien n'animait l'homme qui fut un preux chevalier. Alors qu'il était voué à rester emprisonné jusqu'à sa fin, Lucifer fut gracié et libéré par quelques hommes émus par le sort qui lui avait été réservé. Ils lui donnèrent un petit lopin de terre cultivables et suffisamment d'argent pour vivre jusqu'à son dernier souffle.

Las de la vie et insatisfait, Lucifer engagea quelques domestiques pour s'occuper de lui donner le confort qu'il n'avait pas eu. Il ne cultiva pas ses terres et passa ses journées à se morfondre dans son malheur. L'oisiveté l'avait ainsi envahit et Lucifer ne faisait rien d'autre que dormir et manger, lui qui n'avait jamais une minute à perdre pour ne rien faire. D'anciens auditeurs de ses prêches fervents vinrent le voir, tous s'étonnèrent de le voir ainsi. Lucifer, pendant des mois avait mangé plus qu'il n'avait bougé, il était ainsi devenu gras et disgracieux. Les hommes tentèrent de comprendre et le plus ancien s'avança.

Ancien : "Sire Lucifer, pourquoi ne prêches-tu plus ? Ceux qui t'ont fait du mal sont tous morts où partis."
Lucifer : "Prêcher ? Il n'y a plus rien à prêcher. Dieu ne nous aime pas et c'est à se demander s'il existe. La foi n'est qu'un leurre que nous avons inventé pour ne pas craindre la mort. De sens, la vie n'en a pas. Nul plaisir pour les hommes si ce n'est celui de ne rien faire. La vie n'est qu'un chemin que nous empruntons sans en maitriser quoi que ce soit."
Ancien : "Lucifer, tu voudrais prier mais ton cœur ne sait plus de prière. Froide est l'acédie qui recouvre ton corps, tu n'es qu'une statue de marbre assise sur sa propre tombe."

Les anciens furent atterrés d'entendre les propos de Lucifer et de voir dans quelle acédie il s'était laissé aller. Lucifer vécu ainsi pendant plus de dix ans, n'ayant goût à rien, ignorant tout des plaisirs de la vie et reniant la foi qui l'animait jadis. A ceux qui tentaient de le convaincre de reprendre goût à la vie, il débitait le même discours et tous ne purent que constater que l'homme n'était plus que l'ombre d'une âme, un corps vivant mais sans illumination.

En ce temps là, Oanylone connaissait une période mouvementée et agitée par les remous du vice et et l'écume des péchés. La haine et la violence s'étaient emparées de toute la cité, l'acédie avait gagné les travailleurs qui préférèrent les biens matériels aux biens spirituels, l'oisiveté avait gagné tous les étages de la société d'Oanylone si bien que Lucifer fut à nouveau traité en exemple et élevé au rang de mythe. Son attitude paresseuse et oisive se répandit rapidement au sein du cloaque qu'était devenu la ville, et un véritable culte lui fut voué. Bourgeois et riches s'adonnèrent, eux aussi à la paresse, faisant travailler les autres à leur place et, comme Lucifer, commencèrent à ne plus croire en rien.Les péchés d'acédie, de gourmandise, d'avarice, de colère, d'envie, d'orgueil et de luxure s'emparèrent d'Oanylone, La créature sans nom qui rôdait parmi les hommes insuffla son venin dans le cœur des faibles qui se retournèrent contre les forts si bien que la guerre éclata et que la violence, le meurtre et la haine devinrent ce qui guidait la cité. C'est alors que le Très Haut parla aux hommes et leur lança un ultimatum. Il donna sept jours aux humains pour quitter Oanylone sans quoi, tous ceux présents seraient détruits avec la cité. Nombreux furent ceux qui quittèrent sans délai la cité devenue maudite mais nombreux furent ceux qui restèrent.

La créature apparut une dernière fois à Lucifer et l'enrôla pour diffuser son message appelant à l'acédie. Il prêcha auprès des individus les plus vils qui pouvaient se trouver à Oanylone, étant écouté bien plus qu'il ne le fut par le passé lorsqu'il diffusait un message vertueux empli d'amour. Peu à peu, tous perdirent rapidement le goût de la vie et cédèrent à une acédie sans limite. Ils vinrent l'écouter prêcher à nouveau dans sa propre demeure contre toute forme d'activité et de spiritualité. De nombreux hommes assistaient à ses diatribes endiablées contre le Très Haut prônant l'acédie. Lucifer avait rédigé des préceptes, six à ce jour, ont été retrouvés :

  • Premier précepte : "Ne faites pas ce qu'un autre peut faire pour vous, il serait dommage de perdre sa propre existence à s'user au travail."

  • Second précepte : "Il n'est nul besoin de se perdre en prières et en méditations puisque le repos du sommeil nourrit tout autant l'esprit de l'homme."

  • Troisième précepte : "Croire en une quête spirituelle et religieuse est illusoire car l'homme est intrinsèquement voué au péché. Par nature il est pervers et, par essence, il est vicieux. L'amour est un leurre qui l'enferme dans une croyance dogmatique sans fondement."

  • Quatrième précepte : "Le seul plaisir que devrait avoir l'homme est celui de ne rien faire car la vie n'est que vide et sa saveur n'a aucun goût. Ainsi, si ce plaisir ne peut exister, autant n'avoir aucun plaisir."

  • Cinquième précepte : "Si ne rien faire est pêcher alors, prêcher le péché est vertueux."

  • Sixième précepte : "La vertu est un vice lorsqu'elle est érigée au rang d'icône dogmatique et le vice est une vertu lorsqu'il laisse l'homme libre de ne rien faire."
Dans Oanylone, sept vertueux, ayant accepté la fatalité et la punition de Dieu, en firent autant que Lucifer et les autres hommes choisis par la créature sans nom. Sylphaël, lui, incarnait le plaisir et s'opposait à Lucifer en tout point, dès qu'il apparaissait en un lieu pour prôner l'amour de Dieu et le plaisir vertueux, Lucifer passait derrière lui pour prêcher l'inverse. Cela dura six jours, six longs jours pendant lesquels les hommes et femmes restés à Oanylone écoutèrent Lucifer ou Sylphaël. Ainsi, vint le septième jour et Dieu, dans Sa colère, fit jaillir des abysses de la terre les laves rougeoyantes et infernales qui brûlèrent toute vie. La terre se déchira ensuite pour laisser Oanylone disparaitre dans le gouffre de l'oubli.

  • Une éternité d'Acédie
Lucifer fût présenté au Très Haut comme chaque homme et chaque femme resté en Oanylone. Tout comme les autres, il n'abjura aucun de ses péchés et ne reconnu pas la puissance du Très Haut. Dans sa colère Sainte, Dieu jeta Lucifer sur la lune afin qu'il purge une éternité d'acédie et paye ses péchés terrestres. La colère du Tout Puissant fut d'autant plus forte que Lucifer l'avait loué pendant bien des années avant de céder à la tentation de la créature sans nom et de sombrer dans le vice. Ayant incarné l'acédie pendant une grande partie de son existence mortelle, il fut envoyé sur les immenses pics rocheux de l'enfer et son apparence se déforma, ses muscles et ses graisses fondirent, sa peau se resserra sur ses os si bien qu'il ressembla à un squelette. Pour le punir d'avoir passé trop de temps dans l'oisiveté, Dieu lui donna le corps d'un vieillard à la barbe hirsute et, enfin, en raison des nombreuses années qu'il avait passé à se lamenter sur son sort sans penser aux autres, Lucifer fut condamné à verser de chaudes larmes pour l'éternité.



Le Très haut avait créé l'enfer qui se trouvait sur la lune afin d'y envoyer les plus viles âmes humaines. Alors qu'Il leur avait donné l'amour et qu'Il en avait fait Ses enfants, beaucoup se détournèrent de lui et ne manifestèrent que vice et péché, oubliant vertu et amitié. Ainsi, parmi les hommes, ceux qui se laissent aller, ceux qui s'oublient dans l'oisiveté et la paresse spirituelle ou ceux qui s'adonnent à la négation de la vie et ignorent leur propre satisfaction rejoignent les rangs des âmes damnées de Lucifer, Prince de l'Acédie.


Traduit du grec par monseigneur Bender.B.Rodriguez

Code:
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Lucifer ; Prince de l'Acédie[/i][/color][/size]

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[*][b]La venue au monde d'un enfant idéal[/b]
[/list]Il y a bien longtemps dans un petit village situé à quelques lieues au sud d'Oanylone, une femme et un mari comblés, heureux en amour et se contentant du peu qu'ils avaient, donnèrent naissance à un petit bout qu'ils nommèrent Lucifer. Les deux parents, Lucie et Ferdinand vivaient dans le bonheur, ils ne roulaient pas sur l'or mais le produit de leur bétail suffisait à les nourrir. Ils avaient toujours désiré avoir un fils et, en ce jour mémorable de joie, tous leurs vœux furent exhaussés. C'est ainsi que Lucifer débuta sa vie, dans l'amour le plus cher et dans la protection de deux parents aimants et dévoués à son plus grand soin.

      Lucifer avait grandit trop vite au goût de ses parents, mais rien n'était venu perturber le parfait équilibre familial qui s'était instauré avec sa venue et Ferdinand ne cessait de louer la gentillesse et la bienveillance de son fils. Lucie ne tarissait pas d'éloges quand à ses capacités et à sa finesse. Son père et sa mère étaient tellement fiers d'avoir mit au monde ce petit garçon si sage, si aimant qu'ils n'en finissaient pas de s'extasier devant lui. C'est lorsqu'il fut adolescent qu'ils comprirent que Lucifer serait voué à une grande destinée.

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      Les jeunes amis de Lucifer étaient toujours ravis de passer du temps avec lui, il était de bonne compagnie et avait la confiance d'un grand nombre. Il avait toujours les éloges de ceux qu'il rencontrait et ses parents avaient économisé le moindre denier pour lui permettre d'avoir une éducation correcte. Ferdinand disait toujours ne pas vouloir que son fils fut un simple paysan et entretenait les rêves les plus doux à son égard, Lucie, elle, partageait la même vision et tous deux avaient donné ce qu'ils avaient à leur fils. Lucifer était honnête, il était réellement bon, bienveillant et c'était un véritable ami, il mettait en pratique tout l'amour qu'il avait reçu avec les autres. Un noble chevalier, Calistan, qui régnait sur un domaine lointain du village entendit parler de cet enfant si bien dépeint par la rumeur. Il décida de le rencontrer et de s'assurer que l'on ne lui avait pas conté fantaisies. Dans tout le village il questionna les habitants et tous lui répondirent la même chose :

      "[i][b]Lucifer le bon ? Vous le reconnaitrez, c'est un beau jeune homme au regard bienveillant. Pouvez pas vous planter messire.[/b][/i]"

Le preux chevalier ne tarda pas à croiser le regard emplit d'amour du jeune homme, il n'avait pas eu à lui demander si c'était bien lui Lucifer car les yeux du garçon ne pouvaient faire mentir sa réputation. Il lui proposa d'aller ensemble voir ses parents car il souhaitait lui offrir un bel avenir. Calistan expliqua à Lucifer qu'il cherchait depuis longtemps un jeune écuyer, il le voulait juste et valeureux, bon et honnête et la réputation du jeune homme l'avait attiré jusqu'ici. Ainsi, il proposa à Ferdinand et Lucie d'emmener avec lui le jeune éphèbe et de lui apprendre la chevalerie, ce que tous trois acceptèrent sans ciller.
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[*][b]L'apprentissage de la vertu et de la foi[/b]
[/list]Lucifer accompagna le chevalier en son domaine pour un apprentissage qui allait durer de longues années. Il fut d'abord nommé écuyer lors d'une cérémonie dirigée par un guide spirituel et s'engagea à servir son nouveau maître, à respecter les valeurs de la chevalerie et à toujours vivre dans la vertu. Calistan s'était donné pour œuvre de faire de ce jeune homme un grand chevalier et pour débuter, il lui parla d'Oane :

      Calistan : "[color=blue][i][b]Mon jeune ami, connais-tu Oane ?[/b][/i][/color]"
Lucifer : "[color=black][i][b]Il est le fondateur de la grande cité d'Oanylone, non ?[/b][/i][/color]"
Calistan : "[color=blue][i][b]Pas seulement mon cher, il est une grande figure de notre monde car c'est grâce à lui que nous avons une âme ! Je vais te raconter son histoire...[/b][/i][/color]"

      Et Calistan lui raconta l'histoire des hommes, comment ils se sentaient délaissés de Dieu et comment ils se pensaient privés de talents, comment ils se croyaient mis à l'écart en raison de l'infériorité dont ils s'imaginaient victimes. Il conta comment Dieu avait réuni ses créations et la question qu'il posa. Il expliqua comment une créature s'avança et donna sa réponse, puis, comment Dieu ordonna à Oane de lui en donner une autre. Enfin, le chevalier dévoila quels furent les mots d'Oane qui nous donnèrent le statut d'enfants du Très Haut. Lucifer restait sans voix devant cet homme qui avait su comprendre le monde, lui-même partageait cette vision, et ce, depuis fort longtemps. Il n'avait jamais réellement compris ce dont il s'agissait mais Lucifer en était certain, maintenant, il avait trouvé les mots pour décrire ce qu'il ressentait. Calistan lui raconta ensuite comment Oane, devenu guide spirituel, conduisit les hommes dans une grande plaine après de nombreuses années de voyage. il enchaina cette histoire en lui décrivant la mort d'Oane et l'acceptation qu'il en avait eu, puis termina par la création d'Oanylone et le culte voué à Oane par ceux qui vénéraient le Très Haut. Lucifer fut tant séduit et touché qu'il chercha à approfondir son savoir sur Oane et l'aube de l'humanité pendant de nombreuses années, en plus de son travail d'écuyer consistant à servir son chevalier.

      Le jeune écuyer était dans une servitude sans faille à l'égard de Calistan et ne faisait jamais de difficulté, non seulement pour lui céder les places d'honneur en tous lieux, mais aussi pour lui obéir, ou encore porter son bouclier. Cette grande subordination devait lui permettre d'embrasser le désir de se rendre digne de la chevalerie, par ses actions de valeur et de bonne conduite, mais aussi par la vertu, essentielle pour faire un parfait chevalier. Lucifer vénérait le Très Haut et partageait cette dévotion avec son chevalier, en même temps qu'il comprenait le sens de la vie et priait avec ferveur, il s'entrainait au combat et au maniement des armes. Son apprentissage fut long et difficile, durant plus de sept ans il travailla avec acharnement, se conduisit tel un parfait chevalier, et, pour tous ses précepteurs, il fut un élève surdoué. Un jour, alors qu'il devisait avec son maitre, il le questionna :

      Lucifer : "[color=black][i][b]Maitre, si le sens de la vie est l'amour et si nous sommes tous égaux devant le Très Haut, pourquoi nous entrainer à combattre ? Ne devrions-nous pas expliquer la volonté de Dieu ? Partager notre amour en toute circonstance ?[/b][/i][/color]"
Calistan : "[color=blue][i][b]Mon jeune écuyer, Dieu nous aime et nous l'aimons, mais Il nous a laissé le choix de comprendre cela, et donc, celui de refuser cet état de fait ! Il a aussi laissé à nos côtés la créature qui avait donné la première réponse afin de nous tenter et de nous permettre de faire un libre choix. Aussi, beaucoup suivent malheureusement les préceptes de cette infâme créature[/b][/i][/color]."
Lucifer : "[color=black][i][b]Mais, dans ce cas, ne devrions-nous pas nous contenter de tuer la créature ?[/b][/i][/color]"
Calistan : "[color=blue][i][b]Non, mon jeune écuyer, la tuer serait faire fi de la volonté de Dieu et par dessus tout, cela imposerait l'amour du Très Haut par la force. Il est indispensable de comprendre en quoi Il nous aime et en quoi nous devons l'aimer en retour.[/b][/i][/color]"

      Tous deux devisèrent ainsi et Calistan expliqua pourquoi le chevalier devait défendre la justice, l'honneur et la bravoure, il lui fit comprendre en quoi un vrai et preux chevalier se devait de protéger le faible et de tordre le cou à l'injustice. Ainsi, ils discutèrent encore et encore et ce pendant tout le temps que Lucifer accompagna son maitre. Pour terminer son enseignement, après dix longues années d'apprentissage au rang d'écuyer au service du chevalier, ce dernier l'emmena à des lieues de son domaine pour voir la cité d'Oanylone dont ils avaient tant parlé. Le jeune homme fut alors bien loin de s'imaginer ce que lui avait réservé Calistan.
[list]
[*][b]La chevalerie et la gloire de Dieu[/b]
[/list]Calistan et Lucifer Chevauchèrent jusqu'aux contreforts de la cité d'Oanylone, déjà grandement entachée par le vice et le péché. Si le chevalier avait raconté l'histoire de cette ville, il n'avait pas non plus oublié de préciser ce qu'elle était devenue et comment les marauds et autres maroufles y faisaient parfois loi. Lucifer resta ébahi devant l'imposante cité, ses yeux étaient émerveillés par le symbole qu'elle représentait et il sentait au fond de lui l'envie de rendre à ce lieu sa splendeur légendaire.

      Calistan emmena ainsi Lucifer sur la tombe d'Oane et, devant ceux qui faisaient jadis office de prêtre, débuta une grande cérémonie. Le chevalier considéra ce jour qu'il n'avait plus rien à apprendre au jeune homme devenu raison et force, Lucifer, du haut de ses vingt-cinq ans, fut ainsi adoubé Chevalier par Calistan. Ce dernier lui offrit les terres qu'il possédait en Oanylone et un pécule non négligeable avec pour mission de redresser les torts de cette cité au passé si brillant. Lucifer se senti alors investi d'une mission divine et fut, pour la première fois, fier de ce qu'il avait accomplit jusqu'alors.

[center][img]http://img64.imageshack.us/img64/5040/luciferchevaliera.jpg[/img]
[/center]

      Le chevalier Lucifer installa son fief dans le domaine qui lui avait été donné, il prêcha dans la ville pour trouver hommes et femmes souhaitant l'accompagner dans sa volonté de redorer le blason d'Oanylone, sa prestance et ses grandes qualités, ajoutées à sa vertu et sa foi, lui permirent de convaincre bien plus d'âmes qu'il ne le pensait. Lucifer fonda ainsi l'Ordre des Justes d'Oane et entreprit de défendre la justice, de protéger les faibles et de combattre la misère par tous les moyens dont il disposait. En quelques mois, il devint un personnage incontournable de la cité, faisant fuir les brigands et provoquant l'admiration des puissants. Il fut reçu par les dirigeants même d'Oanylone qui lui donnèrent un blanc-seing afin qu'il redresse les torts. Ses hommes répandaient l'histoire d'Oane et expliquaient le sens de la vie tandis que lui, armé de son courage, se battait pour rendre meilleurs les mauvais hommes qu'il croisait. Lucifer ne fit jamais preuve de violence inconsidérée, il ne se battait qu'en extrême recours et uniquement pour se défendre ou défendre un faible face à un plus fort. Il veillait à ne pas faire justice lui-même et travaillait de concert avec les autorités d'Oanylone, s'assurant que la justice soit dignement rendue.

      En à peine cinq ans, l'Ordre des Justes d'Oane devint incontournable dans tout le royaume et les hommes qui avaient rejoint Lucifer partageaient tous la même foi et le même code d'honneur, il avait lui-même adoubé cinq chevaliers et, dans toute la communauté, les Justes étaient de véritables amis. Calistan venait le voir régulièrement et était fier de ce qu'avait accompli son ancien écuyer. Ses parents furent eux aussi comblés de la destinée de leur fils, mais, malgré son insistance, refusèrent de venir vivre dans son domaine. Ils lui avaient expliqué qu'ils se devaient de travailler car Dieu leur avait donné la terre et que, se prélasser dans l'oisiveté ne ferait en rien leur bonheur. Lucifer, avec regret, comprit leur décision et fut heureux de les accueillir chaque fois qu'ils le voulaient. La cité d'Oanylone semblait guérir de ses maux et les Justes étaient craints et respectés. Ils rendaient gloire à Dieu et poussaient les hommes à voir l'amour que Dieu leur portait, non par la force mais par leurs actes et leurs paroles. Le culte du Très Haut ne fut jamais aussi fort à Oanylone, excepté après la mort d'Oane.

      Inévitablement, en ces temps tout de même troublés, Lucifer attisa haine et esprit de vengeance. Nombreux étaient ceux qui croupissaient dans les geôles de la cité par le seul fait du Chevalier. Les riches et avares commençaient à voir en lui une menace, pensant qu'il finirait par chercher à gouverner Oanylone à leur place. Ceux qui péchaient et répandaient le vice se sentaient aussi menacés. Les corrompus et les grands brigands savaient qu'ils ne pourraient vivre de leurs forfaits tant que l'Ordre des Justes règnerait en maitre sur la cité, et, ils connaissaient la raison de tout cela, Lucifer le bon...ainsi ils se regroupèrent et décidèrent de faire disparaitre cet encombrant chevalier.
[list]
[*][b]L'insoutenable souffrance et la tentation[/b]
[/list]Les puissants et riches apeurés, sous l'emprise de la tentation et du péché, financèrent alors les plus vils malandrins d'Oanylone dans l'unique but de réduire Lucifer au silence. Ils savaient qu'ils ne pouvaient pas directement s'attaquer à lui au risque d'en faire un martyr et de rendre le culte de Dieu d'autant plus fort. Ainsi, ils s'attaquèrent à tout ce en quoi Lucifer croyait. Une petite armée fut montée dans le but d'attaquer le village natal du chevalier. Les habitants des lieux furent frappés et meurtris dans leurs chairs si bien que Lucifer se donna pour quête de ramener la paix dans le petit bourg. Il se rendit alors là-bas avec ses chevaliers pour combattre ceux qui avaient amené la haine et la violence. C'est sur le chemin le menant au combat qu'un messager vint le trouver et lui annonça la mort de ses parents et de ses plus proches amis, tous brûlés vifs. Déchiré par la tristesse le Juste et les siens frappèrent le mal victorieusement en quelques jours, mais la souffrance qu'il avait en lui ne disparut pas.

[center][img]http://img211.imageshack.us/img211/954/luciferdprim.jpg[/img]
[/center]

      Pendant ces quelques jours, d'autres entreprirent d'attaquer les guides spirituels qui prêchaient l'amour du Très Haut, leur faisant subir sévices et tortures sans que personne ne puisse s'y opposer. Les marauds avaient prit soin de s'attaquer en force à l'Ordre des Justes d'Oane et lorsque Lucifer et ses chevaliers rentrèrent, les nouvelles furent tout autant dramatiques. Presque tous les guides avaient été tués et la foule qui les écoutait régulièrement était terrorisée et ne comprenait pas pourquoi Dieu n'était pas intervenu en leur faveur. S'en suivi des semaines de terreur, la violence et le meurtre accompagnèrent désormais chaque apparition publique des chevaliers et des guides, si bien que la population commença à penser que les Justes étaient maudits. La vile entreprise fomentée par ceux qui craignaient Lucifer continua de plus belle, Calistan et sa famille furent massacrés, son domaine brûlé et ses enfants battus à mort. Lucifer en était encore plus dépité et lentement, commença à se morfondre dans le tourment le plus terrible.

      Tout cela n'avait pas suffit à faire changer l'homme qui continuait à croire que l'amour pourrait triompher de toute cette haine et de toute cette violence. Alors, les comploteurs décidèrent de lui donner le coup de grâce et s'arrangèrent pour faire abattre ses chevaliers. Tous subirent d'horribles fins, leurs corps mutilés et sans vie furent trouvés pendus dans les quatre coins d'Oanylone. C'est là que Lucifer rencontra la créature sans nom, attirée par toute cette souffrance et ces sentiments enfouis au fond d'une âme torturée. La créature prit la forme d'un esprit et se rendit sur la tombe d'Oane où Lucifer tentait d'apaiser ses douleurs morales, la rencontre fut brève.

      Esprit : "[i][color=blue][b]Jeune chevalier, j'ai entendu ton affreuse histoire, la rumeur dit que tous ceux que tu aimais ont été tués.[/b][/color][/i]"
Lucifer : "[i][color=black][b]Qui es-tu [/b][/color][/i]?"
Esprit : "[color=blue][i][b]Qui je suis ? Je suis celui qui gît dans cette tombe, celui qui fit construire cette cité.[/b][/i][/color]"
Lucifer : "[color=black][i][b]Oane ? Tu es Oane ? Comment cela est-il possible...[/b][/i][/color]"
Esprit : "[color=blue][i][b]Mon jeune ami, rien n'est impossible pour celui qui a trouvé La réponse. Si je suis venu c'est pour te poser une question. Vas-tu laisser ces horribles atrocités impunies ?[/b][/i][/color]"
Lucifer : "[color=black][i][b]Je ne veux point en parler, mon âme est déchirée et mes nuits sont faites de cauchemars et de pleurs. Je ne sais plus à quoi me raccrocher pour survivre à tant de haine.[/b][/i][/color]"
Esprit : "[color=blue][i][b]La justice d'Oanylone ne sera jamais assez sévère pour apaiser ton cœur et ton âme. De tous les hommes que j'ai connus, jamais je n'en avais croisés affublés d'un regard si triste. Cherche au fond de toi-même, tu verras qu'il te faut faire justice, et seulement après avoir occis le dernier assassin des tiens, tes souffrances seront apaisées...[/b][/i][/color]"

      Le bon chevalier se laissa alors aller à la vengeance, et la haine s'empara de son cœur. Il avait ainsi subi trop de douleur et de malheur et succomba à la colère de n'avoir pu protéger les siens, de n'avoir pu sauver ses proches. Avec une immense violence, il se battit pour trouver les coupables et les massacra uns à uns, mais, seuls ceux qui s'étaient rendus coupables d'atrocités furent tués, ceux qui avaient financé et fomenté ces projets échappèrent au triste sort de leurs mercenaires. Pourtant, après cela, Lucifer ne fut aucunement apaisé, au contraire, sa peine, mêlée aux horreurs qu'il avait commit le rendirent encore plus mal.

      Ainsi, pour parachever leur œuvre destructrice et pècheresse, les puissant propriétaires corrompus décidèrent d'un ultime complot qui fut monté contre Lucifer en personne. Alors que le chevalier défendait la vertu, la foi, la justice et la bravoure, il avait massacré à la hâte ceux qu'il avait lui-même condamné. Des juges corrompus se présentèrent à son domaine et l'accusèrent d'avoir donné la mort sans justice, d'avoir semé la haine et tué aveuglément. Lucifer, déjà aux tréfonds de la souffrance humaine fut alors jeté en pâture à la plèbe, trop contente de voir qu'un héros si jalousé ne fut qu'un vil brigand. Il fut ainsi trainé dans la fange et l'opprobre, accusé de tous les maux et de tous les vices. Lors d'un jugement public, la sentence fut exemplaire et lourde pour le chevalier accusé d'avoir usurpé sa réputation, son Ordre fut démantelé, ses guides furent exécutés publiquement et ses amis furent bannis d'Oanylone. Quand à Lucifer, après de nombreux jours de torture, il fut destitué de son titre de chevalier, ses terres furent saisies et lui fut jeté dans les geôles de la cité pour y croupir jusqu'à sa mort.
[list]
[*][b]La déchéance spirituelle[/b]
[/list]      Dans sa cellule, Lucifer, meurtri, dépité, abattu et aux tréfonds de ce que l'âme humaine pouvait supporter pleura pendant des jours et des jours. Il ne pouvait comprendre comment tout cela était arrivé et se senti abandonné par le Très Haut. Il se demandait comment Dieu qui n'était qu'Amour à ses yeux avait pu laisser de telles choses se produire. A nouveau, la créature sans nom fut puissamment attirée par ce calvaire et, cette fois, elle usa d'une autre ruse pour lui parler. La créature insuffla son âme dans un prisonnier d'une geôle voisine de celle de Lucifer.

      Créature : "[i][color=black][b]Cesse de geindre comme une fillette ![/b][/color][/i]"
Lucifer : "[color=blue][i][b]...laisse-moi...[/b][/i][/color]"
Créature : "[color=black][i][b]Je n'ai pas à supporter cela, voilà tant de temps que je croupis ici pour avoir prêché l'amour du Tout Puissant !"
Lucifer : "Tu es guide ? Veux-tu prier avec moi ?[/b][/i][/color]"
Créature : "[color=blue][i][b]Il y a nulle prière que Dieu entende, il nous a laissé depuis bien longtemps.[/b][/i][/color]"
Lucifer : "[color=black][i][b]Non...Dieu nous a laissé le libre arbitre...[/b][/i][/color]"
Créature : "[color=blue][i][b]Non, il nous a abandonné. On m'a conté ton histoire et elle en est l'ultime preuve ![/b][/i][/color]"
Lucifer : "[color=black][i][b]Que veux-tu dire ?[/b][/i][/color]"

      Créature : "Tu es devenu l'un des plus puissants chevaliers qu'Oanylone ait connu, tu as protégé les faibles et combattu les injustices et regarde où tu cela t'a mené ! Tes proches tous ont été tués, tout ce en quoi tu croyais s'est effondré. Te faut-il encore des preuves pour comprendre que l'Amour est un leurre ? Tu as usé de la force et vengé les tiens et pourtant, es-tu soulagé ? Il n'y a pas de justice, il n'y a pas d'amour, des plus fort que toi t'ont dominé. C'est là l'unique réalité de notre monde et l'unique moteur qui doit nous faire avancer..."

Durant cette nuit, la créature fit mourir le prisonnier dans d'atroces souffrances et Lucifer assista une fois de plus à ce qu'il considérait désormais comme l'abandon de Dieu. Les jours passèrent, puis les semaines se transformèrent en mois et les mois devinrent années si bien que Lucifer atteignit l'âge de quarante-quatre ans emprisonné et toujours épris d'une indicible peine. Au fur et à mesure que le temps avait passé, sa Foi l'avait totalement quitté, il ne croyait plus en l'Amour du Très Haut et son corps se transforma. Ses muscles saillants devinrent secs et ses prières à Dieu laissèrent place à des siestes sans rêves. La soif de connaissance qui l'avait animée s'était tarie et plus rien n'animait l'homme qui fut un preux chevalier. Alors qu'il était voué à rester emprisonné jusqu'à sa fin, Lucifer fut gracié et libéré par quelques hommes émus par le sort qui lui avait été réservé. Ils lui donnèrent un petit lopin de terre cultivables et suffisamment d'argent pour vivre jusqu'à son dernier souffle.

      Las de la vie et insatisfait, Lucifer engagea quelques domestiques pour s'occuper de lui donner le confort qu'il n'avait pas eu. Il ne cultiva pas ses terres et passa ses journées à se morfondre dans son malheur. L'oisiveté l'avait ainsi envahit et Lucifer ne faisait rien d'autre que dormir et manger, lui qui n'avait jamais une minute à perdre pour ne rien faire. D'anciens auditeurs de ses prêches fervents vinrent le voir, tous s'étonnèrent de le voir ainsi. Lucifer, pendant des mois avait mangé plus qu'il n'avait bougé, il était ainsi devenu gras et disgracieux. Les hommes tentèrent de comprendre et le plus ancien s'avança.

      Ancien : "[i][color=blue][b]Sire Lucifer, pourquoi ne prêches-tu plus ? Ceux qui t'ont fait du mal sont tous morts où partis.[/b][/color][/i]"
Lucifer : "[color=black][i][b]Prêcher ? Il n'y a plus rien à prêcher. Dieu ne nous aime pas et c'est à se demander s'il existe. La foi n'est qu'un leurre que nous avons inventé pour ne pas craindre la mort. De sens, la vie n'en a pas. Nul plaisir pour les hommes si ce n'est celui de ne rien faire. La vie n'est qu'un chemin que nous empruntons sans en maitriser quoi que ce soit.[/b][/i][/color]"
Ancien : "[color=blue][i][b]Lucifer, tu voudrais prier mais ton cœur ne sait plus de prière. Froide est l'acédie qui recouvre ton corps, tu n'es qu'une statue de marbre assise sur sa propre tombe.[/b][/i][/color]"

      Les anciens furent atterrés d'entendre les propos de Lucifer et de voir dans quelle acédie il s'était laissé aller. Lucifer vécu ainsi pendant plus de dix ans, n'ayant goût à rien, ignorant tout des plaisirs de la vie et reniant la foi qui l'animait jadis. A ceux qui tentaient de le convaincre de reprendre goût à la vie, il débitait le même discours et tous ne purent que constater que l'homme n'était plus que l'ombre d'une âme, un corps vivant mais sans illumination.

      En ce temps là, Oanylone connaissait une période mouvementée et agitée par les remous du vice et et l'écume des péchés. La haine et la violence s'étaient emparées de toute la cité, l'acédie avait gagné les travailleurs qui préférèrent les biens matériels aux biens spirituels, l'oisiveté avait gagné tous les étages de la société d'Oanylone si bien que Lucifer fut à nouveau traité en exemple et élevé au rang de mythe. Son attitude paresseuse et oisive se répandit rapidement au sein du cloaque qu'était devenu la ville, et un véritable culte lui fut voué. Bourgeois et riches s'adonnèrent, eux aussi à la paresse, faisant travailler les autres à leur place et, comme Lucifer, commencèrent à ne plus croire en rien.Les péchés d'acédie, de gourmandise, d'avarice, de colère, d'envie, d'orgueil et de luxure s'emparèrent d'Oanylone, La créature sans nom qui rôdait parmi les hommes insuffla son venin dans le cœur des faibles qui se retournèrent contre les forts si bien que la guerre éclata et que la violence, le meurtre et la haine devinrent ce qui guidait la cité. C'est alors que le Très Haut parla aux hommes et leur lança un ultimatum. Il donna sept jours aux humains pour quitter Oanylone sans quoi, tous ceux présents seraient détruits avec la cité. Nombreux furent ceux qui quittèrent sans délai la cité devenue maudite mais nombreux furent ceux qui restèrent.

      La créature apparut une dernière fois à Lucifer et l'enrôla pour diffuser son message appelant à l'acédie. Il prêcha auprès des individus les plus vils qui pouvaient se trouver à Oanylone, étant écouté bien plus qu'il ne le fut par le passé lorsqu'il diffusait un message vertueux empli d'amour. Peu à peu, tous perdirent rapidement le goût de la vie et cédèrent à une acédie sans limite. Ils vinrent l'écouter prêcher à nouveau dans sa propre demeure contre toute forme d'activité et de spiritualité. De nombreux hommes assistaient à ses diatribes endiablées contre le Très Haut prônant l'acédie. Lucifer avait rédigé des préceptes, six à ce jour, ont été retrouvés :
[list]
[*][b][color=black]Premier précepte :[/color] "Ne faites pas ce qu'un autre peut faire pour vous, il serait dommage de perdre sa propre existence à s'user au travail."
[/b]
[*][b][color=black]Second précepte :[/color] "Il n'est nul besoin de se perdre en prières et en méditations puisque le repos du sommeil nourrit tout autant l'esprit de l'homme."
[/b]
[*][b][color=black]Troisième précepte :[/color] "Croire en une quête spirituelle et religieuse est illusoire car l'homme est intrinsèquement voué au péché. Par nature il est pervers et, par essence, il est vicieux. L'amour est un leurre qui l'enferme dans une croyance dogmatique sans fondement."
[/b]
[*][b][color=black]Quatrième précepte :[/color] "Le seul plaisir que devrait avoir l'homme est celui de ne rien faire car la vie n'est que vide et sa saveur n'a aucun goût. Ainsi, si ce plaisir ne peut exister, autant n'avoir aucun plaisir."
[/b]
[*][b][color=black]Cinquième précepte :[/color] "Si ne rien faire est pêcher alors, prêcher le péché est vertueux."
[/b]
[*][b][color=black]Sixième précepte :[/color] "La vertu est un vice lorsqu'elle est érigée au rang d'icône dogmatique et le vice est une vertu lorsqu'il laisse l'homme libre de ne rien faire."[/b]
[/list]Dans Oanylone, sept vertueux, ayant accepté la fatalité et la punition de Dieu, en firent autant que Lucifer et les autres hommes choisis par la créature sans nom. Sylphaël, lui, incarnait le plaisir et s'opposait à Lucifer en tout point, dès qu'il apparaissait en un lieu pour prôner l'amour de Dieu et le plaisir vertueux, Lucifer passait derrière lui pour prêcher l'inverse. Cela dura six jours, six longs jours pendant lesquels les hommes et femmes restés à Oanylone écoutèrent Lucifer ou Sylphaël. Ainsi, vint le septième jour et Dieu, dans Sa colère, fit jaillir des abysses de la terre les laves rougeoyantes et infernales qui brûlèrent toute vie. La terre se déchira ensuite pour laisser Oanylone disparaitre dans le gouffre de l'oubli.
[list]
[*][b]Une éternité d'Acédie[/b]
[/list]Lucifer fût présenté au Très Haut comme chaque homme et chaque femme resté en Oanylone. Tout comme les autres, il n'abjura aucun de ses péchés et ne reconnu pas la puissance du Très Haut. Dans sa colère Sainte, Dieu jeta Lucifer sur la lune afin qu'il purge une éternité d'acédie et paye ses péchés terrestres. La colère du Tout Puissant fut d'autant plus forte que Lucifer l'avait loué pendant bien des années avant de céder à la tentation de la créature sans nom et de sombrer dans le vice. Ayant incarné l'acédie pendant une grande partie de son existence mortelle, il fut envoyé sur les immenses pics rocheux de l'enfer et son apparence se déforma, ses muscles et ses graisses fondirent, sa peau se resserra sur ses os si bien qu'il ressembla à un squelette. Pour le punir d'avoir passé trop de temps dans l'oisiveté, Dieu lui donna le corps d'un vieillard à la barbe hirsute et, enfin, en raison des nombreuses années qu'il avait passé à se lamenter sur son sort sans penser aux autres, Lucifer fut condamné à verser de chaudes larmes pour l'éternité.

[center][img]http://img338.imageshack.us/img338/592/princedmonlucifer.jpg[/img]
[/center]

      Le Très haut avait créé l'enfer qui se trouvait sur la lune afin d'y envoyer les plus viles âmes humaines. Alors qu'Il leur avait donné l'amour et qu'Il en avait fait Ses enfants, beaucoup se détournèrent de lui et ne manifestèrent que vice et péché, oubliant vertu et amitié. Ainsi, parmi les hommes, ceux qui se laissent aller, ceux qui s'oublient dans l'oisiveté et la paresse spirituelle ou ceux qui s'adonnent à la négation de la vie et ignorent leur propre satisfaction rejoignent les rangs des âmes damnées de Lucifer, Prince de l'Acédie.

[i]
Traduit du grec par monseigneur Bender.B.Rodriguez[/i][/quote]


Dernière édition par Richelieu1 le Mer 18 Aoû 2010 - 22:31, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Les Princes Démons   Ven 6 Aoû 2010 - 2:54

Citation :

Les Princes Démons
Satan ; Prince de l'Envie



  • La naissance de Satan
Il était une fois, jadis, lorsqu’Oanylone recelait une vie agréable et paisible, un jeune homme de bonne famille du nom de Gaël Sybarite tomba éperdument amoureux d’une des plus belles femmes de la ville. Elle se prénommait Aurore. La blondeur de ses cheveux n’avait d’égal que la clarté de ses yeux bleus et sa gentillesse et sa bienveillance étaient connues de tous. Gaël entreprit de lui faire une cour assidue et la belle Aurore n’y fut pas insensible. Après quelques temps, elle accepta avec plaisir d’offrir sa main à Gaël, l’aimant secrètement du plus profond de son cœur depuis maintes années.

Les années passèrent et le couple était très heureux. Mais Aurore ne parvenait toujours point à avoir un descendant. Elle se sentait coupable de ne pouvoir donner à son mari un fils qu’il attendait tant. Elle alla voir les meilleurs médicastres d’Oanylone qui tous lui prodiguèrent de précieux conseils. Mais le temps passa et rien n’y fit, elle n’arrivait point à engendrer.
Alors Aurore pria de toute son âme, de tout son être. Et la femme, dans ses prières, bien qu’ayant un cœur aussi pur que l’eau de la rivière, ne pût s’empêcher de réclamer, à tous prix, un garçon. Elle était prête à tout pour rendre Gaël heureux et fier d’elle.

Son désir, si intense, dû faire son œuvre, puisque de cette heureuse union naquit, dans les premiers jours du printemps, un enfant d’une beauté manifeste. Une chevelure d’un noir ébène, des yeux d’un vert de jade : il fit le bonheur de ces bonnes gens et la fierté des habitants alentours. A la vue de ce bébé qui jamais n’était rassasié du sein de sa mère, Gaël décida alors de lui donner le nom de Satan. Aurore et Gaël oublièrent bien vite ces années de tourments et profitèrent de Satan, l’enfant-roi désiré depuis si longtemps.

Les premières années de leur vie à trois furent bénies. Tout semblait être propice à un bonheur sans fard. Gaël réussissait en affaires et sans cesse gagnait plus d’argent. Aurore était une femme de maison occupée et une mère aimante. Satan, lui, était un enfant vif et curieux. Il s’intéressait à tout et qu’importait qu’il fasse des bêtises ou non, tout le monde lui pardonnait de suite ses écarts.
Mais un tel bonheur ne semblait pouvoir durer éternellement. Ainsi, lorsque Satan atteignit ses douze printemps, Aurore tomba subitement gravement malade. Après plusieurs mois d’atroces souffrances, elle mourut sans que personne réussisse à la sauver. Gaël, fou d’amour et de tristesse, S’enfuit de la ville et se jeta du haut des falaises proches d’Oanylone.

Satan se retrouva alors seul, abandonné par des parents aimants et pourtant, il s’en rendait compte aujourd’hui, absents lorsqu’il avait besoin d’eux. Il restait dans cette vaste demeure, héritage empoisonné d’une famille détruite. Il devait retrouver le faste de son enfance, coûte que coûte. Le jeune adulte se mit en tête d’amasser tout ce qui se trouvait à Oanylone et qui avait un tant soit peu de valeur. Il n’était jamais rassasié. Il n’en avait jamais assez. Rien de ce qu’il acquérait ne trouvait grâce à ses yeux. Rien de ce que lui offrait la Vie n’arrivait à combler le vide béant qui animait le jeune homme au regard ombrageux.
Il changeait irrémédiablement et perdait peu à peu l’éclat enfantin que sa mère lui avait transmis.

Ses sombres pensées et ses peines infinies attirèrent la Créature Sans Nom près de l’enfant. Voyant en lui un hôte prédestiné à porter en lui un des péchés du monde, elle finit d’accabler le jeune cœur de Satan d’amertume et de regret, pour ne laisser en lui qu’une envie insatiable et intarissable.



  • A jamais, des richesses entassées...
Satan était encore jeune lorsqu’il fit outrageusement fructifier son domaine aux dépends des paysans des environs. Il s’acharna contre eux et les appauvrissait sans remords aucun, leur réclamant la moitié de leur rente et, quand bien même avait-il gagné en une journée ce qui aurait suffit à quiconque pour toute une vie, cela ne semblait toujours pas lui convenir.

Le malheur de ces hommes le réjouissait, la misère des bûcherons le contentait. Et, chaque jour et à chaque heure, il désirait causer encore plus de tristesse, encore plus de désespoir, encore plus de rancœur. Car rien à ses yeux ne valait ce qu’il ressentait au plus profond de son être. Car ses sentiments s’étaient mués en haine envers l’humanité, envers ceux qui pouvaient encore prétendre au bonheur.

Cela était sa nourriture vitale, sa revanche sur la vie, sa vie en elle-même.

  • Et l’innocence vint lui résister…
Un jour d’hiver, alors qu’il se promenait sur ses terres, Satan vit une petite cabane cachée derrière de grands arbres. Furieux de voir que certains se dissimulaient et ne payaient pas les dettes qu’ils lui devaient, il ouvrit à grands fracas la porte. Face à lui, apparut une jeune fille d’une grâce divine, à la peau laiteuse et aux lèvres vermeilles.

Il sût de suite qu’elle devait lui appartenir, comme toutes les belles choses de ce monde. Il l’exhorta alors à le suivre pour qu’elle vienne en son domaine afin qu’il puisse l’épouser. Malheureusement pour lui, Aliénor, car tel était le nom de cette jeune femme, avait voué son existence au Très Haut et refusa d’épouser le beau et ténébreux Satan. Il entreprit alors de la séduire comme jadis son père Gaël le fit pour sa mère Aurore. Car il était clair dans l’esprit malade du jeune homme qu’Aliénor porterait son engeance. Mais Aliénor, chaque jour, refusa ses avances, qu’elles soient doucereuses, passionnées ou d’une violence inégalée. Chaque jour, Satan revint chez luy ivre de rage et chaque jour il faisait exécuter l’un de ses esclaves.

Au soir du quatre vingt dix neuvième jour, fou de rage d’être encore rejeté par une souillon, il ordonna à ses suppôts de s’en saisir et de la torturer avant de la brûler vive. Ces derniers appartenaient à la garde rapprochée du jeune seigneur et œuvraient sur ses terres en se chargeant de récolter les biens des habitants et en leur faisant subir mille douleurs si ceux-ci refusaient. Ils firent donc selon sa volonté.

Les cris d’Aliénor emplirent le domaine et la pauvre brûla pendant des heures. A la nuit tombée, sur le cadavre de la vierge encore fumant, Satan récupéra une cornaline couleur sang qu’elle portait au cou et qui devait être son seul et unique trésor. Accrochant le pendentif sur lui, il arborait ainsi fièrement la victoire qu’il avait eue contre la jeune fille.


Satan continuait son chemin vers le Vice Ultime, vers l’annihilation Deux jours après cette mésaventure, un de ses fidèles lieutenants, Simplicius, tomba amoureux d’une des femmes qui résidait dans la cité. Ne parvenant à la séduire, il voulut l’emporter de force mais un homme s’interposa et luy arracha l’œil droit.
C’était Michel.
Humilié, Simplicius en avertit son maître Sybarite qui, écœuré par la race féminine depuis la mort d’Aliénor, envoya toute une troupe arrêter la famille de cette Emmelia.

Puis, il ordonna à ses suppôts de faire venir, chaque jour, une femme de la ville, pour qu’elle se donne à lui et à ses envies. Toutes celles qui refuseraient mourraient. Les autres vivraient encore pour quelques temps.

Cela ne suffisait pourtant pas à faire son bonheur, et il voulait encore davantage : les mères, les vierges, les trésors, les champs… Rien ne pouvait assouvir Satan et son corps se marquait chaque fois un peu plus des atrocités qu’il faisait endurer aux autres.

Son envie ne connaissait plus le repos. Les souffrances que subissaient les habitants d’Oanylone endurer non plus.
A ce moment, Satan n’eut plus rien d’humain et son apparence bestiale effrayait quiconque croisait son chemin. Des excroissances déformaient sa tête et chaque recoin de sa peau était recouvert de scarifications, vestiges de ses pulsions sadiques.

  • Dieu punit alors les hommes…
Il faut savoir qu’en ces temps-là, Satan n’était pas le seul homme à s’être abandonné aux péchés. La cité d’Oanylone, autrefoy si prospère, était devenue l’Antre du Vice et la Créature Sans Nom jouissait du Chaos quy y régnait.
Furieux, Dieu décida alors de punir la race humaine en détruisant l’intégralité de la ville d’Oanylone.

Certains, alors, qui ne réalisaient pas combien avaient été grandes leurs fautes et qui ne pouvaient accepter l’idée de quitter cette vie faite de saveurs doucereuses à la décrépitude certaine, décidèrent de fuir pour échapper au Courroux Divin.

D’autres, au nombre de sept, et parfaitement conscients des vices qu’ils incarnaient, furent choisis par la Créature Sans Nom. Ils prêchèrent, sous ses ordres, la rébellion contre le Très Haut et réussirent à rallier nombre de partisans à leur cause.

Satan, prêcha de tout sa haine. Son énergie décuplée par le soutien de la Bestia Innominata le guida pour insuffler à chacun le Désir que tout homme se devait d’avoir. Ce Désir était l’incarnation de toute la perversité humaine et Satan la personnifiait. Il leur criait de vouloir, toujours et sans répit. Il les exhortait à désirer toujours plus, de devenir un désir à part entière, comme une fin en soi. Le Prince Sybarite était Sy tant convaincu des propos qu’il avançait, qu’il persuada de pauvres âmes. Il exultait, il jubilait.

Ses yeux verts à la luminescence cadavérique captivaient la foule, sa richesse et sa beauté démoniaque devinrent les premiers désirs des êtres l’écoutant. Chacun louèrent sa prestance et sa virilité. La foule en vint à se désirer les uns les autres. L’Envie devint le fiel suintant de toutes part. Dans le flot de Vice permanent qui inondait la Ville Maudite les horreurs devinrent légions sans noms et sur les immondices putréfiées des vestiges du passé, Satan se tint fièrement debout avec ses six autres incarnations démoniaques en signe de Défi contre l’Unique.

Le septième jour après la sentence de Dieu, la cité fut engloutie et, avec elle, les sept incarnations du péché. Satan ne sentit aucune douleur, tant son esprit avait pris possession de son corps et s’était englouti dans le nombre de désirs qu’il avait en lui. Ayant perdu la raison, il ne se rendit pas compte qu’il ne désirait plus rien. Il n’avait en son être que l’ultime désir de vouloir désirer.


  • Il demeure pour l’éternité avec ses péchés…
Satan fut envoyé avec les six autres hommes sur la Lune et fut puni à une éternité de souffrances sous le titre de Prince Démon.

son corps, déjà meurtri à l’extrême, se transforma jusqu’à refléter la noirceur de son âme.

Sa chevelure, qui faisait jadis sa fierté, s’allongea et imprégna son corps pour former dans son dos deux grandes ailes chitineuses semblables à celles d’une chauve-souris. Les larmes de ses beaux yeux, qui coulaient par rage et désir irraisonnés, se confondirent alors avec la pierre d’Aliénor et finirent par colorer peu à peu son corps. Sa peau prit alors une couleur améthyste. La pierre d’aliénor s’incrusta en sa chair et ainsy enchastrée, luy rappelle pour l’éternité son amour perdu.

Il s’entoura, dans ses tourments sans fin, d’or, d’argent et de bijoux, de mets parmi les plus exquis, d’hommes et de femmes dont les corps rivalisaient en beauté. Il laissait chacun d’entre eux dévorer du regard ses trésors et ses merveilles jusqu’à ce qu’ils se dévorent intérieurement eux-mêmes.

En effet, dans sa cruauté la plus totale, il décida que quiconque toucherait à ce qu’il entreposait subirait une affreuse douleur. Ainsi, conservait-il son butin. Ainsi pouvait-il voir son propre désir dans les yeux des autres. Et il se complaisait à observer la souffrance qui le rongeait lui-même.


  • Au Prince-Démon s’oppose l’Archange…
À Satan, Prince de l’Envie, s’oppose Michel, Archange de la Justice. Ce dernier était, du temps de son vivant, le frère de la belle Emmelia, dont était tombé amoureux un des suppôts de Satan.

On retrouve d’ailleurs Satan se battre contre lui lors de la célèbre légende du Mont Saint-Michel qui remonte à l’époque où certains Barbares vénéraient des Dieux alcooliques.

Un d’entre eux, du nom de Saathan honorait son Dieu en lui sacrifiant des enfants. Ce barbare poursuivait une communauté de fidèles qui tenta de fuir mais se retrouva bloquée en pleine forêt, près de l’océan.

Préférant mourir dans les bras de la mer que dans ceux de Saathan, les fidèles prièrent le Saint Michel pour qu’il prépare leur venue.

Le Très Haut, en désaccord avec cette décision car l’Homme n’a pas à décider de l’heure où il ira rejoindre l’astre solaire, leur ordonna par l’intermédiaire d’un messager céleste de construire une palissade à l’aide des troncs d’arbres. Quand elle serait construite, ils devraient alors allumer un grand feu afin que le Barbare découvre leur position.

Les fidèles exécutèrent le souhait de Dieu et, au bout de sept jours, le feu fut allumé. Les troupes de Saathan arrivèrent alors et commencèrent à s’attaquer à la palissade. Au moment où la communauté s’apprêtait à se défendre, munie de pierres et de lances, l’archange Michel, vêtu d’une armure et portant une lance et un bouclier, apparut au milieu des flammes qui avaient été allumées quelques heures plus tôt.

Le saint Michel lança son arme vers l’horizon et la mer, éveillée, engloutit les troupes du Barbare.

L’Archange Michel reconnut immédiatement en Saathan son ennemi intime. Ses yeux verts à la luminescence cadavérique ne laissaient aucun doute. Le païen avait été possédé par le Prince Démon et corrompu par les mêmes péchés que Satan : l’envie inaltérable d’avoir ce qu’il désirait, sans qu’on ne lui oppose de résistance.

  • Dans le cœur des pécheurs, résonne le Chant de Satan…
Satan, alors qu’il était encore jeune et vivant, était connu pour fredonner à toutes heures du jour ou de la nuit ces quelques mots.
Ces paroles n’ont pas été perdues, puisque quiconque se laisse noircir le cœur par le vice du désir a ce refrain en tête :

Le désir cherche,
Un précieux cœur, il cherche.
Laisse-moi voir si c’est le tien
Et alors, il m’appartiendra.
Et si tu ne l’as pas ?
Le désir cherche,
Tout ce que tu possèdes, il cherche.
Laisse-moi te détruire pour m’en enrichir,
pour devenir mien.



Traduit par monseigneur Aranwae

Code:
[quote][img]http://img206.imageshack.us/img206/4698/badgesaintofficenc8.png[/img]
[color=#1a3768][i][size=18][b]Les Princes Démons[/b]
Satan ; Prince de l'Envie[/i][/color][/size]

[list]
[*][b]La naissance de Satan[/b]
[/list]Il était une fois, jadis, lorsqu’Oanylone recelait une vie agréable et paisible, un jeune homme de bonne famille du nom de Gaël Sybarite tomba éperdument amoureux d’une des plus belles femmes de la ville. Elle se prénommait Aurore. La blondeur de ses cheveux n’avait d’égal que la clarté de ses yeux bleus et sa gentillesse et sa bienveillance étaient connues de tous. Gaël entreprit de lui faire une cour assidue et la belle Aurore n’y fut pas insensible. Après quelques temps, elle accepta avec plaisir d’offrir sa main à Gaël, l’aimant secrètement du plus profond de son cœur depuis maintes années.

Les années passèrent et le couple était très heureux. Mais Aurore ne parvenait toujours point à avoir un descendant. Elle se sentait coupable de ne pouvoir donner à son mari un fils qu’il attendait tant. Elle alla voir les meilleurs médicastres d’Oanylone qui tous lui prodiguèrent de précieux conseils. Mais le temps passa et rien n’y fit, elle n’arrivait point à engendrer.
Alors Aurore pria de toute son âme, de tout son être. Et la femme, dans ses prières, bien qu’ayant un cœur aussi pur que l’eau de la rivière, ne pût s’empêcher de réclamer, à tous prix, un garçon. Elle était prête à tout pour rendre Gaël heureux et fier d’elle.

Son désir, si intense, dû faire son œuvre, puisque de cette heureuse union naquit, dans les premiers jours du printemps, un enfant d’une beauté manifeste. Une chevelure d’un noir ébène, des yeux d’un vert de jade : il fit le bonheur de ces bonnes gens et la fierté des habitants alentours. A la vue de ce bébé qui jamais n’était rassasié du sein de sa mère, Gaël décida alors de lui donner le nom de Satan. Aurore et Gaël oublièrent bien vite ces années de tourments et profitèrent de Satan, l’enfant-roi désiré depuis si longtemps.
[center][img]http://img265.imageshack.us/img265/3534/satanb.jpg[/img]
[/center]
Les premières années de leur vie à trois furent bénies. Tout semblait être propice à un bonheur sans fard. Gaël réussissait en affaires et sans cesse gagnait plus d’argent. Aurore était une femme de maison occupée et une mère aimante. Satan, lui, était un enfant vif et curieux. Il s’intéressait à tout et qu’importait qu’il fasse des bêtises ou non, tout le monde lui pardonnait de suite ses écarts.
Mais un tel bonheur ne semblait pouvoir durer éternellement. Ainsi, lorsque Satan atteignit ses douze printemps, Aurore tomba subitement gravement malade. Après plusieurs mois d’atroces souffrances, elle mourut sans que personne réussisse à la sauver. Gaël, fou d’amour et de tristesse, S’enfuit de la ville et se jeta du haut des falaises proches d’Oanylone.

Satan se retrouva alors seul, abandonné par des parents aimants et pourtant, il s’en rendait compte aujourd’hui, absents lorsqu’il avait besoin d’eux. Il restait dans cette vaste demeure, héritage empoisonné d’une famille détruite. Il devait retrouver le faste de son enfance, coûte que coûte. Le jeune adulte se mit en tête d’amasser tout ce qui se trouvait à Oanylone et qui avait un tant soit peu de valeur. Il n’était jamais rassasié. Il n’en avait jamais assez. Rien de ce qu’il acquérait ne trouvait grâce à ses yeux. Rien de ce que lui offrait la Vie n’arrivait à combler le vide béant qui animait le jeune homme au regard ombrageux.
Il changeait irrémédiablement et perdait peu à peu l’éclat enfantin que sa mère lui avait transmis.

Ses sombres pensées et ses peines infinies attirèrent la Créature Sans Nom près de l’enfant. Voyant en lui un hôte prédestiné à porter en lui un des péchés du monde, elle finit d’accabler le jeune cœur de Satan d’amertume et de regret, pour ne laisser en lui qu’une envie insatiable et intarissable.
[center][img]http://img22.imageshack.us/img22/7695/satan2.jpg[/img]
[/center]

[list]
[*][b]A jamais, des richesses entassées...[/b]
[/list]Satan était encore jeune lorsqu’il fit outrageusement fructifier son domaine aux dépends des paysans des environs. Il s’acharna contre eux et les appauvrissait sans remords aucun, leur réclamant la moitié de leur rente et, quand bien même avait-il gagné en une journée ce qui aurait suffit à quiconque pour toute une vie, cela ne semblait toujours pas lui convenir.

Le malheur de ces hommes le réjouissait, la misère des bûcherons le contentait. Et, chaque jour et à chaque heure, il désirait causer encore plus de tristesse, encore plus de désespoir, encore plus de rancœur. Car rien à ses yeux ne valait ce qu’il ressentait au plus profond de son être. Car ses sentiments s’étaient mués en haine envers l’humanité, envers ceux qui pouvaient encore prétendre au bonheur.

Cela était sa nourriture vitale, sa revanche sur la vie, sa vie en elle-même.
[list]
[*][b]Et l’innocence vint lui résister…[/b]
[/list]Un jour d’hiver, alors qu’il se promenait sur ses terres, Satan vit une petite cabane cachée derrière de grands arbres. Furieux de voir que certains se dissimulaient et ne payaient pas les dettes qu’ils lui devaient, il ouvrit à grands fracas la porte. Face à lui, apparut une jeune fille d’une grâce divine, à la peau laiteuse et aux lèvres vermeilles.

Il sût de suite qu’elle devait lui appartenir, comme toutes les belles choses de ce monde. Il l’exhorta alors à le suivre pour qu’elle vienne en son domaine afin qu’il puisse l’épouser. Malheureusement pour lui, Aliénor, car tel était le nom de cette jeune femme, avait voué son existence au Très Haut et refusa d’épouser le beau et ténébreux Satan. Il entreprit alors de la séduire comme jadis son père Gaël le fit pour sa mère Aurore. Car il était clair dans l’esprit malade du jeune homme qu’Aliénor porterait son engeance. Mais Aliénor, chaque jour, refusa ses avances, qu’elles soient doucereuses, passionnées ou d’une violence inégalée. Chaque jour, Satan revint chez luy ivre de rage et chaque jour il faisait exécuter l’un de ses esclaves.

Au soir du quatre vingt dix neuvième jour, fou de rage d’être encore rejeté par une souillon, il ordonna à ses suppôts de s’en saisir et de la torturer avant de la brûler vive. Ces derniers appartenaient à la garde rapprochée du jeune seigneur et œuvraient sur ses terres en se chargeant de récolter les biens des habitants et en leur faisant subir mille douleurs si ceux-ci refusaient. Ils firent donc selon sa volonté.

Les cris d’Aliénor emplirent le domaine et la pauvre brûla pendant des heures. A la nuit tombée, sur le cadavre de la vierge encore fumant, Satan récupéra une cornaline couleur sang qu’elle portait au cou et qui devait être son seul et unique trésor. Accrochant le pendentif sur lui, il arborait ainsi fièrement la victoire qu’il avait eue contre la jeune fille.
[center][img]http://img410.imageshack.us/img410/7008/collier.jpg[/img]
[/center]

Satan continuait son chemin vers le Vice Ultime, vers l’annihilation Deux jours après cette mésaventure, un de ses fidèles lieutenants, Simplicius, tomba amoureux d’une des femmes qui résidait dans la cité. Ne parvenant à la séduire, il voulut l’emporter de force mais un homme s’interposa et luy arracha l’œil droit.
C’était Michel.
Humilié, Simplicius en avertit son maître Sybarite qui, écœuré par la race féminine depuis la mort d’Aliénor, envoya toute une troupe arrêter la famille de cette Emmelia.

Puis, il ordonna à ses suppôts de faire venir, chaque jour, une femme de la ville, pour qu’elle se donne à lui et à ses envies. Toutes celles qui refuseraient mourraient. Les autres vivraient encore pour quelques temps.

Cela ne suffisait pourtant pas à faire son bonheur, et il voulait encore davantage : les mères, les vierges, les trésors, les champs… Rien ne pouvait assouvir Satan et son corps se marquait chaque fois un peu plus des atrocités qu’il faisait endurer aux autres.

Son envie ne connaissait plus le repos. Les souffrances que subissaient les habitants d’Oanylone endurer non plus.
A ce moment, Satan n’eut plus rien d’humain et son apparence bestiale effrayait quiconque croisait son chemin. Des excroissances déformaient sa tête et chaque recoin de sa peau était recouvert de scarifications, vestiges de ses pulsions sadiques.
[list]
[*][b]Dieu punit alors les hommes…[/b]
[/list]Il faut savoir qu’en ces temps-là, Satan n’était pas le seul homme à s’être abandonné aux péchés. La cité d’Oanylone, autrefoy si prospère, était devenue l’Antre du Vice et la Créature Sans Nom jouissait du Chaos quy y régnait.
Furieux, Dieu décida alors de punir la race humaine en détruisant l’intégralité de la ville d’Oanylone.

Certains, alors, qui ne réalisaient pas combien avaient été grandes leurs fautes et qui ne pouvaient accepter l’idée de quitter cette vie faite de saveurs doucereuses à la décrépitude certaine, décidèrent de fuir pour échapper au Courroux Divin.

D’autres, au nombre de sept, et parfaitement conscients des vices qu’ils incarnaient, furent choisis par la Créature Sans Nom. Ils prêchèrent, sous ses ordres, la rébellion contre le Très Haut et réussirent à rallier nombre de partisans à leur cause.

Satan, prêcha de tout sa haine. Son énergie décuplée par le soutien de la Bestia Innominata le guida pour insuffler à chacun le Désir que tout homme se devait d’avoir. Ce Désir était l’incarnation de toute la perversité humaine et Satan la personnifiait. Il leur criait de vouloir, toujours et sans répit. Il les exhortait à désirer toujours plus, de devenir un désir à part entière, comme une fin en soi. Le Prince Sybarite était Sy tant convaincu des propos qu’il avançait, qu’il persuada de pauvres âmes. Il exultait, il jubilait.

Ses yeux verts à la luminescence cadavérique captivaient la foule, sa richesse et sa beauté démoniaque devinrent les premiers désirs des êtres l’écoutant. Chacun louèrent sa prestance et sa virilité. La foule en vint à se désirer les uns les autres. L’Envie devint le fiel suintant de toutes part. Dans le flot de Vice permanent qui inondait la Ville Maudite les horreurs devinrent légions sans noms et sur les immondices putréfiées des vestiges du passé, Satan se tint fièrement debout avec ses six autres incarnations démoniaques en signe de Défi contre l’Unique.

Le septième jour après la sentence de Dieu, la cité fut engloutie et, avec elle, les sept incarnations du péché. Satan ne sentit aucune douleur, tant son esprit avait pris possession de son corps et s’était englouti dans le nombre de désirs qu’il avait en lui. Ayant perdu la raison, il ne se rendit pas compte qu’il ne désirait plus rien. Il n’avait en son être que l’ultime désir de vouloir désirer.

[center][img]http://img265.imageshack.us/img265/9821/paysagesatanique.jpg[/img][/center]
[list]
[*][b]Il demeure pour l’éternité avec ses péchés…[/b]
[/list]Satan fut envoyé avec les six autres hommes sur la Lune et fut puni à une éternité de souffrances sous le titre de Prince Démon.

son corps, déjà meurtri à l’extrême, se transforma jusqu’à refléter la noirceur de son âme.

Sa chevelure, qui faisait jadis sa fierté, s’allongea et imprégna son corps pour former dans son dos deux grandes ailes chitineuses semblables à celles d’une chauve-souris. Les larmes de ses beaux yeux, qui coulaient par rage et désir irraisonnés, se confondirent alors avec la pierre d’Aliénor et finirent par colorer peu à peu son corps. Sa peau prit alors une couleur améthyste. La pierre d’aliénor s’incrusta en sa chair et ainsy enchastrée, luy rappelle pour l’éternité son amour perdu.

Il s’entoura, dans ses tourments sans fin, d’or, d’argent et de bijoux, de mets parmi les plus exquis, d’hommes et de femmes dont les corps rivalisaient en beauté. Il laissait chacun d’entre eux dévorer du regard ses trésors et ses merveilles jusqu’à ce qu’ils se dévorent intérieurement eux-mêmes.

En effet, dans sa cruauté la plus totale, il décida que quiconque toucherait à ce qu’il entreposait subirait une affreuse douleur. Ainsi, conservait-il son butin. Ainsi pouvait-il voir son propre désir dans les yeux des autres. Et il se complaisait à observer la souffrance qui le rongeait lui-même.
[center][img]http://img265.imageshack.us/img265/4681/satan5.jpg[/img]
[/center]
[list]
[*][b]Au Prince-Démon s’oppose l’Archange…[/b]
[/list]À Satan, Prince de l’Envie, s’oppose Michel, Archange de la Justice. Ce dernier était, du temps de son vivant, le frère de la belle Emmelia, dont était tombé amoureux un des suppôts de Satan.

On retrouve d’ailleurs Satan se battre contre lui lors de la célèbre légende du Mont Saint-Michel qui remonte à l’époque où certains Barbares vénéraient des Dieux alcooliques.

Un d’entre eux, du nom de Saathan honorait son Dieu en lui sacrifiant des enfants. Ce barbare poursuivait une communauté de fidèles qui tenta de fuir mais se retrouva bloquée en pleine forêt, près de l’océan.

Préférant mourir dans les bras de la mer que dans ceux de Saathan, les fidèles prièrent le Saint Michel pour qu’il prépare leur venue.

Le Très Haut, en désaccord avec cette décision car l’Homme n’a pas à décider de l’heure où il ira rejoindre l’astre solaire, leur ordonna par l’intermédiaire d’un messager céleste de construire une palissade à l’aide des troncs d’arbres. Quand elle serait construite, ils devraient alors allumer un grand feu afin que le Barbare découvre leur position.

Les fidèles exécutèrent le souhait de Dieu et, au bout de sept jours, le feu fut allumé. Les troupes de Saathan arrivèrent alors et commencèrent à s’attaquer à la palissade. Au moment où la communauté s’apprêtait à se défendre, munie de pierres et de lances, l’archange Michel, vêtu d’une armure et portant une lance et un bouclier, apparut au milieu des flammes qui avaient été allumées quelques heures plus tôt.

Le saint Michel lança son arme vers l’horizon et la mer, éveillée, engloutit les troupes du Barbare.

L’Archange Michel reconnut immédiatement en Saathan son ennemi intime. Ses yeux verts à la luminescence cadavérique ne laissaient aucun doute. Le païen avait été possédé par le Prince Démon et corrompu par les mêmes péchés que Satan : l’envie inaltérable d’avoir ce qu’il désirait, sans qu’on ne lui oppose de résistance.
[list]
[*][b]Dans le cœur des pécheurs, résonne le Chant de Satan…[/b]
[/list]Satan, alors qu’il était encore jeune et vivant, était connu pour fredonner à toutes heures du jour ou de la nuit ces quelques mots.
Ces paroles n’ont pas été perdues, puisque quiconque se laisse noircir le cœur par le vice du désir a ce refrain en tête :

[b][color=black]Le désir cherche,
Un précieux cœur, il cherche.
Laisse-moi voir si c’est le tien
Et alors, il m’appartiendra.
Et si tu ne l’as pas ?
Le désir cherche,
Tout ce que tu possèdes, il cherche.
Laisse-moi te détruire pour m’en enrichir,
pour devenir mien.[/color][/b]


[i]Traduit par monseigneur Aranwae[/i][/quote]


Dernière édition par Richelieu1 le Mer 18 Aoû 2010 - 22:29, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Les Princes Démons   Ven 6 Aoû 2010 - 2:54

Citation :

Les Princes Démons
Belial ; Prince de l'Orgueil


En attente de Traduction.

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